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Damas soupçonne de partialité les membres de la mission d’enquête formée par l’Onu et l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Selon le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Faisal Mekdad, ils auraient préparé à l’avance leur rapport rejetant la responsabilité de l’attaque chimique de Khan Cheikhoun sur la Syrie.

Le rapport présenté par les experts du Mécanisme conjoint OIAC-Onu chargé d’enquêter sur les attaques chimiques en Syrie (JIM pour Joint Investigative Mechanism) aurait été rédigé à l’avance, a déclaré lundi à La Haye le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Faisal al-Mikdad.

«Nous avons entendu des déclarations mensongères et des accusations politisées de la part des pays qui ont déterminé le vecteur de travail du JIM. Je veux leur demander si leur rapport avait été rédigé à l’avance? Si c’est le cas, il n’est pas nécessaire de l’examiner, puisqu’on peut écrire tout ce qu’on veut», a indiqué M.al-Mikdad lors de la 22e conférence des pays membres de l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

Selon lui, le rapport consacré aux attaques chimiques de Khan Cheikhoun et d’Um Hosh repose sur des informations fournies par des sources qui seraient étroitement liées avec des groupes terroristes. 

Le vice-ministre a noté que les enquêteurs, qui recherchaient des informations auprès des alliés de terroristes, ont agi en infraction de « la pratique internationale d’organisation des enquêtes juridiques de tels incidents» ce qui risquait de donner des résultats politisés.

Cela permet d’affirmer que les membres du JIM ont travaillé de manière non-professionnelle «malgré le soutien apporté par le Conseil de sécurité de l’Onu et la Syrie», a-t-il ajouté.

«Ils ont refusé de coopérer avec nous, ils ne sont jamais venus à la base aérienne de Chayrat pour étudier les échantillons. Ils se sont limités à une visite formelle pour rencontrer leurs témoins qui n’avaient aucun lien avec l’incident», a déclaré M.al-Mikdad.

Le JIM a présenté en octobre un rapport sur l’utilisation de substances chimiques à Khan Cheikhoun, le 4 avril 2017, et à Um Hosh, les 15 et 16 septembre 2016. Les experts ont affirmé que les forces gouvernementales avaient fait usage de sarin à Khan Cheikhoun alors que l’attaque au gaz moutarde d’Um Hosh avait été organisée par le groupe terroriste Daech.

La Russie est persuadée que les membres du JIM ont rendu leur conclusions sur la base d’informations d’origine douteuse et appelle à mettre en place une autre mission d’enquête.

L'opposition syrienne accuse Damas d’avoir mené l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib, qui a fait 80 morts et 200 blessés. Les autorités syriennes indiquent qu’elles n’ont jamais utilisé d’armes chimiques contre les civils ou contre les terroristes et que l'arsenal chimique syrien a été retiré du pays sous le contrôle de l'OIAC. Le commandement syrien rejette la responsabilité de l'incident sur les djihadistes et leurs alliés.

Malgré l’appel de Moscou à lancer une enquête, les États-Unis ont frappé avec des missiles Tomahawk la base militaire syrienne de Shayrat, située dans la province de Homs, dans la nuit du 6 au 7 avril. Selon Washington, cette base aurait servi à stocker le sarin utilisé à Khan Cheikhoun.

Le mandat du JIM a expiré le 17 novembre. Au cours du mois qui a précédé, sa prorogation a été quatre fois soumise au vote au sein du Conseil de sécurité de l'Onu. D’après l'ambassadeur russe auprès de l'Onu, Vassili Nebenzia, le mécanisme sous sa forme actuelle demande à être modifié parce qu’en deux ans le JIM n’a que «fabriquer en série des accusations gratuites contre la Syrie».

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Tags:
Faysal Mikdad, gaz moutarde, sarin, armes chimiques, base aérienne de Shayrat, ONU, OIAC, Mécanisme conjoint d'enquête Onu-OIAC (JIM) sur la Syrie, Marana Um-Hosh, Syrie, Khan Cheikhoun
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