Ecoutez Radio Sputnik
    Président Trump

    Les USA seraient en train de créer une Gestapo à l’américaine?

    © REUTERS/ Joshua Roberts
    International
    URL courte
    13731

    L’initiative de créer des renseignements privés qu’envisagerait Donald Trump a prouvé son inconsistance pendant la guerre d’Irak, explique dans un commentaire à Sputnik un ex-agent du FBI, expliquant que ceci engage les USA sur un terrain «glissant» et «frauduleux».

    L’administration du Président américain Donald Trump envisage de créer un nouveau réseau d’espionnage privé, informe The Intercept, se référant à des sources anonymes. Censé couvrir l’ensemble de la planète, cet organisme ne sera régi que par le chef de l’État et la CIA. Or, comme le note dans son commentaire à Sputnik Mark Rossini, ancien agent spécial du FBI, cette démarche risque d’engager Washington sur un terrain glissant.

    «La mise en place d’une organisation similaire constitue une démarche dangereuse et la guerre en Irak l’a prouvé. L’administration du Président Bush Junior, ou plutôt Cheney et Rumsfeld, n’étaient pas satisfaits par les données transmises par les renseignements américains. Alors une nouvelle organisation a vu le jour au sein du Pentagone qui a livré les données nécessaires pour justifier l’intervention en Irak», explique-t-il.

    En créant des organisations privées qui agissent en contournant les structures étatiques «on s’engage sur un terrain glissant», argumente M.Rossini, soulignant qu’on ne peut pas adapter les informations reçues par les renseignements à un avis préétabli.

    «Les données de renseignements doivent aider à former l’opinion sur telle ou telle question. C’est justement à l’aide de ces derniers qu’il faut adopter la décision sur les actions à entreprendre et sur le cap à maintenir. Faute de quoi, cela revient à fabriquer des indices à la Cour militaire», a rajouté l’interlocuteur de Sputnik.

    Un nombre important d’ex-agents du FBI vivent à travers le monde. Ils peuvent remarquer quelque chose d’illégitime ou tout simplement tomber sur une information susceptible d’intéresser leurs anciens supérieurs. Or, des fois, la situation peut être opposée, explique M.Rossini: «Le gouvernement peut réaliser qu’un ex-agent vit dans la région qui les intéresse et dire: "Peux-tu nous rendre service, peux-tu prendre une photo? Nous n’avons ni le temps ni le personnel sur place"». Toutefois, cette personne ne sera pas couverte par l’immunité diplomatique comme les agents en exercice.

    Et de pointer la question de la réputation. «À chaque fois que vous sortez du cadre existant, vous vous engagez sur la voie de la fraude, ce qui est un crime», pointe-t-il avant de conclure qu’on peut demander aux renseignements privés de compléter les informations mises à notre disposition, mais pas de remplacer les renseignements officiels.

    Lire aussi:

    Le renseignement US est le principal perdant des contre-sanctions diplomatiques russes
    Un ex-agent du FBI pointe du doigt les écoutes illégales de la NSA
    Poutine, ancien agent secret… très secret
    Tags:
    renseignement, FBI, présidence américaine, CIA, George Bush, Donald Trump, Irak, États-Unis
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik