Ecoutez Radio Sputnik
    Un soldat syrien

    Marie-France Lorho: «Le Drian devrait plus valoriser l’action de la Russie»

    © Sputnik . Andreï Stenine
    International
    URL courte
    Elliot Lelievre
    353510

    Les USA et la Russie ont chacun revendiqué la victoire sur Daech, suscitant la polémique: Jean-Yves Le Drian s’est ainsi étonné que Moscou se l’attribue. Dans un entretien à Sputnik, Marie-France Lorho, députée membre des groupes d’amitié France-Syrie et France-Irak, rend à chacun ses mérites, mais veut surtout penser à l’avenir de ces pays.

    «Il faut rester vigilant, parce que [la Syrie et l'Irak] ne sont pas totalement libérés de Daesh.»

    Issue d'une famille de militaires, Marie-France Lorho, députée de la Ligue du Sud, sait qu'en matière d'opérations anti-insurrectionnelles, il faut se garder de tout triomphalisme. Et c'est peut-être là qu'ont pêché Vladimir Poutine et Donald Trump, en s'arrogeant chacun le mérite de la victoire sur l'État islamique en Syrie.

    Des lauriers contestés de part et d'autre, notamment par Jean-Yves Le Drian, qui a estimé que «La Russie s'approprie la victoire contre Daech». À notre micro, Mme Lorho, membre des groupes d'amitié France-Syrie et France-Irak, rejoint le ministre des Affaires étrangères sur l'importance du rôle de la coalition menée par les États-Unis, mais elle souligne qu'il «devrait valoriser un peu plus l'action de la Russie en Syrie». Elle ajoute:

    «Je ne veux pas me mettre contre M. Le Drian, mais il y a eu la coalition et il y a eu Poutine. Il joué un rôle de médiateur important et a fortement contribué à libérer Alep des mains des terroristes. Il a également sauvé Palmyre. Bien sûr, il y a eu la coalition, mais il y a également eu Poutine qui a été très fort.»

    Refusant de parler de victoire sur Daesh, la députée se dit satisfaite de l'annonce russe de conserver une présence militaire sur place, car «il ne faut pas baisser la garde» et cela permettrait de «réagir au cas où [l'organisation État islamique] déciderait de se relever». Sans compter que, selon elle, personne n'est en mesure de s'attribuer cette soi-disant victoire, car:

    «C'est un tout. Tout le monde a joué un rôle. Face à l'État islamique, il fallait vraiment qu'il y ait une coalition et que les nations se regroupent pour lutter contre ce fléau.»

    La lutte contre l'organisation terroriste ayant pour l'essentiel pris fin, Marie-France Lorho se pose la question de la reconstruction des territoires libérés du joug de Daesh. Elle se montre préoccupée à propos du retour des populations, qui ne serait pas toujours possible et s'interroge sur le futur des chrétiens d'Orient. Marie-France Lorho écarte un financement de la reconstruction par des dons de l'État français au gouvernement syrien, mais donne une autre piste pour aider le pays à se rebâtir:

    «Des partenariats avaient été noués avant la guerre [et] mériteraient peut-être qu'on leur prête un regard important. On avait mentionné le Louvre: il y avait eu, entre le musée de Damas et le Louvre, des projets de convention. Ce n'était pas une mauvaise idée dans le sens où la culture est un terrain neutre. Ça peut permettre de renouer des liens.»

    Lire aussi:

    La Défense russe donne le bilan de 3 ans d’actions de la coalition internationale en Syrie
    «Revenants»: quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup… djihadiste
    «La Russie s'approprie la victoire contre Daech»? Un sénateur russe répond à Le Drian
    Tags:
    Daech, Donald Trump, Marie-France Lorho, Vladimir Poutine, Jean-Yves Le Drian, États-Unis, Syrie, France, Russie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik