Ecoutez Radio Sputnik
    Image d'illustration

    Empoisonneuse, sadique et d’autres tueurs en série parmi les pires du XXe siècle

    CC0
    International
    URL courte
    654

    Cannibales et empoisonneurs, violeurs et sadiques – la liste des tueurs en série qui ont semé l’effroi dans différents pays à travers le monde au cours du XXe siècle est, malheureusement, bien longue. Moins d’un mois après la mort du meurtrier sectaire Charles Manson, Sputnik revient sur l’identité d’autres tueurs tristement célèbres.

    L’empoisonneuse Tamara Ivanioutina

    En mars 1987, 11 élèves et employés d’une école de la région de Kiev sont hospitalisés dans un état grave, dont quatre décèdent aussitôt. Les médecins soupçonnent initialement une intoxication alimentaire, sauf que les victimes commencent à afficher des symptômes peu communs à un tel diagnostic, dont la chute de cheveux. L’enquête a établi que toutes les victimes s’étaient senties mal après avoir déjeuné à la cantine de l’école ainsi qu’un autre fait étrange: la nutritionniste de cet établissement éducatif était décédée à deux semaines de ces faits des suites d’une maladie cardiovasculaire. La décision de l’exhumer ne s’est pas faite attendre, des traces de thallium ont été détectées et les perquisitions aux domiciles de tous ceux qui avaient accès à la cuisine de la cantine ont eu lieu et ont abouti à l’interpellation de l’empoisonneuse – la laveuse de vaisselle de 46 ans Tamara Ivanioutina. Cette dernière passe aux aveux et reconnaît avoir voulu «punir» les élèves qui n’ont pas voulu ranger leurs tables après le repas.

    Or, l’enquête permettra ensuite d’établir toute une série d’autres meurtres commis par Ivanioutina et les vrais motifs de ses crimes. Guidée par l’esprit mercantile, Ivanioutina avait plus tôt empoisonné son époux, ses beaux-parents de son second mariage, et mettait de petites doses de poison dans la nourriture de son deuxième mari pour prendre possession de la maison et du lopin lui appartenant. Mais pourquoi empoisonner des élèves? D’après les enquêteurs, le travail à la cantine permettait à Ivanioutina, qui élevait des procs et des poules et rêvait à une exploitation prospère, de nourrir son bétail. Ceux qui tentaient de l’empêcher de dérober de la nourriture et les élèves qui demandaient des portions supplémentaires devenaient ses cibles.

    Qui plus est, il a été établi que ses propres parents et sa sœur ne s’empêchaient pas d’empoisonner au thallium ceux qui ne plaisaient pas pour une raison ou une autre à cette famille d’assassins. Sous prétexte que le poison leur était nécessaire pour exterminer les rats, ils achetaient de la liqueur de Clérici — une solution aqueuse de formiate de thallium – à une connaissance travaillant dans un institut géologique. 40 cas d’empoisonnement commis par cette famille, dont 13 à l’issue létale, ont été établis. Tamara Ivanioutina a été reconnue responsable de 20 épisodes d’empoisonnement, dont neuf mortels.

    La même année, Ivanioutina a été condamnée à mort. Lors de son dernier mot, elle a refusé de plaider coupable et de demander pardon aux familles des défunts.

    Ted Bundy, tueur en série américain

    «J'avais de bons amis, je vivais une vie normale, sauf pour cette seule part, petite, mais très puissante, très destructrice, que je gardais très, très secrète», a déclaré à quelques heures de son exécution l’un des tueurs en série américains les plus dangereux. Cette «seule part» était l’enlèvement, l’assassinat, le viol et la nécrophilie… Ted Bundy a reconnu avoir commis 30 homicides dans sept États différents commis au cours des années 1970, toutefois, la liste de ses victimes pourrait être beaucoup plus longue.

    Celui que l’un des avocats s’occupant de sa défense a qualifié d’être la «définition même d’un démon sans cœur», était grand et beau et c’est de son apparence digne de films hollywoodiens de l’époque et de ses connaissances en psychologie que Bundy se servait pour gagner la confiance de ses futures victimes.

    Il abordait les jeunes femmes dans des lieux publics, soit en simulant une blessure ou un handicap, soit en se faisant passer pour un policier, un médecin ou un pompier. Son charisme disposait ses futures victimes envers lui et elles le suivaient dans des endroits plus isolés où il les attaquait sans pitié.

    Refusant de coopérer dans l’enquête, Bundy n’a jamais révélé ni le nombre précis des crimes qu’il avait commis ni la date du premier meurtre, mais certains de ses biographes considèrent qu’il aurait pu s’engager dans cette voie criminelle dès son adolescence. Ted Bundy est mort sur la chaise électrique à la prison Raiford, à Starke, en Floride, le 24 janvier 1989.

    Monstre du parc de Bitsa ou le tueur à l’échiquier

    Les rumeurs sur un tueur qui agit dans le parc de Bitsa, dans le sud-ouest de Moscou, ont commencé à circuler dès les années 1990, mais les vrais événements tragiques s’y déroulent pendant la période comprise entre 2001 et 2006. Alexandre Pitchouchkine, alors âgé d’une trentaine d’années, s’attaquait principalement à des hommes âgés, dont des SDF et des alcooliques, mais aussi à ses connaissances, et les tuait avec un marteau, puis les jetait dans un puit, si bien que personne ne retrouvait les dépouilles et ses victimes étaient portées disparues. Mais l’absence de tollé autour de ses assassinats le pousse à arrêter de cacher les corps de ses victimes.

    Il ne se fait arrêter qu’en 2006, après que l’une de ses victimes a laissé un message avec le numéro du collègue qu’elle devait rencontrer le jour de sa disparition. Pitchouchkine est au courant de ce détail, ce qui ne l’empêche pas de l’attaquer.

    Après son arrestation, il a avoué qu’il avait l’intention de tuer au moins 64 personnes, nombres de cases sur un jeu d’échecs, puis s’acheter un nouvel échiquier et poursuivre ses crimes. «En m’attrapant vous avez sauvé la vie de nombreux gens. […] Je ne me serais jamais arrêté», avoue-t-il après la fin du procès.

    Au total, 48 meurtres et trois tentatives d’assassinat lui sont imputés par les enquêteurs, quant à lui, il déclare en avoir commis 61…

    D’après ses propres aveux, son premier crime a été commis en juillet 1992, à l’âge de 18 ans. Alors, il a étranglé son condisciple, dont il a jeté le corps dans un puit. Il relate aux enquêteurs qu’il a pendant longtemps réfléchi à ce premier crime, s’interroge puis, à la lumière du procès de l’un des plus grands criminels du siècle, le Soviétique Andreï Tchikatilo (52 meurtres), se décide à continuer à tuer.

    Condamné à la réclusion à perpétuité, Puitchuochkine, aujourd’hui âgé de 43 ans, purge sa peine.

    Le mythomane Jean-Claude Romand

    Diplôme de médecin, poste à l’Organisation mondiale de la santé, placements en Suisse, participation à des congrès internationaux — c’est dans cette illusion que le Français Jean-Claude Romand a vécu et a fait vivre son entourage pendant des années. Après avoir échoué à dépasser le stade de la deuxième année d’études en médecine, il se réinscrit 12 ans de suite dans son école puis affirme à son entourage avoir obtenu l’internat.

    Après avoir épousé une pharmacienne avec qui il crée une famille, il continue à tisser le fil de ses mensonges mais, parallèlement, cet homme sans emploi qui se fait passer pour médecin-chercheur lit des ouvrages médicaux et parvient à impressionner son entourage.

    «À côté de gens comme lui, on se sent tout petit», c’est ainsi que l’a qualifié un jour un cardiologue avec qui il a discuté de sujets médicaux très spécifiques.

    Avec le temps, ses proches commencent à avoir des doutes à son sujet – son épouse a commencé à lui poser trop de questions sur son travail, un ami n’a pas retrouvé son nom sur la liste des fonctionnaires de l'OMC. L’étau se resserre et le pousse à commettre des meurtres. Il tue alors le 9 janvier 1993 son épouse et ses enfants, puis, le lendemain, ses propres parents, puis tente d’assassiner son ex-maîtresse. Le soir même, il met le feu à sa maison.

    Condamné le 2 juillet 1996 à la réclusion à perpétuité, Romand, aujourd’hui âgé de 63 ans, purge sa peine à la maison centrale de Saint-Maur, dans l'Indre.

    Lire aussi:

    La renaissance de la politique anglo-saxonne Powell grâce à l’affaire Skripal
    Bagarres, cyber-violence, viols… L’école française est-elle de plus en plus violente?
    Un Allemand soupçonné d’avoir empoisonné 21 collègues
    Tags:
    crimes, tueur, meurtre, France, Russie, États-Unis, URSS
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik