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Le 11 décembre, le Portugal a officiellement adhéré à la Coopération structurée permanente (PESCO) que certains considèrent comme prémices potentiels d’une armée européenne. Dans un entretien accordé à Sputnik, le général portugais Carlos Branco a qualifié de très importante cette démarche de son pays.

Pour l'Europe, la PESCO compte beaucoup, car il s'agit d'un grand pas en avant vers une Union de la Défense, bien qu'on soit encore loin d'une véritable alliance militaire, qui mènerait un jour à la création d'une armée européenne, a déclaré à Sputnik Carlos Branco, ancien porte-parole du chef de la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan (ISAF).

«Ne pas y adhérer serait se marginaliser. Ce serait très mauvais pour le Portugal. […] Il ne s'agit pas de la création d'une armée européenne. La PESCO n'est en fait qu'une nouvelle tentative de renforcer la coopération, et non pas l'intégration, en matière de sécurité et de défense», a expliqué l'interlocuteur de l'agence.

Et de préciser qu'à la différence des initiatives précédentes en ce sens, la PESCO prévoyait la mise en application obligatoire des engagements des pays membres dans le cadre des projets.

«Quoi qu'il en soit, la PESCO n'est en aucun cas l'embryon d'une armée européenne, et je ne comprends même pas pourquoi tout le monde ne cesse d'affirmer le contraire», a insisté le général.

Un autre interlocuteur de Sputnik, Sérgio Azevedo, chef adjoint du groupe de députés du Parti social-démocrate (PSD) au parlement portugais, a rappelé pour sa part que l'initiative en question avait vu le jour avec l'aggravation du danger terroriste en Europe, le Brexit et l'élection de Donald Trump au poste de Président des États-Unis.

«La présidence de Trump incite les Européens à faire preuve de davantage de responsabilité en ce qui concerne la sécurité et la défense de leur continent», a relevé le parlementaire, estimant que la PESCO était un signal du mécontentement grandissant des élites européennes de la qualité de la défense du «Monde occidental» par les États-Unis.

Beaucoup sont persuadés qu'avec la PESCO, l'Europe devient plus indépendante vis-à-vis de Washington, mais le général Carlos Branco n'est pas tout à fait d'accord avec ceux-ci.

«La PESCO était prévue par le Traité de Lisbonne, signé par les dirigeants européens le 13 décembre 2007, bien avant l'élection de Trump. C'est un vieux projet qui avait été bloqué par le veto du Royaume-Uni. Et voilà que le Brexit a pu prendre corps à l'instar de beaucoup d'autres projets entravés par Londres», a résumé le Portugais.

Les Européens ont célébré la naissance d'une Coopération structurée permanente en matière de défense (CSP, plus connue comme PESCO, acronyme anglais). Les 25 membres de la PESCO ont d'ores et déjà acté 17 projets. Parmi ceux-ci, un commandement médical européen, une plateforme d'échange face aux cyberattaques, un centre commun d'entraînement, la simplification des procédures pour déplacer les armées en Europe, etc.

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Tags:
Europe, Londres, Royaume-Uni, Portugal, Donald Trump, Carlos Branco, Sérgio Azevedo, Sputnik, Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), Parti social-démocrate (PSD) portugais, Brexit, terrorisme, sécurité, défense, indépendance, élection présidentielle, traité de Lisbonne (2007), Coopération militaire structurée permanente (PESCO)
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