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    Sebastian Kurz

    L’Autriche promet une carte d’identité aux Italiens germanophones. Rome proteste

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    La population germanophone de la région italienne du Trentin-Haut-Adige pourra demander la citoyenneté autrichienne, a déclaré le nouveau chancelier autrichien, soulevant un tollé parmi les politiciens italiens.

    Le nouveau gouvernement d'Autriche a l'intention de proposer la citoyenneté du pays aux germanophones de la région italienne du Trentin-Haut-Adige, a indiqué mardi le nouveau chancelier autrichien, Sebastian Kurz, en donnant une conférence de presse à l'issue de la première réunion de son cabinet. Et bien qu'il ait précisé que cela ne pourrait être fait qu'après des «consultations étroites avec Rome», les politiciens italiens ont vivement protesté.

    Le plan concernant la région, plus connue en Autriche comme Tyrol du Sud, fait partie de l'accord de coalition conclu le week-end dernier entre le Parti populaire autrichien (ÖVP, conservateur) de Sebastian Kurz et le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ, extrême-droite), a annoncé Reuters.

    Selon ce projet, les habitants de la région italienne pourront adresser une demande de citoyenneté dès 2018 ou début 2019, a précisé Werner Neubauer, responsable du FPÖ pour les relations avec la région. Il a précisé qu'une telle demande avait été formulée par les Italiens d'origine allemande habitant la région. Il a ajouté que les sportifs du Haut-Adige pourraient représenter prochainement l'Autriche aux compétitions.

    Les politiciens italiens ont pour leur part condamné les projets de délivrer des cartes d'identité autrichiennes aux habitants de la région italienne parlant l'allemand ou le ladin, précise l'agence italienne ANSA.

    «La proposition de [Sebastian] Kurz est faite dans le gant de velours de l'européisme, mais a tout du poing de fer ethno-nationaliste», a indiqué le vice-ministre italien des Affaires étrangères, Benedetto Della Vedova, sur Facebook.

    Son point de vue est entièrement partagé par Giorgia Meloni, ex-ministre pour la Politique de la jeunesse dans le gouvernement Silvio Berlusconi:

    «Vienne nous offense», a-t-elle affirmé.

    La région autonome du Trentin-Haut-Adige, située dans le nord de l'Italie, compte actuellement plus d'un million d'habitants dont la majorité est de langue allemande. À partir du XIVe siècle, elle faisait partie de l'Empire autrichien des Habsbourg, partageant le sort et l'histoire de l'Autriche jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale. En 1919, elle fut rattachée à l'Italie en conformité avec le traité de Saint-Germain-en-Laye. Par la suite, les habitants furent soumis à une tentative d'italianisation forcée par le régime de Mussolini, ce qui a suscité la résistance de la communauté germanophone.

    En 1943, la région fut occupée par l'Allemagne et resta pratiquement rattachée au Reich jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque fut rétablie la direction italienne.

    En 1971, un nouvel accord entre l'Autriche et l'Italie déclara que les litiges au sujet du Tyrol du Sud pouvaient être réglés par la Cour internationale de Justice à La Haye. En outre, les deux parties ont convenu que la province bénéficierait d'une plus grande autonomie en Italie et que l'Autriche ne viendrait pas s'ingérer dans ses affaires intérieures.

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    Tags:
    citoyenneté, protestations, Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale, Parti populaire autrichien (ÖVP), Parti de la liberté d'Autriche (Freiheitliche Partei Österreichs, FPÖ), Giorgia Meloni, Benedetto Della Vedova, Werner Neubauer, Silvio Berlusconi, Sebastian Kurz, Vienne, La Haye, Italie, Autriche, Allemagne
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