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    Sénateur russe à Merkel et Macron: «au lieu d’exhorter Moscou, exiger de Kiev»

    © AFP 2018 Evgeniy Maloletka
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    La Russie s’est retirée du Centre conjoint de contrôle et de coordination car ce dernier n’était pas vraiment opérationnel. En outre, au lieu d’appeler Moscou à y retourner, il vaut mieux s’adresser à Kiev – tels sont les commentaires émis par des sénateurs russes suite à la demande formulée samedi par Macron et Merkel.

    Commentant la déclaration d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel au sujet de la nécessité du retour d’officiers russes dans le Centre conjoint de contrôle et de coordination (JCCC) dans le Donbass, le sénateur russe Alexeï Pouchkov a indiqué que c’est à Kiev et non pas à Moscou qu’il faillait s’adresser.

    «Si Macron et Merkel veulent le retour de militaires russes au JCCC, ils doivent exiger de Kiev de changer de comportement au lieu d’exhorter Moscou», a-t-il indiqué sur son compte Twitter.

    ​Pour rappel, le Président français et la chancelière allemande avaient plus tôt déclaré qu’ils estimaient que les militaires russes devaient à nouveau être partie prenante du Centre conjoint de contrôle et de coordination, en réitérant leur attachement au règlement politique et diplomatique de la crise ukrainienne.

    Un scénario possible

    Le sénateur Frants Klintsevitch a pour sa part indiqué que le retour de la Russie au sien du JCCC était possible si cet organe devenait opérationnel. Il a en outre qualifié d’«importants» les appels de pays occidentaux.

    «Il s’agit de la transformation du centre en un instrument réellement opérationnel de contrôle de la situation dans le Donbass», a indiqué le parlementaire.

    Et de préciser que les officiers russes devaient décider de l’activité de ce Centre au même titre que tous les autres participants. Le sénateur a estimé que la demande formulée par la France et l’Allemagne était suffisamment révélatrice.
    «En Europe, on réalise que sans la Russie – un des pays garants du procès de Minsk – le règlement de la crise inter-ukrainienne est impossible», a-t-il pointé.

    Pour conclure, M.Klintsevitch a expliqué que le retrait de la Russie du JCCC était lié au fait que la structure ne décidait rien et que la Russie disposait d’autre possibilités pour influencer la situation.

    Cesser les provocations

    Le président de la commission des Affaires étrangères de la Douma (chambre basse du parlement russe), Leonid Sloutski, souligne pour sa part que Kiev doit tout d’abord mettre un terme à ses provocations.

    «Outre les appels stériles, l’Occident devrait, apparemment, demander la mise en place réelle des engagements pris par Kiev dans le cadre des accords de Minsk», a expliqué M.Sloutski.

    Le Centre conjoint de contrôle et de coordination a été créé en septembre 2014 afin de surveiller le respect du cessez-le-feu établi par le mémorandum du 19 septembre 2014. Le Centre était principalement composé de militaires russes et ukrainiens. Le 18 décembre 2017, le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé la suspension de la participation de la Russie à cette structure à cause des actions de l'Ukraine, qui, selon lui, entravait l'exécution des missions des militaires russes.

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    Frants Klintsevitch, Emmanuel Macron, Alexeï Pouchkov, Léonid Sloutski, Angela Merkel, Donbass, France, Ukraine, Allemagne
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