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Après la conquête spatiale, le risque d’holocauste nucléaire. Autre sujet-choc pour Clément Ollivier, la crise autour du programme nucléaire nord-coréen, qui pourrait déraper en un nouvel Hiroshima, avertit le président du Forum international sur la prévention des catastrophes nucléaires. Alarmiste ou visionnaire?

[texte initialement publié le 10/10/2017 avec les titre et chapô suivants:]

Corée du Nord: le risque d'un nouvel Hiroshima?

Un drame comme Hiroshima pourrait se reproduire dans les tensions qui opposent les États-Unis et la Corée du Nord, met en garde le président du Forum international sur la prévention des catastrophes nucléaires. Un parallèle volontairement frappant qui cherche à alerter l'opinion mondiale.

Alors que les tensions entre Washington et Pyongyang ne faiblissent pas, avec des déclarations choc régulières des deux côtés et plusieurs tirs de missiles de la part de la Corée du Nord, se tenait les 9 et 10 octobre à Paris le Xe Forum international sur la prévention des catastrophes nucléaires, aussi connu sous le nom de Forum Luxembourg. Cette organisation non-gouvernementale internationale réunit chaque année depuis 2007 des intervenants d'envergure mondiale dans le domaine de la non-prolifération, comme par exemple lors de cette édition le haut fonctionnaire onusien Hans Blix, l'ancien secrétaire à la Défense américain William Perry ou l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Son président, le russe Viatcheslav Kantor, a naturellement insisté en séance sur «le risque que la crise nord-coréenne déclenche des frappes nucléaires en chaîne à l'échelle mondiale, d'autant que la possibilité d'une provocation délibérée de la part de Pyongyang ne peut être ignorée.»

Viatcheslav Kantor au Forum Luxembourg 2017 à Paris
© Photo / Forum Luxembourg
Viatcheslav Kantor au Forum Luxembourg 2017 à Paris

Allant plus loin dans sa volonté d'alerter l'opinion publique et les décideurs, il établit même, lors de la conférence de presse du Forum, une comparaison alarmante avec les bombardements nucléaires d'Hiroshima et Nagasaki par l'armée américaine en 1945:

«Il m'est venu à l'esprit une analogie historique, entre la situation actuelle et ce qui s'est passé à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, il est reconnu quasi unanimement que les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki n'avaient aucune pertinence militaire de la part des États-Unis. Il s'agissait plutôt d'un instrument d'intimidation et de dissuasion, qui visait à influer sur la psychologie internationale afin de renforcer l'ordre mondial qui était en train de se dessiner pour les décennies de l'après-guerre.»

«Cet état des choses, poursuit Viatcheslav Kantor, est encore en vigueur à notre époque, et je ne voudrais pour rien au monde que la carte coréenne soit jouée dans ce type de contexte: pour faire peur. Je dis cela parce qu'actuellement, des idées allant dans ce sens sont déjà dans l'air.»

Renvoyant en quelque sorte dos à dos la menace nucléaire nord-coréenne et celle des États-Unis, Viatcheslav Kantor ne précise pas lequel des deux pays pourrait être à l'origine de ce nouvel Hiroshima: il ne s'agit pas de chercher qui est le coupable mais d'éviter que se reproduise un drame qui, cette fois-ci, pour reprendre les mots de William Perry à la même conférence, signerait «la fin de notre civilisation». À bon entendeur…

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Tags:
Forum international sur la prévention des catastrophes nucléaires, Viatcheslav Kantor, Corée du Nord
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