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    À quoi est dû l’intérêt des USA pour la coopération militaire entre Moscou et Belgrade?

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    Préoccupé par l’influence russe dans les Balkans, le Congrès américain a chargé le Pentagone de rédiger un rapport sur la coopération de Moscou avec les pays balkaniques non membres de l’Otan, notamment la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine. Sputnik s’en est entretenu avec des experts.

    En ordonnant au Pentagone de préparer un rapport présentant la liste détaillée des armes et technologies russes livrées depuis 2012 aux pays évoqués, ainsi que des informations sur les exercices militaires conjoints et des accords en matière de sécurité entre la Russie et ces États balkaniques, les États-Unis veulent intimider ces derniers, a déclaré à Sputnik Mitar Kovac, général serbe à la retraite.

    «À l'heure actuelle, les Américains considèrent les Balkans comme une région où ils n'ont pas encore fait tout ce qu'ils voulaient. Aussi, Washington veut-il y diminuer l'influence de la Russie. Parallèlement, les États-Unis augmenteront le financement des ONG et des partis politiques serbes pro-occidentaux afin de collecter à l'aide de ces derniers et grâce aux services de renseignement, l'information qui les intéresse», a expliqué l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'ajouter que pour la Serbie, en tant que pays militairement neutre, il serait raisonnable d'équilibrer sa coopération avec la Russie, d'une part, et avec l'Otan, de l'autre.

    «Il y a déjà à Belgrade une représentation de l'Otan, et il faudrait par conséquent y ouvrir également une représentation de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). On pourrait alors parler d'un niveau de neutralité suffisant pour être également ouvert tant à l'Occident qu'à l'Est», a conclu l'expert.

    Un autre interlocuteur de Sputnik, l'ancien chef de la diplomatie yougoslave Zivadin Jovanovic, estime quant à lui que la préparation du rapport en question est une mise en garde adressée aux États pratiquant une politique équilibrée contre toute tentative de s'éloigner des États-Unis.

    «Les Américains peuvent évidemment influer sur les processus d'octroi d'aides financières et autres aux pays balkaniques, en utilisant pour cela le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et d'autres institutions financières, mais ne pourront en aucun cas d'arrêter la tendance universelle au développement accéléré des relations de ces pays avec des États tels que la Russie et la Chine», a résumé M.Jovanovic.

    Or, les experts relèvent qu'il ne s'agit en fait que de la coopération militaire entre la Russie et la Serbie, car ni la Bosnie-Herzégovine ni la Macédoine n'ont reçu d'armements russes. Or, on ne doit pas non plus exagérer le volume de la coopération entre Moscou et Belgrade, le matériel militaire russe ayant été livré à la Serbie en très faibles quantités. Il demande en outre une modernisation et ne figure certes pas parmi les techniques les plus récentes. La seule chose qui pourrait effectivement préoccuper les États-Unis, c'est une éventuelle acquisition par Belgrade de systèmes de défense antiaérienne russes «Bouk», S-300 et «Pantsir S-1».

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    Tags:
    rapport, exercices militaires, influence, coopération, Bouk, Pantsir-S1, S-300, Pentagone, Banque mondiale (BM), Fonds monétaire international (FMI), OTSC, OTAN, Sputnik, Zivadin Jovanovic, Mitar Kovac, Occident, Chine, États-Unis, Macédoine, Bosnie-Herzégovine, Belgrade, Serbie, Moscou, Russie
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