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    Pourparlers entre les deux Corées

    Dialogue intercoréen: Donald Trump a-t-il raté son train?

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    Alors qu’une percée est observée dans les relations entre Séoul et Pyongyang – outre les JO, les parties ont évoqué le problème des familles divisées et même la possibilité de renouer le dialogue entre militaires. Les USA, qui soutiennent en parole ce réchauffement des relations, n’y seraient pas intéressés, estiment des experts.

    En préparant l’ordre du jour de la rencontre de négociateurs tenue mardi à Panmunjeom, Séoul a proposé d’évoquer la réunification des familles coréennes séparées pour le Nouvel An lunaire, de rétablir la liaison militaire afin de prévenir des incidents et de cesser toute action susceptible d’engendrer des tensions dans les relations entre les deux pays et de retourner à la question de la dénucléarisation de la péninsule de Corée. Si Pyongyang n’a pas réagi à ce dernier point, il a accepté de discuter le reste des questions. Pour le moment, seule la position sur les prochains Jeux olympiques a été nettement formulée: la Corée du Nord enverra une délégation de «haut rang» aux JO prévus en février prochain chez son voisin du Sud, ce qui peut être qualifié de progrès vu que Pyongyang avait boycotté les Jeux précédents tenus en Corée du Sud en 1988 et avait même tenté de les torpiller.

    Or, comme le pointe dans son commentaire à Sputnik Anatoli Kochkine, la détente qui se dessine sur la péninsule de Corée ne correspond pas aux projets à long terme des États-Unis.

    «La montée des tensions dans cette région est une occasion pour les États-Unis d’y accumuler leur présence militaire orientée du point de vue stratégique contre la Chine et la Russie. La détente y créé un obstacle», explique-t-il.

    Face à cette perspective de réchauffement dans les relations intercoréennes, deux tendances clairement contradictoires se dessinent aux États-Unis, pointe Vladimir Ardaïev, éditorialiste chez Sputnik.

    «Alors que le secrétaire d’État américain Rex Tillerson avait à maintes reprises tenté de se mettre d’accord avec Kim Jong-un, le Président Trump a plusieurs fois démontré son attachement à la politique de force, déclarant que son "bouton nucléaire est plus gros" que celui de Kim», indique-t-il.

    Au cas où le processus de négociations serait une réussite, un coup dur sera porté à la doctrine de dissuasion de la Corée du Nord par le biais de la force, prônée par Donald Trump, indique-t-il dans son article. Si le dialogue aboutit à la relance des projets économiques intercoréens conjoints, l’effet des sanctions internationales visant Pyongyang risque de diminuer d’une manière considérable.

    «Les États-Unis peuvent, certes, accroître les pressions sur Séoul, mais il est peu probable qu’ils adoptent des démarches radicales pour torpiller le processus de paix au moins avant la fin des Jeux olympiques. Dans le cas contraire, ils apparaitront comme des misanthropes et agresseurs aux yeux du monde», estime Anatoli Kochkine.

    En évoquant les éventuels bénéficiaires de cette détente, Andreï Kortounov, directeur général du Conseil russe pour les affaires internationales, évoque avant tout la Chine, puis, dans une moindre mesure, la Russie. Quant aux États-Unis, il estime qu’«ils ont déjà raté leur train».

    «Pendant trop longtemps, Trump a brandi les armes, a semé des menaces, a envoyé des navires militaires vers les côtes de la péninsule de Corée, sans pour autant entreprendre la moindre démarche concrète», rappelle-t-il. Et de souligner qu’aujourd’hui, les rôles s’inversent et le chapeau d’agresseur pourrait revenir à celui qui tente de torpiller des initiatives de paix.

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    processus de paix, détente, Donald Trump, Kim Jong-un, Péninsule de Corée, Corée du Nord, Corée du Sud, États-Unis, Russie
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