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À la veille de l'anniversaire de la Révolution blanche en Iran, un spécialiste de l'histoire moderne évoque pour Sputnik ce projet de réformes qui pourtant n'était qu'un plan d'asservissement économique du pays par les États-Unis, ainsi que les écueils sur le chemin de sa réalisation.

Le plan ambitieux de réformes, qui marquera bientôt son 55e anniversaire, était en fait un projet américain d'asservissement de l'Iran (1975-1978) selon la recette des Confessions d'un assassin financier de John Perkins qui expose les schémas d'assujettissement économique des pays s'étant retrouvés dans la zone d'intérêts des États-Unis.

L'échec de ce projet est évoqué pour Sputnik par Seyyed Mostafa Taghavi, expert de l'histoire politique moderne de l'Iran, qui parle des carences de la politique de la Révolution blanche, des faiblesses des forces politiques et sociales pro-Chah et du rôle croissant du clergé à la veille de la Révolution islamique.

«Ce plan prévoyait des réformes avec certains moments positifs en vue d'améliorer la situation en Iran. L'objectif était de réaliser des réformes constructives en Iran. Une fois modernisé, le régime aurait pu renforcer ses positions et le Chah […] estimait que ce plan serait un facteur de stabilisation de son règne», a-t-il indiqué.

«Toutefois, du point de vue des intérêts nationaux et de l'indépendance du pays […] le projet des États-Unis et du Chah n'était qu'un plan d'intégration du pays dans le système occidental, ce qui était contraire aux intérêts de l'Iran», a-t-il affirmé.

«Avec le temps, les Iraniens étaient de plus en plus nombreux à considérer ce plan comme antinational. Ce point de vue a finalement pris le dessus et a débouché sur la révolution de 1979. La Révolution islamique témoigne de l'échec du plan de modernisation des États-Unis en Iran, de l'absence de légitimité et de soutien social nécessaire au régime du Chah», a poursuivi Seyyed Mostafa Taghavi.

«Selon la nation iranienne, les religieux chiites, les scientifiques, ainsi que les représentants des élites, les principes de l'intégrité territoriale, de la souveraineté et de l'identité nationale étaient en danger pendant 200 ans, tandis que la doctrine Kennedy a approfondi ce danger», a-t-il noté.

«Le peuple iranien a compris qu'avec la modernisation, il se joindrait aux structures économiques de l'Occident. Or c'est justement contre quoi le peuple a lutté pendant 200 ans, c'est la raison de la Révolution constitutionnelle [entre 1905 et 1911, ndlr]», a-t-il expliqué.

Maison-Blanche
© AP Photo / Pablo Martinez Monsivais
«L'économie du pays devenant de plus en plus dépendante vis-à-vis du monde extérieur, la position du Chah et de ses patrons étrangers est devenue assez vulnérable au sein de la société iranienne», a constaté Seyyed Mostafa Taghavi.

Évoquant les raisons de l'échec du plan américain en Iran, il a fait remarquer qu'un rôle important était revenu au clergé chiite, notamment à l'ayatollah Khomeini:

«L'ayatollah Khomeini qui était "allergique" au règne de l'Occident sur les civilisations islamiques, a pris sous sa responsabilité la lutte contre le plan. À part lui, avec ses profondes connaissances et ses qualités personnelles, aucun autre représentant du clergé ni mouvement n'aurait pu infliger un échec à la Révolution blanche et chasser les États-Unis et le Chah d'Iran», a-t-il indiqué pour conclure.

Le 26 janvier marquera le 55e anniversaire de la Révolution blanche, plan de réformes approuvé au cours d'un référendum national et lancé en 1963. Le programme a été rédigé par les États-Unis, adopté et réalisé par Mohammad Reza Pahlavi. Il prévoyait de moderniser le pays en appliquant une série de réformes sociales et économiques en vue d'améliorer la situation de l'Iran et de consolider les positions des Américains et du Chah.

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échec, américain, plan, Révolution islamique iranienne (1979), Sputnik, John Perkins, ayatollah Khomeini, États-Unis, Iran
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