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    le Formulaire de contrôle de dopage de Henri Schoeman

    Courriels piratés du CIO: un médaillé des JO testé positif mais non sanctionné

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    Des courriels internes du CIO, que le groupe de pirates Fancy Bear s’est procuré, dévoilent qu’en 2016 le célèbre triathlète Henri Schoeman, qui a remporté, entre autres, le bronze aux Jeux olympiques de Rio, a été testé positif à un produit illicite. Pourtant, ses records n’ont pas été annulés et sa médaille est toujours dans sa collection.

    Henri Schoeman, un triathlète sud-africain de 26 ans qui peut se targuer d'une carrière sportive brève mais impressionnante, a été testé positif à la prednisolone, un glucocorticoïde utilisé pour améliorer les performances, selon une nouvelle fuite de courriels internes du personnel du Comité international olympique (CIO), que le groupe de pirates Fancy Bear s'est procuré.

    ​Cependant, tenant compte de la chasse aux sorcières autour des sportifs russes et de leur participation aux Jeux olympiques d'hiver 2018, aucune mesure n'a été prise à l'encontre de M.Schoeman et aucune enquête pour violations des règles antidopage n'a été lancée.

    D'un résultat d'analyse anormal

    La chaîne de correspondance fuitée, dont le groupe de pirates Fancy Bear s'est emparé, date du 22 août 2016, soit un jour après la fin des Jeux à Rio.

    Le premier courriel, envoyé par le membre du personnel Pascal Waeber au docteur Richard Budgett, directeur médical et scientifique du CIO, indique qu'un nouveau «résultat d'analyse anormal» a été identifié sans aucune autorisation d'usage à des fins thérapeutiques (AUT). Ces dernières autorisent les athlètes à prendre des médicaments interdits afin de soigner des maladies.

    le courrier envoyé par le docteur Richard Budgett, directeur médical et scientifique du CIO © Sputnik
    le courrier envoyé par le docteur Richard Budgett, directeur médical et scientifique du CIO © Sputnik

    En répondant, Budgett a fait remarquer que le cas «peut ne pas avoir besoin de découler d'un résultat d'analyse anormal» selon la façon dont le médicament a été administré.

    «Pourriez-vous, s'il vous plaît, trouver le FCD [Formulaire de contrôle de dopage, ndlr] dès que possible et soit me le scanner soit m'envoyer les substances déclarées… Je devrai vérifier si le médecin de Rio 2016 l'a vu et s'il n'y a aucune preuve d'un parcours interdit, une notification de résultat d'analyse anormal devra être envoyée. Je vois qu'il a remporté la médaille de bronze», a écrit M.Budgett.

    Il s'est avéré que l'utilisation par le sportif de prednisolone a été marquée sur son Formulaire de contrôle de dopage, mais aucun signalement n'a été envoyé au CIO.

    le Formulaire de contrôle de dopage de Henri Schoeman
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    Pourtant, la consommation a été déclarée avant le 17 juillet 2016, «bien avant que les Jeux n'aient commencé». Cela veut dire que toute autorisation d'usage à des fins thérapeutiques remonterait à cette période.

    Mais pas à un fin mot de l'histoire

    Le résultat de cet échange de messages est inconnu, et il est étonnant que depuis l'époque le nom de Schoeman n'ait jamais été lié au dopage. Pourtant, la méthode par laquelle le sportif s'est administré le médicament demeure un mystère.

    La prednisolone est interdite par l'Agence mondiale antidopage (AMA) lorsqu'elle est utilisée oralement, par voie rectale ou injectée dans la circulation sanguine ou dans un muscle, puisqu'elle est capable de produire «un sentiment d'euphorie, ce qui peut donner un avantage injuste à des athlètes».

    ​Ainsi, les sportifs ne peuvent appliquer le médicament que localement, pour des éruptions cutanées, sauf si une AUT est délivrée.

    Plus égal que…

    Évidemment, les tests positifs pour un médicament améliorant les performances ont eu peu d'effets sur la carrière de l'athlète. Il n'a pas été empêché de participer à des évènements sportifs, ses records n'ont pas été annulés et sa médaille olympique est toujours dans sa collection.

    Cette révélation intervient alors que le monde se prépare pour les Jeux olympiques d'hiver de 2018 au milieu d'une enquête antidopage en cours qui a interdit à de nombreux sportifs russes de prendre part à cette compétition, et cela malgré leurs tests négatifs.

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    Tags:
    médailles olympiques, athlètes, anti-dopage, dopage, Comité international olympique (CIO), Rio de Janeiro, Russie, Afrique du Sud
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