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Une récente courbette d’un ministre marocain, fraîchement nommé, devant le Roi Mohamed VI a été raillée sur les réseaux sociaux marocains. Le geste n’est pas sans en rappeler un autre, celui d’un ministre camerounais devant le Président Paul Biya.

La chose s'est jouée à quelques degrés près. Si trois ministres ont discrètement dessiné un angle parfaitement droit, voire promptement aigu, Saïd Mzazi, lui, a opté pour l'obtus.

Mal lui en a pris, puisqu'il n'a pas été épargné par les flèches virtuelles des Marocains, pour qui il a annoncé l'angle et la couleur de son magistère à la tête du maroquin de l'Enseignement.

Calculez l'angle ÂBC, sachant qu'il s'agit d'un triangle iso-pieds et que le rayon du cercle est égal à 500 mm

 

(..) Une petite inclination de la tête aurait été amplement suffisante pour montrer votre respect, à moins que ce soit toute la joie que suscite chez vous le poste!

Les plus cyniques ont félicité le ministre pour avoir accompli avec brio des abdos devant le roi, dans ce qui peut être lu comme sa première réalisation à l'épreuve du pouvoir. Un ministre «sans colonne vertébrale», pour certains, qui serait «peut-être en train de chercher quelques Dirhams qui lui seraient tombés de la poche.»

«La pente est à l'image de la chute du niveau de l'enseignement et de la politique dans notre pays», se lamente, de son côté, une internaute.

Tant le geste que l'amusement du Web qui s'en est suivi rappellent l'aventure du ministre des Sports du Cameroun, Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt, en décembre 2016.

À l'occasion d'une cérémonie en l'honneur de la sélection nationale camerounaise, finaliste à la Coupe d'Afrique des Nations, le ministre s'était fendu d'une belle courbette devant le président Paul Biya, et qui avait été la risée du Web.

Un Hashtag, #BidoungChallenge, avait même été lancé par des internautes qui ont eu l'idée de parodier le geste du ministre dans des situations pour le moins inhabituelles. À qui mieux mieux!

​Quelques semaines plus tard, c'est l'équipe masculine elle-même qui se prêtait au jeu, devant un Paul Biya amusé. Beau joueur, le ministre Bidoung accomplit, une dernière fois sa courbette, sous les applaudissements de l'assistance.

​Pas sûr que le Maroc puisse s'accommoder d'une telle légèreté quand cela touche aux égards rendus au Roi. Pourtant, en accédant au trône en 1999, le Roi Mohamed VI s'était démarqué de son prédécesseur, son père Hassan II, avec un nouveau style. L'épouse du Roi sortait de l'anonymat en même temps qu'elle accédait à la vie publique, Lalla Salma devenait une «première dame» à part entière, en sus d'être «la mère des princes».

Le jeune Roi voulait même en finir avec la tradition ancestrale, en affichant une résistance —physique- à quiconque se saisissait de sa main pour l'embrasser: ministres, diplomates, et autres fonctionnaires marocains. Les services de protocole informeraient régulièrement les officiels avant leur réception par le Roi qu'ils étaient dispensés de cette pratique.

​Rien n'y fait. Les Marocains semblent y être résolument attachés. À ceux qui vilipendent leur «obséquiosité», les Marocains ont une réponse immuable: respect des traditions et de la Sainte Trinité: Dieu, la Patrie et le Roi.

 

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diplomatie, Maroc, Cameroun
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