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    Quand la Main… de l’UE se glisse dans la Chambre des Lords

    © AFP 2019 Carl Court
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    Kamal Louadj
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    Le débat sur la question du Brexit n’est pas organisé par la BBC de manière équitable. Des officiels ont indiqué que la chaîne favorise ceux qui s’opposent à la sortie du Royaume-Uni, «en servant une organisation étrangère», a rapporté le journal en ligne anglophone, Express. Et ce n’est pas la «main du Kremlin»…

    La BBC est accusé de partialité dans le traitement du dossier du Brexit, voire de servir «une organisation étrangère» au détriment des intérêts nationaux, a rapporté le journal en ligne anglophone, l'Express.

    «La main du Kremlin», souvent accusée par les médias mainstream d'être derrière tout ce qui nuit au Royaume-Uni, aurait-t-elle encore frappé? L'accusation portée par l'ancien président du parti conservateur, Lord Tebbit, lors de son intervention à la Chambre des Lords, après la publication d'un nouveau rapport accablant pour la BBC, écrit l'Express, montre bien que les deux tiers des invités à l'émission Question de l'heure et n'importe quelle question diffusée par la chaîne, sont opposés au Brexit. Donc Moscou qui a été accusée précédemment, en 2016, de s'être ingérée en faveur de la sortie lors du référendum, ne peut pas être la source qui a influencé la BBC.

    Une analyse de l'Institut des affaires économiques et un rapport du Think Tank Civitas publiés la semaine dernière appuient l'avis du parlementaire en montrant que seuls 132 sur 4275 des invités du programme Today, diffusé tous les samedis, ont souhaité exprimé leur accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, alors que le reste «qui n'a certainement pas été sciemment choisi par la BBC» était plutôt contre le Brexit. Et pour compléter le tableau, Lord Pearson a rapporté que «Le secrétaire du Brexit, M. David Davis, m'a récemment dit que son travail à Bruxelles est rendu encore plus difficile parce que chaque fois qu'il fait une petite avancée là-bas, son travail est rapidement saboté par la BBC», a écrit l'Express.

    Seulement, pour une fois, la piste de «la main du Kremlin» est écartée. En effet, Lord Pearson a ajouté qu'il pensait que la BBC était «devenue un instrument de propagande de l'Union européenne», et a exhorté les ministres du gouvernement May à intervenir pour mettre un terme à cette situation.

    Donc, rassurez-vous, ne pouvant pas être pour et contre le Brexit en même temps, Moscou n'est pas lié, ni de près ni de loin à cette propagande. Mais c'est la chaîne britannique elle-même, «en pensant, bien faire», qui a eu l'idée de mettre en scène plus souvent ceux qui sont pour rester dans l'Union européenne que ceux qui ont choisi de la quitter.

    D'ailleurs, comme il s'agit de l'Union européenne, «haut lieu de la démocratie et du respect du choix des peuples», la porte-parole de la BBC, pour défendre la méthode de sa chaîne, a déclaré:

    «Ni le temps, ni les questions ne sont donnés d'une manière partiale, et les personnes invitées à intervenir sont censés aborder un éventail de sujets chaque semaine». «La BBC ne couvre plus le choix binaire auquel l'électorat a été confronté lors du référendum il y a 18 mois; La question de l'heure et n'importe quelle question, en toute impartialité, donne la possibilité au public de demander des comptes aux hommes politiques du gouvernement et des partis d'opposition sur la façon dont ils négocient le Brexit», a-t-elle ajouté.

    Et tout en expliquant que les analystes qui ont dépeint la BBC comme impartiale se trompent, parce que cette dernière invite «toujours» d'une façon équilibrée les membres du gouvernement et de l'opposition, les commentateurs, les experts politiques et les personnalités publiques qui s'expriment sur tous les sujets, elle conclut en disant que: «Le travail du journaliste impartial est d'examiner les problèmes et d'interroger les personnes dont le point de vue est pertinent, pas de défendre une position. C'est précisément pour cette raison que le public fait confiance à la BBC».

    Seulement, le choix du peuple doit être respecté, les Britanniques ont décidé de claquer la porte de l'Union européenne, n'en déplaise à tous ceux qui sont contre.

    La BBC avait un devoir d'impartialité, a fait savoir le ministre de la culture, Lord Ashton, ajoutant qu'«en tant que ministre, je préfère que les ministres se tiennent à l'écart des lignes éditoriales» des médias.

    Comme le Brexit est la question politique déterminante du moment dans le Royaume-Uni, Mark Littlewood, directeur général à l'Institut des affaires économiques, recommande à la BBC, selon l'Express, de prendre la façon dont le public a voté en 2016, comme référence pour équilibrer ses émissions, parce que ces dernières, vu la façon dont elles sont organisées, sont en décalage avec l'opinion publique. Et de conclure il affirme qu'«un radiodiffuseur public ne devrait pas se comporter avec un tel biais systémique».

    Alors, étant donné que «Belzébuth» ne s'est pas introduit dans les émissions de la BBC à cause du «loup russe», et ce de l'aveu des autorités britanniques, il serait peut-être temps, pour la BBC et tous les médias mainstream, de redécouvrir les notions de déontologie, d'impartialité et de sérieux. Donc messieurs, mesdames les responsables de la BBC, il serait judicieux de prendre ce problème à bras le corps, car il en va de votre réputation et de celle de la profession de journaliste.

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    Tags:
    partialité, débats télévisés, chambre des lords, Royaume-Uni
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