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    Guantanamo: si ce n’est pas sur le sol américain, tout est permis?

    © AFP 2019 BRENNAN LINSLEY / POOL
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    Même si le camp de Guantanamo vaut aux États-Unis de vives critiques internationales sur les violations flagrantes des droits de l’homme, pas question pour Donald Trump de renoncer à ce camp controversé. D’autant plus qu’à Cuba, les Américains peuvent se permettre beaucoup plus de choses que chez eux.

    Le camp de détention pour les terroristes les plus dangereux, Guantanamo sera conservé. Le décret ordonnant au ministre de la Défense, Jim Mattis, de réexaminer la «politique d'incarcération militaire et de maintenir ouvertes les installations carcérales de Guantanamo Bay» annoncé mardi par Donald Trump, n'a pas été une surprise.

    La décision inscrite sur la liste de ses promesses de campagne marque en effet une rupture avec les tentatives vaines de Barack Obama de fermer le camp. Cette démarche rappelle également l'ardeur avec laquelle le candidat républicain de l'époque promettait de «remplir le camp» avec des terroristes de tout acabit. Un détail mérite pourtant une attention toute particulière: la prison se situe sur la base navale américaine de la baie de Guantanamo, sur la pointe orientale de Cuba. Cela a pour conséquence que les prisonniers ne jouissent pas des droits habituellement accordés par le système légal des États-Unis, car ils ne sont pas détenus sur le sol américain.

    «Les Américains cherchent à s'éloigner le plus possible d'un problème qui peut surgir dans le cadre légal. Car si les tortures sont pratiquées sur le territoire des États-Unis, ce sera un tout autre niveau de buzz et Trump n'en a pas besoin», estime dans une interview à Sputnik, Ilia Kravtchenko, américaniste de l'Institut russe des recherches stratégiques.

    «Et si tout se passe en dehors des États-Unis, bien que ce soit sur une base américaine, c'est toute autre chose», poursuit-il.

    L'expert s'attend à ce que les démarches ultérieures de Donald Trump soient destinées à assurer «une plus large marge de manœuvre aux services spéciaux américains ainsi qu'aux militaires». Le tout, pour atteindre les tâches fixées par le chef de la Maison Blanche au début de son mandat, soit garantir la sécurité des frontières et le contrôle total de ceux qui les traversent. «Tout cela s'inscrit dans le même contexte que la décision de conserver le camp de Guantanamo», ajoute M.Kravtchenko.

    Le lien entre la sécurité dans le pays et la prison controversée n'est pourtant pas évident pour l'association américaine de défense des droits civiques ACLU.

    «En essayant de donner une deuxième vie à une prison qui symbolise la plongée des États-Unis dans la torture et la détention indéfinie, illégale, Trump ne vas pas rendre le pays plus sûr», a souligné l'organisation dans un communiqué.

    A US flag flies in this April 24 2007 file photo at Camp V inside Camp Delta at the US Naval Station in Guantanamo Bay, Cuba
    © AFP 2019 Files / Paul J. RICHARDS
    De plus, l'entretien du camp de Guantanamo coûte 445 millions de dollars par an, beaucoup plus qu'une prison de haute sécurité aux États-Unis, indique l'ACLU. L'occasion est de rappeler qu'en 2016 Donald Trump s'exclamait: «Moi, je ne dépenserai pas 5 millions. Rien du tout!»

    Mais plusieurs élus se sont félicités de cette décision, notamment le sénateur républicain de l'Oklahoma James Inhofe, qui considère Guantanamo comme «l'un des meilleurs outils et des plus efficaces, de la lutte anti-terroriste».

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    prison, États-Unis, Guantanamo
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