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En automne 2017, plusieurs rumeurs circulaient sur des traces radioactives de ruthénium 106 en Europe. Le Figaro a donné sa version de l’incident, le liant à une expérience scientifique ratée, commandée par la France et l’Italie. Dans un commentaire à Sputnik, Rosatom a nié les accusations, en qualifiant l’attention des médias d’«artificielle».

Le Figaro a mené une enquête sur la pollution au ruthénium-106, qui a fait couler beaucoup d'encre en octobre 2017 en Europe. C'est Maïak, l'un des plus grands complexes nucléaires du monde, que le journal français désigne comme responsable des mystérieuses fuites de ruthénium-106.

«Et d'après nos informations, ce centre effectuait ce type d'opérations en vue d'une expérience de physique nucléaire fondamentale, Borexino, dirigée par l'Italie et la France», écrit Le Figaro, notant que ce serait une expérience liée à la fabrication d'une source radioactive cérium 144. Le journal a notamment accusé l'entreprise de retraitement d'un combustible usé assez jeune, puisque âgé de moins de cinq ans.

L'attention des médias occidentaux, qui ont présenté de nouvelles versions de l'incident le reliant à une filiale de Rosatom, Maïak, est artificielle, a annoncé à Sputnik le service de presse de l'agence Rosatom. 

«Nous déclarons une fois de plus qu'il n'y a aucun lien entre la concentration élevée du ruthénium-106 enregistrée précédemment dans l'atmosphère et les activités de Maïak. Nous informons que la société Maïak ne traite pas le combustible nucléaire usé avec une exposition de moins de trois ans», a précisé l'agence.

D'après Le Figaro, il s'agirait d'un contrat de 5 millions d'euros pour la fabrication d'une source radioactive cérium 144, émis par le Commissariat français à l'énergie atomique (CEA) et l'Institut national italien de physique nucléaire (INFN). Du cérium était destiné à être placé près d'un grand détecteur de particules installé au Gran Sasso, en Italie.

Les deux instituts avaient obtenu en 2012 deux financements européens pour un montant total de 5 millions d'euros, au moyen de deux bourses du Conseil européen de la recherche (ERC).

«À ma connaissance, le site de Maïak a été le seul qui a répondu à notre appel d'offres pour la source radioactive. Et c'est le seul site au monde qui était capable de la fabriquer», explique Thierry Lasserre, chercheur à l'Institut sur la recherche des lois fondamentales de l'Univers au CEA et responsable des sources radioactives pour la partie française.

Selon le scientifique, pour obtenir une «source très compacte» radioactive d'environ 20 grammes de cérium, il faut retraiter plusieurs tonnes de combustible nucléaire. «Mais pas n'importe lequel. Nous avions besoin d'un combustible à retraiter âgé de moins de cinq ans», ajoute M. Lasserre.

Selon un rapport de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), les mesures de pollution au ruthénium prises en France portent la «signature» d'un accident lors «d'un processus de retraitement d'un combustible usé assez jeune, de l'ordre de trois à quatre ans».

Entre le 29 septembre et le 3 octobre, une concentration élevée de Ru-106 a été détectée en Europe. Fin novembre, le Service fédéral pour l'hydrométéorologie et le contrôle de l'environnement (Rosguidromet) a confirmé avoir détecté une émission radioactive puissante près de la ville russe de Tcheliabinsk.

Auparavant, la Russie avait démenti toutes les allégations selon lesquelles la source de la radiation se trouverait sur son territoire.

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Tags:
financement, radioactivité, contrat, ruthénium-106, Institut national italien de physique nucléaire (INFN), Commissariat français à l'énergie atomique (CEA), Rosatom, Italie, France, Russie
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