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    Migrants  en Allemagne

    Militante pro-réfugiés allemande: ce sont les migrants qui nous discriminent

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    Crise migratoire en Allemagne (2016) (45)
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    La fondatrice et dirigeante d’une association allemande d’aide aux réfugiés, Rebecca Sommer, a critiqué la politique migratoire de l’Union européenne dans une interview accordée à un journal polonais. Il s’agit notamment de la répartition obligatoire des quotas d’accueil de réfugiés parmi les pays, a-t-elle expliqué à Sputnik.

    Chaque pays et chaque peuple sont en droit de choisir en toute indépendance les «hôtes» qu'ils voudraient accueillir sur leur sol, a déclaré à Sputnik Rebecca Sommer, fondatrice et dirigeante de l'ONG AG F+M qui siège à Berlin et aide les réfugiés en Europe.

    Des réfugiés en Allemagne
    © Sputnik . Екатерина Соловьева

    «Ne pliez pas dans votre résistance aux violations du droit international de la part de l'Union européenne. […] Aucun peuple, ni groupe, que ce soient les Italiens, les Français, les Allemands ou les Polonais, ne pourront subsister en tant que nation, s'ils ne défendent pas de façon raisonnable leurs intérêts», a appelé l'interlocutrice de l'agence.

    Et d'ajouter qu'elle voudrait notamment que de nouvelles lois soient adoptées en Allemagne avant d'y laisser entrer n'importe qui comme auparavant.

    «Il y a des migrants qui jettent spécialement leurs passeports et reçoivent pourtant le droit d'y rester. […] Je parle avec les réfugiés du Coran pratiquement tous les jours, et je commence à croire que ce ne sont pas nous qui discriminons les réfugiés, mais que ce sont les migrants qui nous discriminent. Et cela me préoccupe très sérieusement», a avoué Mme Sommer.

    Selon cette dernière, il y a parmi les migrants des gens qui sont venus en Allemagne non parce qu'ils aiment la démocratie ou le temps qu'il fait dans ce pays, ni même parce qu'ils aiment les Allemands.

    «Ils y arrivent parce qu'ils peuvent y recevoir très vite des appartements et même des maisons s'il s'agit des familles nombreuses. Et encore parce qu'ils y reçoivent gratuitement des distractions, notamment de la musique et du sport», a estimé la militante des droits de l'homme.

    Elle reconnaît toutefois que de plus en plus de réfugiés arrivent en Allemagne depuis les pays musulmans où ils sont toujours objets de persécutions.

    Selon elle, tous ces gens ont besoin de rester ici. Or, ils veulent s'intégrer et ne cherchent pas à créer des "sociétés parallèles"», a-t-elle signalé.

    «Je connais bien des gens qui ont quitté leur pays à cause de la misère qui y règne. Ils ont réussi à obtenir des papiers de réfugiés. Il y a parmi eux ceux qui me plaisent beaucoup, mais aussi ceux qui me déçoivent, car ils ne tiennent absolument pas à devenir socialement indépendants. Pire, je vois qu'ils transmettent cet état d'esprit à leurs enfants», a regretté la militante des droits de l'homme.

    Au départ, elle dit avoir applaudi la décision d'Angela Merkel d'ouvrir en grand les frontières de l'Allemagne aux «réfugiés». Elle voulait alors aider chaque personne. Elle croyait vraiment que tous ces gens fuyaient un enfer et se trouvaient dans une détresse la plus absolue.

    «Je poursuis et je poursuivrai toutefois mon travail, mais avec plus de prudence. Je regarde désormais attentivement qui j'aide. […] Je coordonne le travail de bénévoles qui donnent des cours d'allemand aux nouveaux arrivants. Il faut que notre travail continue, sinon ces gens resteront seuls avec leurs problèmes et continueront à créer leurs "sociétés parallèles". En outre, il y a beaucoup de réfugiés qui ont effectivement besoin de notre aide et qui veulent effectivement s'intégrer dans notre société», a conclu Mme Sommer.

    Dossier:
    Crise migratoire en Allemagne (2016) (45)
    Tags:
    discrimination, droits de l’homme, loi, migrants, réfugiés, ONG AG F+M, Sputnik, Union européenne (UE), Rebecca Sommer, Angela Merkel, Berlin, Europe, Allemagne
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