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    Soldats israéliens sur le plateau du Golan

    Point chaud: les incidents syro-israéliens de ces dernières années

    © AP Photo / Ariel Schalit
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    Depuis le début de la crise syrienne, des incidents parfois meurtriers se sont multipliés à la frontière entre la Syrie et Israël. Or, la récente destruction de l'avion israélien par la Syrie semble y marquer une nouvelle étape.

    Un appareil de l'armée de l'air israélienne a été touché samedi par un missile tiré à partir de la Syrie avant de s'écraser en territoire israélien. Tsahal a alors répliqué en lançant des raids contre une douzaine de cibles se trouvant en Syrie.

    Il s'agirait de la première perte d'un avion par la partie israélienne depuis le début de son intervention dans la crise syrienne. Selon certains experts, la destruction de l'appareil israélien risque d'entraîner une escalade des tensions dans les rapports entre les deux pays qui sont formellement en état de guerre depuis la naissance même de l'État hébreu en 1948.

    Le plateau de la discorde

    L'incident du 10 février s'ajoute à une série déjà longue d'affrontements enregistrés le long du no man's land situé sur les hauteurs du plateau du Golan, conquis par Israël pendant la guerre des Six Jours (1967) et la guerre du Kippour (1973). L'annexion du Golan n'est pas reconnue par la communauté internationale et est considérée comme étant «sans effet juridique sur le plan international».

    Le 11 novembre 2012, les militaires syriens ont fait feu près d'un avant-poste militaire israélien sur le plateau du Golan, provoquant des tirs de sommation de la part d'Israël. Il s'agissait du premier incident frontalier entre les deux pays depuis la fin de la guerre du Kippour.

    Six jours après, l'armée syrienne a ouvert le feu sur une patrouille israélienne près de la zone démilitarisée, endommageant un véhicule. Tsahal a alors répondu en bombardant les positions syriennes. Par la suite, la partie israélienne a signalé que plusieurs soldats syriens pourraient avoir été tués dans l'incident.

    Le 23 juin 2014, Tsahal a réalisé une série de frappes aériennes contre les troupes fidèles au gouvernement de Damas en riposte à une attaque syrienne, tuant au moins une dizaine de militaires syriens.

    Le 15 juillet 2014, en réponse à un tir de roquette visant les hauteurs du Golan, les avions israéliens ont attaqué trois cibles sur le territoire syrien, tuant selon certains rapports 18 personnes, dont huit civils.

    Fin septembre 2014, un missile Patriot de l'armée israélienne a abattu au-dessus du Golan un bombardier Soukhoï Su-24 syrien qui aurait pénétré de 800 mètres dans l'espace aérien contrôlé par Israël. Les deux pilotes de l'avion attaqué auraient néanmoins réussi à s'éjecter avant de retomber en territoire syrien.

    Le Hezbollah et les casques bleus aussi touchés

    Au début de l'année 2015, six membres du Hezbollah libanais ainsi qu'un officier iranien ont trouvé la mort dans une frappe israélienne près de la ville de Quneitra.

    Le 28 janvier 2015, deux soldats israéliens ont été tués dans l'extrême nord du Golan, lors d'une série d'attaques revendiquées par le mouvement chiite libanais Hezbollah. La partie israélienne a répliqué par des tirs d'obus, causant la mort d'un casque bleu espagnol.

    Le 21 août 2015, des roquettes tirées depuis le plateau du Golan sont tombées sans faire de victime près d'un village dans le nord d'Israël. Accusant alors le Jihad islamique palestinien (JIP) d'être derrière l'attaque, l'État hébreu a mené 14 raids aériens en Syrie.

    Le 19 décembre 2015, les forces aériennes israéliennes ont tué le militant du Hezbollah Samir Kuntar dans un raid sur Jaramana, près de Damas. Le défunt était notamment chargé d'enrôler des Druzes pour combattre aux côtés du gouvernement syrien.

    Le 13 septembre 2016, la partie syrienne a annoncé avoir abattu un avion et un drone israéliens après un raid près de Quneitra. Pourtant, l'armée israélienne a démenti ces informations.

    L'année 2017 a été marquée par une nouvelle hausse des tensions dans la zone concernée. Dans la nuit du 16 au 17 mars 2017, l'aviation israélienne a mené des frappes dans la région de Palmyre contre un «transfert d'armes sophistiquées au Hezbollah». Pour la première fois depuis le début de la guerre civile, l'armée syrienne a riposté en tirant au moins trois missiles et a ensuite affirmé avoir abattu un appareil et fait fuir les autres. Israël a pour sa part démenti ces rapports.

    Le 24 juin 2017, des projectiles syriens sont tombés dans la partie sud du plateau du Golan, après quoi l'aviation israélienne a bombardé des chars syriens. Bien que l'État hébreu ait affirmé que ces frappes n'avaient fait aucune victime, l'agence publique syrienne Sana a fait état de «plusieurs morts» sans en préciser le nombre.

    Le 16 octobre dernier, les avions de combat israéliens ont détruit une batterie anti-aérienne syrienne, située à une cinquantaine de kilomètres de Damas. Dans la nuit du 1er au 2 décembre, la base d'al-Kiswah se trouvant au sud-ouest de Damas a été elle aussi bombardée par l'aviation israélienne.

    Au début de l'année en cours, l'armée syrienne a annoncé avoir intercepté deux missiles sol-sol israéliens lancés depuis le plateau du Golan. Elle a également indiqué que quatre roquettes avaient été tirées par des avions, dont une avait été détruite par la défense anti-aérienne syrienne, alors que le reste était tombé près d'une position militaire, causant des dégâts matériels.

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    hostilités, conflit, char, roquettes, crise syrienne, incident, frontière, Su-24, Guerre des Six Jours (1967), Hezbollah, Tsahal, Hauteurs du Golan, Syrie
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