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A la veille de l’ouverture d’une nouvelle Cour spéciale à La Haye consacrée aux crimes de guerre commis au Kosovo contre les Serbes et les Roms, l’ex-chef de la MINUK et ex-chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a pris la parole, révélant ce qui l’avait «marqué terriblement» pendant sa mission.

Le Nord du Kosovo a été isolé du reste de la région dès le début pour éviter une nouvelle guerre dans la région déchirée par les violences et la haine, a déclaré Bernard Kouchner, ancien chef de la mission des Nations unies au Kosovo (MINUK) et ex-ministre français des Affaires étrangères, se rappelant qu’il avait vu des femmes serbes violées et attaquées à Pristina.

«C’est quelque chose qui m’a marqué terriblement. Je suis allé avec […] Hashim Thaci dans les maisons serbes de Pristina. Et j’ai vu des femmes qui avaient été attaquées, violées, etc. […]. Vous savez, j’ai beaucoup d’amitié pour Thaci. Hashim et moi, on se voyait tous les jours. Mais il y avait la réalité terrible», a indiqué M.Kouchner à la chaîne de télévision de Pristina, Klan Kosova.

M.Kouchner, qui a dirigé la MINUK de 1999 à 2001, s’est dit surtout bouleversé par le massacre des paysans.

«J’en pleure encore, le massacre pendant la période des moissons des paysans […]. On pouvait toujours leur raconter qu’ils avaient eux-mêmes opprimé les Kosovars… La réalité est beaucoup trop cruelle», a-t-il avoué.

Selon lui, sa mission principale était d’apporter la paix au Kosovo.

Le Nord du Kosovo a été séparé du reste de la région dès le début, «parce qu’on voulait recommencer une opération militaire qui aurait abouti à la guerre, à nouveau. Parce que c’était une zone tampon qui appartenait au Kosovo, oui, au Kosovo géographique. Mais si nous pouvions aller dans les trois villages d’en-haut [villages du Kosovo-Nord à majorité serbe, ndlr], on ne pouvait pas… Je n’étais pas venu pour faire une autre guerre. L’opération des Nations unies, un des seuls succès des Nations unies, ce n’était pas pour faire la guerre aux Serbes, sûrement pas», a noté M.Kouchner pendant l’émission.

Une nouvelle Cour spéciale s'ouvre à La Haye en 2018 pour enquêter sur les crimes de guerre commis au Kosovo en 1999 et notamment sur le trafic d’organes des Serbes tués par l’Armée de libération du Kosovo (UCK) et sur les crimes dont les prisonniers serbes et roms ont été les victimes. 

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), qui a fermé ses portes en 2017, a condamné des responsables serbes, croates et bosniaques, mais des responsables albanais du Kosovo, membres de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), n’ont pas été traduits en justice. Les accusations à l’encontre de Hashim Thaci, président du Kosovo, fondateur de la branche politique de l’UCK et ex-dirigeant du Groupe de Drenica, pourraient se multiplier.

Le Groupe de Drenica était une organisation clandestine dont on considère qu’elle a contrôlé entre 10 et 15% des activités criminelles du Kosovo (armes de contrebande, vols de voitures, de carburants et de cigarettes et activités liées à la prostitution).

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Tags:
viol, violences, guerre du Kosovo (1998-1999), Klan Kosova (TV de Pristina), MINUK, Groupe de Drenica, Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), Armée de libération du Kosovo (UCK), ONU, Bernard Kouchner, Kosovo, France
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