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Le mot «Macédoine» désigne à la fois une région de la Grèce et un pays indépendant issu de l’ex-Yougoslavie. Considérant que, par cette synonymie, Skopje cherche à s’accaparer le patrimoine historique de la Macédoine grecque, voire son territoire, Athènes bloque son intégration euro-atlantique. Sputnik s’est intéressé à la question.

«Haute Macédoine», «Macédoine du Nord», «Macédoine du Vardar» ou «République de Macédoine (Skopje)». Telles sont les suggestions de Matthew Nimetz, envoyé spécial de l'Onu, pour un nouveau nom de ce pays qui est officiellement reconnu au sein de la plupart des institutions internationales sous l'appellation «provisoire» d'Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM).

Bien que le Premier ministre macédonien, Zoran Zaev, se montre prêt à changer le nom du pays, soldant ainsi un conflit long de plus de 25 ans, des milliers de personnes ont manifesté ce dimanche à Skopje aux cris de «Nous sommes Macédoniens» pour protester contre un possible changement de nom de la Macédoine, annoncent les médias internationaux.

De son côté, la Grèce s'oppose catégoriquement à ce que le mot «Macédoine» fasse partie de la nouvelle appellation de l'ARYM, ce qui est à son tour absolument inacceptable pour les Macédoniens eux-mêmes, a rappelé à Sputnik Milenko Nedelkovski, journaliste à Skopje, qui prévient que l'actuelle vague de protestations ne ferait que gagner en puissance.

«Le peuple macédonien ne permettra pas ce changement de nom, ce qui est parfaitement évident. Une telle décision pourrait être couchée sur le papier, elle ne serait en vigueur que deux jours ou même deux ans mais elle ne s'éterniserait pas. Ce serait, par exemple, comme l'occupation du Kosovo que la Serbie qualifie de provisoire», a déclaré M.Nedelkovski.

La Macédoine renonce à Alexandre le Grand!
© REUTERS / Ognen Teofilovski

Un autre interlocuteur de Sputnik, le leader du Parti démocratique des Serbes en Macédoine, Ivan Stoilkovic, a constaté que les actuelles autorités macédoniennes n'entendaient résoudre que les problèmes liés à la communauté internationale, tout en négligeant les questions relatives à la vie intérieure du pays, qu'il s'agisse de l'économie ou de la garantie des droits et des libertés.

«Par conséquent, si les autorités se comportent ainsi à l'avenir, les protestations iront croissant. Je pense qu'un printemps "intéressant" nous attend. Je n'exclus même pas qu'une plus large coalition soit formée. Une crise du système économique n'est pas non plus à exclure», a estimé l'homme politique.

Et de conclure que les protestations en cours avaient pour objectif de sensibiliser la société macédonienne et d'arrêter le processus de vente des intérêts nationaux.

Le commissaire européen pour l'élargissement et la politique européenne de voisinage, Johannes Hahn, s'est déclaré certain que la dispute sur l'appellation de la Macédoine serait close d'ici à la fin juin prochain. Néanmoins, pour mettre un terme définitif à cette discorde, encore faudra-t-il que les citoyens de Macédoine acceptent par référendum de changer le nom de leur pays.

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nom, protestations, manifestation, intégration européenne, Sputnik, Zoran Zaev, Johannes Hahn, Ivan Stoilkovic, Milenko Nedelkovski, Matthew Nimetz, Athènes, Grèce, Skopje, Macédoine du Nord
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