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    Le leader nord-coréen Kim Jong-Un (à droite) reçoit l'émissaire sud-coréen Chung Eui-ong lundi à Pyongyang

    «Séoul devrait pouvoir dire à Pyongyang quelles seraient les concessions des USA»

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    On apprend que Séoul et Pyongyang ont convenu de tenir un sommet intercoréen et qu’une délégation sud-coréenne de haut rang a été reçue pour la première fois par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Sputnik a eu l’occasion de s’en entretenir avec certaines personnalités de la Corée du Sud.

    Il est évidement difficile d'enregistrer des avancées bien concrètes lors de cette visite, sans que celle-ci ne reste toutefois sans effet, a estimé dans un entretien accordé à Sputnik Lee Yeonjae, membre du conseil politique du Parti de la Justice, parti social-démocrate qui a 6 des 300 sièges du parlement sud-coréen.

    «… les positions des "colombes" au sein des États-Unis, où les divergences sur le problème nord-coréen sont très graves, seront renforcées», a supposé l'homme politique.

    Kim Dong-yup, professeur à l'Institut d'étude de l'Extrême-Orient auprès de l'Université Kyungnam, a exprimé son point de vue sur la situation.

    «Avant d'exiger quoi que ce soit de la Corée du Nord, Séoul devrait pouvoir dire à Pyongyang quelles seraient les concessions des États-Unis en cas d'engagement d'un dialogue direct avec la RPDC», a-t-il dit.

    Un autre interlocuteur de Sputnik, Seong-chang Cheong, chef du Département de la stratégie de la réunification à l'Institut Sejong, a supposé pour sa part que Kim Jong-un n'ignorait sans doute pas que le prochain sommet intercoréen porterait essentiellement sur le problème nucléaire nord-coréen.

    «Aussi, n'est-il pas à exclure que la Corée du Nord prépare pour ces négociations une nouvelle proposition qui se distingue de l'actuelle position de Pyongyang sur les questions nucléaire et balistique. Mais même si la Corée du Nord se réaffirme prête au dialogue avec les États-Unis, alors que ces derniers n'excluent pas une "variante militaire" et ne cessent de soulever le problème des droits de l'homme, extrêmement douloureux pour Pyongyang, il est peu probable que les parties puissent briser le mur de méfiance et trouver des points communs», a-t-il prévenu.

    De son côté, Emanuel Pastreich, directeur de l'Institut de l'Asie à Séoul, a relevé qu'il était très difficile de prévoir quoi que ce soit, faute de transparence de la part des États-Unis.

    «Si Trump persévère dans sa politique d'isolationnisme, il me sera difficile de dire s'il existe en général des voies à emprunter pour instaurer la paix dans la péninsule de Corée», a conclu l'interlocuteur de Sputnik.

    La Corée du Sud et la Corée du Nord se sont accordées sur la tenue d'un sommet commun à la fin du mois d'avril. Cette rencontre sera une première depuis plus de dix ans.

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    concessions, dialogue, délégation, réunification, politique, Sputnik, Kim Jong-un, Emanuel Pastreich, Cheong Seong-chang, Kim Dong-yup, Lee Yeonjae, Donald Trump, États-Unis, Corée du Nord, Pyongyang, Corée du Sud, Séoul
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