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    Loi polonaise sur l’Holocauste: «le négationnisme qui ne contribue guère au dialogue»

    Loi polonaise sur l’Holocauste: «le négationnisme qui ne contribue guère au dialogue»

    CC BY-SA 3.0 / Fczarnowski / Jedwabne Z-pomnik
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    Une plainte a été déposée par la Ligue polonaise contre la diffamation (RDI) contre le journal argentin Pagina 12, accusé d'avoir enfreint la nouvelle loi qui interdit de suggérer que la Pologne a été complice de l'extermination des juifs par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Sputnik s’est intéressé à la question.

    La plainte contre le journal argentin Pagina 12 a été publiquement soutenue par le vice-ministre polonais de la Justice, Michal Wojcik, c'est-à-dire par le gouvernement de Pologne, a souligné dans un entretien accordé à Sputnik Raúl Kollmann, journaliste du quotidien.

    Il a supposé que cette action en justice ciblerait principalement Ernesto Tiffenberg, rédacteur en chef du journal, et Federico Pavlovsky, auteur de l'article sur le pogrom de Jedwabne en juillet 1941. Lors de ce massacre, des Polonais alliés aux occupants nazis ont tué pratiquement la moitié de la population de ce village dans l'est de la Pologne.

    Dans son article, Federico Pavlovsky insiste sur le fait que ce n'étaient pas les envahisseurs nazis qui ont tué les juifs, mais des Polonais qui habitaient autour de Jedwabne.

    «Une bonne partie de ceux qui ont vécu en Pologne ont été victimes du nazisme, mais on ne doit pas non plus oublier qu'une certaine partie de la population de ce pays a participé aux crimes. Une puissante discrimination des gays, des Gitans et des dissidents a existé en Pologne bien avant l'invasion du pays par les nazis», a relevé M.Kollmann, fils de Polonais ayant survécu à l'Holocauste et émigré en Amérique latine.

    Et d'ajouter que la loi polonaise sur l'Holocauste et la montée de la xénophobie en Pologne, en Hongrie et en Italie «suscitaient une préoccupation extrême».

    Un autre interlocuteur de Sputnik, Ariel Cohen Sabban, président de l'ONG «Délégation des communautés juives de l'Argentine» (DAIA), a indiqué que cette loi avait été le «résultat d'un lobbying par des forces extrémistes qui veulent dissimuler ce qui ne peut pas être dissimulé, en créant un certain mythe».

    «C'est le négationnisme qui ne contribue guère au dialogue», a conclu M.Sabban.

    Plusieurs milliers de Polonais ont risqué leur vie pour protéger leurs voisins juifs durant la Guerre. Mais des travaux de recherche publiés depuis la chute du communisme en 1989 ont montré que plusieurs milliers de Polonais ont également tué des juifs ou dénoncé ceux qui les cachaient à l'occupant nazi, ce qui a remis en cause le récit national selon lequel la Pologne n'aurait été qu'une victime.

    Adoptée pour défendre la Pologne sur l'échiquier mondial et préserver son statut, cette loi prévoit trois ans de prison pour ceux qui accusent la nation polonaise d'avoir participé aux crimes commis par le 3e Reich allemand.

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    loi, extermination, crimes, nazis, Juifs, Holocauste, Ligue polonaise contre la diffamation (RDI), Pagina 12, Sputnik, Délégation des communautés juives de l'Argentine (DAIA), Ariel Cohen Sabban, Raúl Kollmann, Federico Pavlovsky, Ernesto Tiffenberg, Michal Wojcik, Amérique latine, Argentine, Pologne
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