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    Des soldats américains en Afghanistan

    «En Afghanistan, les États-Unis projettent leur force sur la Russie, la Chine et l'Iran»

    CC BY 2.0 / The US Army / Chinook landing
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    Pourquoi les troupes américaines ne se retirent-elles pas d’Afghanistan? Quels sont les délais, les modalités et les objectifs de la présence des États-Unis dans ce pays après le conflit? Le conseiller spécial du Président russe pour l'Afghanistan a répondu à ces questions et à bien d’autres dans une interview exclusive accordée à Sputnik.

    À en juger d'après les déclarations très contradictoires des représentants de la direction politique et militaire des États-Unis, les Américains n'ont toujours pas élaboré de politique bien déterminée sur l'Afghanistan, a déclaré à Sputnik le conseiller spécial du Président russe pour l'Afghanistan Zamir Kaboulov qui vient de participer à la conférence du Processus de Kaboul.

    «Washington n'admet toujours pas qu'il n'existe tout simplement pas de solution strictement militaire au conflit afghan. Et le recours des Américains à des approches militaires tout au long des dernières dix-sept années n'a fait qu'aggraver la situation en Afghanistan», a constaté l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'ajouter que le manque de transparence quant aux objectifs poursuivis par les États-Unis en Afghanistan suscitait bien des interrogations et un profond mécontentement dans les pays voisins, ce qui ne manquait évidemment pas d'affecter la crédibilité des démarches entreprises par Washington dans la région.

    «À notre avis, les Américains s'éternisent en Afghanistan avant tout pour contrôler et influencer les processus politiques en cours dans les pays voisins. Par ailleurs, en Afghanistan, les États-Unis projettent leur force sur la Russie, la Chine et l'Iran qui sont leurs concurrents dans la région», a poursuivi M.Kaboulov.

    Selon le diplomate, on perçoit nettement l'aspiration des États-Unis à voir se déstabiliser la situation en Asie centrale puis en Russie en vue de se faire passer par la suite pour l'unique défenseur face aux menaces potentielles dans la région.

    «Si les États-Unis et leurs satellites de l'Otan entendaient poursuivre à l'avenir leur politique destructive en Afghanistan, cela pourrait bien signifier que l'Occident aurait mis le cap sur le retour à l'époque de la guerre froide dans cette partie du monde. Quoi qu'il en soit, nous suivons de très près l'évolution de la situation et sommes prêts à réagir en concertation avec nos partenaires et alliés», a conclu le représentant spécial.

    La situation en Afghanistan s'est sensiblement détériorée ces derniers mois. Le mouvement radical des Talibans, qui avait placé sous son contrôle des territoires considérables dans les régions rurales du pays, a lancé une offensive sur les grandes villes. L'influence de Daech* s'est également accrue dans le pays.

    Dans le cadre du Processus de Kaboul, les leaders et les représentants de 23 gouvernements, des Nations unies, de l'Union européenne et de l'Otan se sont rencontrés pour la deuxième fois dans la capitale afghane pour trois jours de débats axés sur les thèmes de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme.

    *Daech est une organisation terroriste interdite en Russie

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    Union européenne (UE), OTAN, ONU, Taliban, Sputnik, Daech, Zamir Kaboulov, Occident, Iran, Chine, Russie, États-Unis, Kaboul, Afghanistan
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