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    Pourquoi Londres n’a pas besoin de preuves d’une implication russe dans l’affaire Skripal?

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    Affaire Skripal (114)
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    Les accusations britanniques contre la Russie concernant l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille ont des motifs pluriels et visent à déclencher un nouveau conflit militaire, a commenté pour Sputnik l’ex-président de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE Willy Wimmer.

    Willy Wimmer, homme politique allemand de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et ex-président de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, a tenté d'expliquer les sources et les motifs des accusations de Londres contre la Russie dans le cadre de l'affaire Skripal.

    Tout d'abord, il a indiqué que ces attaques diplomatiques et médiatiques étaient infondées.

    «Si des gouvernements du Royaume-Uni, d'autres pays de l'Otan et de l'UE ne mentaient pas en permanence à leurs citoyens et n'entraînaient pas leurs pays dans de nouvelles guerres depuis la guerre criminelle en Yougoslavie […] on pourrait croire aux dernières accusations de Theresa May contre la Russie», a déclaré M.Wimmer.

    Selon lui, depuis l'époque du Premier ministre Tony Blair, la méfiance est un instrument classique pour déclencher de nouveaux conflits militaires, même si la rhétorique des capitales de membres de l'Otan n'est pas convaincante non plus.

    «Ils [les pays de l'Otan, ndlr] ont le pouvoir et peuvent organiser de nouvelles guerres et utilisent activement cette possibilité. Quant à l'histoire à Salisbury, "Theresa Bond" s'en est saisie avec joie», a souligné M.Wimmer.

    Plutôt que de montrer des preuves, Mme May a rapidement présenté une pleine liste de péchés de Moscou au monde entier pour donner plus de poids à ses actions, a-t-il ajouté.

    «La Première ministre britannique doit penser qu'elle n'a aucun besoin de mettre des faits sur la table pour atteler l'Otan et l'UE à son char de combat», a expliqué M.Wimmer.

    Si la conduite du Royaume-Uni et de ses alliés est claire, le silence de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) et de la communauté internationale en général au milieu de la prétendue utilisation d'armes chimiques à Salisbury soulève des questions, a constaté Willy Wimmer, en ajoutant qu'il y avait d'autres moments ambigus entourant cette affaire.

    «Pourquoi Mme May n'a-t-elle pas indiqué le fait que, selon The New York Times, en 1999, les États-Unis avaient obtenu un accès à la plus grande usine du monde de production de cette substance [le Novitchok (A-234), ndlr] et d'autres substances toxiques à Noukous? Après la chute de l'URSS, n'importe qui aurait pu obtenir l'accès à cette usine sur le sol ouzbek. […] Mais pourquoi la Première ministre britannique a-t-elle caché cette information, lors de son intervention hystérique au parlement?», s'est demandé M.Wimmer.

    Il a aussi évoqué une autre version de la réaction de Londres et d'autres pays occidentaux à l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille. Pour lui, ce scandale a été déclenché pour garder une présence militaire internationale en Allemagne.

    «Le chef d'état-major britannique s'est récemment vanté que malgré tous les accords avec l'Allemagne, les troupes britanniques ne partiraient pas de notre territoire», a expliqué l'Allemand.

    Selon ces accords, les Britanniques doivent quitter l'Allemagne en 2019, a-t-il ajouté.

    «Après 1998 et la guerre criminelle en Yougoslavie, chaque changement de gouvernement en Allemagne augment un risque de nouvelle guerre, parce que les alliés de l'Allemagne profitent impitoyablement de sa faiblesse», a constaté M.Wimmer.

    Il est sûr que l'affaire Skripal doit être examinée dans le contexte des relations russo-américaines comme un des moyens de confrontation entre Moscou et Washington.

    «Londres a fait tout son possible pour empêcher une rencontre entre les Présidents Poutine et Trump. […] Maintenant, il [Trump, ndlr] est prêt à ressembler à ses prédécesseurs en tant que Président et à se ruer vers la prochaine guerre. Qui peut résister à la pression du "triangle de fer" incarné par le complexe militaro-industriel américain, les forces soutenant Daech* et les médias américains?», a conclu Willy Wimmer.

    * Organisation terroriste interdite en Russie

    Dossier:
    Affaire Skripal (114)

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    Tags:
    empoisonnement, premier ministre, conflit, accusations, guerre, espionnage, Daech, Assemblée parlementaire de l'OSCE, OIAC, OTAN, Union européenne (UE), Sergueï Skripal, Willy Wimmer, Donald Trump, Theresa May, Tony Blair, Ouzbékistan, Washington, Royaume-Uni, Londres, Moscou, Allemagne, États-Unis, Russie
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