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Affaire Skripal (128)
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Dénonçant la précipitation avec laquelle a été désigné le «responsable» de l’affaire Skripal, le porte-parole du Kremlin a glissé un exemple très éloquent pour illustrer ses propos…

Les premières accusations à l'encontre de Moscou ont été lancées bien avant les conclusions de l'enquête, alors que l'analyse de la substance toxique utilisée contre l'ex-agent double Sergueï Skripal prendra aux experts de l'OIAC (l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) pas moins de trois semaines, a indiqué Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.

«Les premières accusations contre la Russie sont sorties de la bouche des personnalités politiques seulement quelques heures après l'incident. Ils se sont mis à affirmer "avec un haut degré de certitude" que la Russie était responsable de cette tentative d'assassinat», a-t-il lancé dans une interview à RT.

«Et maintenant, nous entendons les experts de l'OIAC dire que la simple analyse préliminaire de la substance toxique prendra au moins trois semaines. C'est une contradiction», a poursuivi M. Peskov.

Le porte-parole du Kremlin a d'ailleurs dressé un parallèle qu'il a lui-même qualifié de «très brutal», entre l'affaire Skripal et un hypothétique accident dans la capitale russe.

«Imaginons: dans le centre de Moscou, se produit un accident de la route dans lequel meurt une personne. On examine quel genre de véhicule est en cause et il s'avère que celui-ci est d'origine britannique, disons une Range Rover», a supposé M. Peskov.

«Et maintenant, imaginez que moi ou un porte-parole du ministère des Affaires étrangères fasse une déclaration officielle selon laquelle une personne est morte écrasée par une voiture de fabrication britannique, et donc qu'avec un haut degré de certitude, la responsabilité de l'accident revient à la Première ministre britannique», a-t-il ajouté.

Les accusations d'empoisonnement de l'ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia ont été portées contre Moscou par Londres il y a une semaine. La Première ministre britannique Theresa May a affirmé que Moscou était impliqué dans cette affaire, sans toutefois présenter de preuves tangibles pour appuyer ses allégations, avant d'expulser 23 diplomates russes du Royaume-Uni.

Moscou a qualifié ces accusations gratuites de «cirque» avant d'expulser à son tour 23 diplomates britanniques.

Le 15 mars, Emmanuel Macron s'est entretenu avec Theresa May sur l'affaire Skripal, et les deux dirigeants ont estimé qu'«il n'y a pas d'autre explication plausible» qu'un acte de la Russie, selon l'Élysée.

Sergueï Skripal, un ancien colonel des services de renseignement militaires russes, ainsi que sa fille ont été retrouvés inconscients le 4 mars 2018 aux abords d'un centre commercial de Salisbury, au Royaume-Uni. Recruté comme agent double par les services britanniques en 1995 et condamné en Russie à 13 ans de prison pour trahison, M. Skripal a obtenu l'asile au Royaume-Uni en 2010 après un échange d'agents de renseignement entre la Russie et les États-Unis.

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OIAC, Sergueï Skripal, Dmitri Peskov, Londres, Moscou
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