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    Berlin prépare-t-il un avenir palestinien au Kosovo?

    © AFP 2018 Armend Nimani
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    En visite à Belgrade, le nouveau chef de la diplomatie allemande Heiko Maas va exiger, selon certaines sources, que la Serbie ne s’oppose pas à l’octroi au Kosovo du statut d’observateur à l’Onu. Pavle Jevremovic, ancien délégué permanent serbe auprès des Nations unies, commente la situation pour Sputnik.

    Tout indique que l'Union européenne et les États-Unis veulent résoudre la question kosovare d'ici à la fin de l'année en cours, ce qui explique la pression de plus en plus forte exercée sur Belgrade, a estimé dans un entretien accordé à Sputnik l'ex-ambassadeur serbe à l'Onu Pavle Jevremovic, rappelant toutefois que l'octroi du statut d'observateur relevait de l'Assemblée générale de l'Onu et exigeait l'aval des deux tiers des pays membres.

    «Une telle proposition sur le Kosovo aurait déjà pu être déposée depuis longtemps et par n'importe quel État membre, mais on attendait de toute évidence le soutien nécessaire», a relevé l'interlocuteur de l'agence.

    La Palestine a attendu son statut d'observateur pendant 65 ans.

    M.Jevremovic a indiqué que même si le Kosovo devenait observateur à l'Onu, cela ne signifiait pas du tout que la Serbie devrait reconnaître l'indépendance de sa province méridionale. Qui plus est, le statut d'observateur ne donne pas au territoire le droit de participer aux votes ni à la prise de la moindre décision au sein de l'organisation.

    «Quoi qu'il en soit, il ne s'agit pas non plus d'une simple formalité, car ce statut donne à son détenteur l'accès à des organisations internationales, ainsi que des possibilités supplémentaires pour le lobbying de ses intérêts ou pour intervenir contre les intérêts de la Serbie», a prévenu l'interlocuteur de Sputnik.

    Toujours est-il que Berlin ne cache pas son intention d'arracher d'ici la fin de l'année à Belgrade et à Pristina un accord contraignant sur la normalisation des relations. Et l'Allemagne est en cela totalement soutenue par les États-Unis.

    Placée sous administration de l'Onu en 1999, la province du Kosovo, historiquement serbe mais peuplée majoritairement d'Albanais, a proclamé son indépendance vis-à-vis de Belgrade en 2008. Ce statut n'est cependant pas reconnu par 35 pays, dont la Russie, la Chine et l'Espagne.

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    Tags:
    reconnaissance, indépendance, décision, vote, intérêts nationaux, lobbying, observateurs, statut, Sputnik, Assemblée générale des Nations unies, ONU, Pavle Jevremovic, Heiko Maas, Palestine, États-Unis, Berlin, Pristina, Belgrade, Serbie, Kosovo
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