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    ONG  Campaign Against Arms Trade (CAAT) basée au Royaume-Uni

    Le Proche-Orient armé en catimini par le Royaume-Uni?

    CC BY-SA 2.0 / Campaign Against Arms Trade / Human rights campaigners
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    Selon la recherche menée par le portail d'information Middle East Eye, le gouvernement britannique aurait généreusement délivré des «licences ouvertes» secrètes pour stimuler les exportations d'armes vers l'Afrique du Nord et le Proche-Orient.

    Le portail d'information Middle East Eye (MEE) a révélé que le Royaume-Uni aurait largement utilisé des licences ouvertes opaques pour promouvoir les ventes d'armes aux pays du Proche-Orient. Les chiffres réunis pour MEE par l'ONG Campaign Against Arms Trade (CAAT), œuvrant pour l'interdiction du commerce international des armes, démontrent selon MEE que le gouvernement britannique aurait envisagé une augmentation de 22% de ces licences pour accroître les livraisons d'armes, notamment des fusils d'assaut en Turquie en 2016 et des dispositifs anti-émeutes en Égypte en 2015.

    Outre la Turquie et de l'Égypte, les exportations d'armes sous licence ouverte auraient été approuvées pour l'Arabie saoudite, Oman, le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis, Israël, Bahreïn, l'Algérie, l'Iraq et la Jordanie.

    Les chiffres cités montrent que 135 licences auraient été accordées à Ankara, y compris celles concernant des drones et des composants de chars, des mitrailleuses, des fusils de précision et des composants d'aéronefs.

    Une inquiétude particulière de MEE est suscitée par l'utilisation par la Turquie d'armes et de composants fabriqués au Royaume-Uni lors de l'offensive turque sur les Unités de protection du peuple kurde (YPG) à Afrine, qui a entraîné le déplacement de dizaines de milliers de civils et la mort de près de 300 civils.

    Selon la recherche, depuis 2013, 136 licences ont été accordées aux Émirats arabes unis. Ces licences concernent les exportations d'équipements et de composants électroniques pour les avions militaires.

    Cependant, l'Arabie saoudite semble être le plus gros destinataire d'armes sous licences ouvertes secrètes. Selon MEE, le nombre de telles licences pour l'exportation d'armes, y compris des pièces pour les avions de combat engagés au Yémen, aurait augmenté de 75% le mois dernier.

    Le Qatar aurait quant à lui connu une augmentation de 150% des licences ouvertes approuvées depuis 2013. Les exportations vers ce pays comprennent des fusils d'assaut, des gilets pare-balles, des munitions pour armes de petit calibre et des équipements radar militaires.

    D'autre part, le nombre de licences délivrées diminue, en général, pour les pays comme l'Algérie et Israël. Pourtant il est en augmentation pour certaines catégories d'articles, comme des composants destinés au lancement de roquettes et des pièces de drones pour Tel-Aviv.

    «L'augmentation du nombre de licences ouvertes délivrées devrait concerner tout le monde. Cela témoigne que le gouvernement veut rendre une industrie se trouvant déjà dans l'ombre encore plus fermée et secrète. Les armes britanniques causent de terribles dommages au Yémen, il est donc plus important que jamais que le parlement et la société civile puissent demander des comptes au gouvernement», a déclaré à MEE Andrew Smith, porte-parole de la CAAT.

    Selon MEE, la CAAT s'inquiète du fait que le nombre d'articles approuvés dans le cadre du programme ait considérablement augmenté depuis le référendum sur le Brexit. De plus, un plus large recours aux licences ouvertes opaques permet d'envoyer plusieurs livraisons d'armes à la même destination sans avoir à le rendre public.

    «Dans le passé, le gouvernement a déclaré que la transparence des licences ouvertes constituerait un fardeau administratif pour l'industrie. […] Le gouvernement devrait rendre public le montant des fournitures d'armes sous licence ouverte», a déclaré à MEE Lloyd Russell-Moyle, député travailliste et membre du comité de contrôle des exportations d'armements (CAEC).

    En attendant, le gouvernement déclare que le Royaume-Uni prend la question «très au sérieux» et que son régime de contrôle des exportations est des plus rigoureux au monde.

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    Tags:
    ventes d'armes, Proche-Orient, Royaume-Uni
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