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    The forensic tent, covering the bench where Sergei Skripal and his daughter Yulia were found, is repositioned by officials in protective suits in the centre of Salisbury, Britain, March 8, 2018

    Affaire Skripal: Moscou appelle Londres à ne pas «noyer le poisson»

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    La récente présentation faite dans les murs l'ambassade britannique à Moscou vise à induire en erreur ceux qui cherchent à comprendre ce qui est réellement arrivé à Sergueï Skripal et à sa fille, a déclaré à Sputnik le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.

    Les autorités britanniques doivent être plus précises dans leurs interprétations de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, a souligné le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov dans le commentaire qu'il a donné de la présentation faite à des membres du personnel d'ambassades étrangères au cours d'une conférence de presse organisée le jeudi 22 mars à l'ambassade du Royaume-Uni à Moscou.

    «La présentation affirme que selon la convention [sur l'interdiction des armes chimiques, ndlr.], les pays doivent déclarer tout leur potentiel en armes chimiques depuis 1946. Mais la convention n'en dit rien. Pour s'y conformer, les pays sont obligés de déclarer la remise des armes chimiques à quiconque ou la réception de ces armes de quiconque de 1946 au moment de la signature de la convention», a souligné le diplomate.

    M. Riabkov a noté qu'à l'époque le Royaume-Uni avait «de grands problèmes à ce propos».

    «Il ne faut pas noyer le poisson et penser qu'un public peu exigeant prendra tout cela pour argent comptant […] Nous appelons les auditeurs de ces briefings britanniques à rester à l'écart de ces tricheurs politiques», a-t-il ajouté.

    Selon le journal russe Kommersant qui a publié la présentation intitulé «Incident à Salisbury», cette dernière n'apportait pratiquement pas de nouvelles informations sur l'affaire Skripal, à la seule différence qu'au lieu d'«un haut niveau de probabilité», Moscou a été qualifié coupable «sans le moindre doute». La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova a qualifié la présentation d'«échec cuisant pour Theresa May» et de «plus grande manipulation de l'opinion publique avec implication des autorités britanniques».

    Le 26 mars, 16 pays de l'UE ainsi que les États-Unis, le Canada, la Norvège, l'Ukraine et certains autres ont annoncé leur décision d'expulser des diplomates russes dans le cadre de l'Affaire Skripal. Le plus grand nombre de Russes a été expulsé des États-Unis, soit 48 diplomates et 12 employés de la mission de Russie auprès de l'Onu. Washington a par ailleurs ordonné la fermeture du consulat général russe à Seattle. Le nombre de diplomates expulsé dans le cadre de l'affaire Skripal avoisine désormais les 120 personnes.

    Qualifiant de geste «hostile» la vague d'expulsions, Moscou a promis lundi d'y répondre en conséquence.

    Un ancien colonel des services de renseignement militaires russes, Sergueï Skripal, et sa fille Ioulia ont été retrouvés inconscients le 4 mars dernier aux abords d'un centre commercial de Salisbury. Une semaine plus tard, la Première ministre britannique, Theresa May, a accusé la Russie d'être derrière l'empoisonnement des Skripal, sans toutefois présenter de preuves tangibles pour appuyer ses allégations, avant d'expulser 23 diplomates russes du Royaume-Uni.

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    ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, Sergueï Riabkov, Royaume-Uni, Russie
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