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    Affaire Skripal: la Russie s’est trompée en pensant avoir affaire à des «joueurs honnêtes»

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    Tout cela n’est que de la politique, et on verra ce qui se produira en mai quand Donald Trump annoncera le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran, a déclaré à Sputnik Daniel McAdams, directeur exécutif de l'Institut Ron Paul pour la paix et la prospérité, commentant la vague d'expulsions de diplomates russes.

    Ce processus est sans doute bien coordonné par quelqu'un, car il est peu probable qu'il ait éclaté spontanément en réaction à une accusation d'empoisonnement, a estimé Daniel McAdams dans un entretien accordé à Sputnik.

    «Nous n'avons pas vu les victimes. Aucune preuve ne nous a été fournie. En réalité, la Cour suprême britannique a démenti l'affirmation de Theresa May selon laquelle Skripal et sa fille avaient été empoisonnés par un gaz neuro-paralytique de classe militaire et notamment par sa variété connue sous le nom de "Novitchok" (А-234)», a rappelé l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'ajouter qu'il s'agissait là d'une attaque bien coordonnée qui aurait été réalisée par les États-Unis et le Royaume-Uni.

    «Vous allez voir ce qui se produira en mai quand le Président Trump annoncera, si tout se passe comme prévu, le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire avec l'Iran. Bref, il s'agit en fait de l'Iran», a supposé M.McAdams.

    Selon ce dernier, le point faible de la Russie, en d'autres termes de la position de Moscou sur «l'affaire Skripal», est qu'elle affirme que tout cela doit être en rapport avec la vérité et la science, alors que tel n'est pas du tout le cas.

    «Ce ne sont pas des partenaires qui agissent avec une vision géopolitique. Tout cela n'est que de la politique. Tout cela pour isoler la Russie à cause de la Syrie et à cause de ce qui peut y arriver sous peu. Comment autrement pourrait-on donc justifier les démarches des États-Unis qui poursuivent l'occupation de 30% de ce pays, alors que Daech* y a été liquidé?», a relevé l'analyste.

    Selon ce dernier, dans «l'affaire Skripal», les accusations contre la Russie n'ont ni logique ni sens et il ne faut même pas en chercher.

    «La Russie doit enfin comprendre qu'elle n'a affaire ni à des médiateurs honnêtes, ni à des joueurs honnêtes. Le jeu est truqué», a conclu l'interlocuteur de Sputnik.

    Le 4 mars dernier, Sergueï Skripal et sa fille Ioulia ont été retrouvés inconscients aux abords d'un centre commercial de Salisbury. Une semaine plus tard, la Première ministre britannique, Theresa May, a accusé la Russie d'être derrière l'empoisonnement des Skripal, sans toutefois présenter de preuves pour appuyer ses allégations, avant d'expulser 23 diplomates russes du Royaume-Uni.

    Par la suite, 16 pays de l'UE ainsi que les États-Unis, le Canada, la Norvège, l'Ukraine et certains autres ont annoncé leur décision d'expulser des diplomates russes dans le cadre de l'Affaire Skripal. Le plus grand nombre de Russes a été expulsé des États-Unis, soit 48 diplomates et 12 employés de la mission de Russie auprès de l'Onu. Washington a par ailleurs ordonné la fermeture du consulat général russe à Seattle. Le nombre de diplomates expulsé dans le cadre de l'affaire Skripal avoisine désormais les 120 personnes.

    Qualifiant de geste «hostile» la vague d'expulsions, Moscou a promis d'y répondre en conséquence.

    *Daech est une organisation terroriste interdite en Russie

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    accord, accusations, Daech, Institut Ron Paul pour la paix et la prospérité, Sputnik, Donald Trump, Sergueï Skripal, Daniel McAdams, Teresa May, Iran, Syrie, Russie, Royaume-Uni
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