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    Le siège de l'OIAC à La Haye

    Moscou envoie une liste de 13 questions sur l'affaire Skripal à l'OIAC

    © AP Photo / Peter Dejong
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    Enquête sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal (78)
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    Le ministère russe des Affaires étrangères a publié une liste de 13 questions qu'il a adressée à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) concernant l'empoisonnement de l'ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia à Salisbury, en Angleterre.

    La Russie a adressé une liste de 13 questions à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) concernant l'empoisonnement de l'ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia à Salisbury, au Royaume-Uni, a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères.

    «Le 1er avril, la mission permanente de la Russie auprès de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a envoyé une liste de questions au secrétariat technique de l'OIAC concernant l'affaire Skripal montée contre la Russie», a indiqué le ministère dans un communiqué.

    Moscou voudrait notamment savoir quelle aide les autorités britanniques ont demandé à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) suite à l'empoisonnement des Skripal, et si le Royaume-Uni a envoyé des informations supplémentaires sur cette affaire à l'OIAC.

    1. Quelle aide Londres a demandé au secrétariat technique de l'OIAC?

    2. Le secrétariat technique de l'OIAC a-t-il l'intention de partager les informations qui lui ont été fournies par les Britanniques, avec le comité exécutif, et notamment avec la Russie, conformément à l'alinéa 38 de l'article VIII de la Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'emploi des armes chimiques et sur leur destruction (une assistance technique aux États parties en vue de l'application des dispositions de la Convention et des évaluations techniques, notamment de produits chimiques inscrits et non-inscrits)?

    3. Le Royaume-Uni a-t-il envoyé des informations supplémentaires (opérationnelles, médicales, juridiques, etc) au secrétariat technique concernant sa propre enquête?

    4. Quels points les Britanniques demandent-ils au Secrétariat technique de confirmer: le fait même d'utilisation d'un agent neurotoxique ou bien qu'il représente une substance de type Novitchok (selon la terminologie occidentale)?

    5. Quelles données et preuves les Britanniques ont-ils mis à la disposition du Secrétariat technique (échantillons, résultats d'analyses, autres preuves)?

    6. Qui a conduit le groupe d'experts de l'OIAC qui s'est rendu au Royaume-Uni? Quels spécialistes font partie du groupe? Quelle a été la durée de leur mission? Avec qui ont-ils travaillé?

    7. Quelle a été la procédure de prélèvement des échantillons, a-t-on respecté le principe fondamental de l'OIAC de la collecte de preuves («chaîne de possession» ou «chain of custody»)?

    8. Quels laboratoires certifiés analyseront les échantillons obtenus par le Secrétariat technique de l'OIAC pendant la visite de ses experts au Royaume-Uni?

    9. Combien de temps le Secrétariat technique de l'OIAC a-t-il besoin pour préparer son rapport?

    10. Le Secrétariat technique de l'OIAC a-t-il accepté la remise par le Royaume-Uni d'éléments de l'enquête à des pays membres de l'UE (selon des informations, la France s'est jointe à l'enquête)?

    11. La France a-t-elle notifié au Secrétariat technique de l'OIAC qu'elle s'était jointe à l'assistance technique demandée par le Royaume-Uni?

    12. La France a-t-elle mis des éléments de son enquête (s'il y en a) à la disposition du Secrétariat technique de l'OIAC?

    13. Le Secrétariat technique de l'OIAC, peut-il mettre les éléments de l'enquête française (s'il y en a) à la disposition de la Russie pour qu'elle en prenne connaissance? Si non, pourquoi?

    Le 4 mars dernier, l'ex-agent double Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia ont été retrouvés inconscients aux abords d'un centre commercial de Salisbury, au Royaume-Uni. Une semaine plus tard, la Première ministre britannique, Theresa May, a accusé la Russie d'être derrière l'empoisonnement des Skripal, sans toutefois présenter de preuves pour appuyer ses allégations, avant d'expulser 23 diplomates russes du Royaume-Uni.

    Par la suite, 18 pays de l'UE ainsi que les États-Unis, le Canada, la Norvège, l'Ukraine, l'Albanie, le Monténégro et la Moldavie ont annoncé leur décision d'expulser des diplomates russes dans le cadre de l'affaire Skripal. Le plus grand nombre de Russes a été expulsé des États-Unis, soit 48 diplomates et 12 employés de la mission russe auprès de l'Onu. Washington a par ailleurs ordonné la fermeture du consulat général russe à Seattle. Le nombre de diplomates expulsés dans le cadre de l'affaire Skripal avoisine désormais les 151 personnes du côté occidental et plus de 300 au total des deux côtés.

    Dossier:
    Enquête sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal (78)

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    Tags:
    preuves, questions, enquête, OIAC, ministère russe des Affaires étrangères, Sergueï Skripal, Royaume-Uni, France, Russie
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