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    Fuite des données personnelles sur Facebook: la grogne devient planétaire

    © REUTERS / Dado Ruvic/Illustration/File
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    Kirill Latypov
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    Le scandale déclenché par la société britannique Cambridge Analytica qui a illégalement utilisé les données d'utilisateurs de Facebook pour modifier le cours des campagnes électorales à travers le monde entier, a provoqué des réactions dans plusieurs pays. Voici la liste des mesures prises.

    Des informations sur la collection illégale de données d'utilisateurs de Facebook par Cambridge Analytica dans le monde entier ont provoqué une forte réaction dans plusieurs pays. Ci-dessous une liste des pays inquiets et indignés des ingérences possibles impliquant Cambridge Analytica dans leurs campagnes électorales.

    Argentine

    Le Chambre nationale électorale d'Argentine, rattachée au pouvoir judiciaire, a lancé le 19 mars une enquête sur les activités de Cambridge Analytica dans le pays. Le corps des auditeurs et les organes responsables du contrôle du financement des partis politiques ont été chargés de découvrir si le travail de Cambridge Analytica avait modifié le déroulement des dernières élections, y compris les élections générales de 2015, indique le quotidien El Pais.

    Le gouvernement argentin en fonction du Marcos Peña nie pourtant toute ingérence dans les élections.

    Brésil

    La procurature du District fédéral du Brésil, qui comprend la capitale Brasilia, a lancé le 21 mars une enquête sur les activités de cette société britannique dans leur pays.

    Ils veulent déterminer si Cambridge Analytica a collecté illégalement des données privées de millions de Brésiliens en coopération avec le groupe de conseil local A Ponte Estratégia Planejamento e Pesquisa LTDA.

    Qui plus est, les failles de sécurité qui ont permis à Cambridge Analytica d'avoir un accès illégal aux informations personnelles d'utilisateurs de Facebook doivent être examinées par les enquêteurs.

    États-Unis

    Aux États-Unis, des mesures sont également prises à différents niveaux. Le procureur générale du Massachusetts Maura Healey a annoncé le 17 mars avoir lancé une enquête concernant Cambridge Analytica et Facebook. Le 20 mars, son homologue de l'État de New York Eric Schneiderman et elle ont annoncé l'ouverture d'une enquête conjointe concernant Cambridge Analytica. Le parquet du New Jersey a aussi lancé le 20 mars sa propre enquête.

    Le 26 mars, le groupe de surveillance du gouvernement américain Common Cause a déposé deux plaintes contre Cambridge Analytica devant la commission électorale fédérale et le département de la Justice des États-Unis. Selon Common Cause, cette société britannique a violé les lois fédérales américaines interdisant aux étrangers d'intervenir dans les campagnes électorales aux États-Unis.

    Inde

    Le 21 mars, les autorités indiennes ont bloqué le site de Cambridge Analytica. Facebook s'exposerait à une réaction ferme du gouvernement si des faits de manipulation de données d'internautes indiens étaient prouvés, a indiqué le ministre indien de l'Électronique et des Technologies de l'information.

    Selon SCL India, filiale de SCL Groupe, partenaire de Cambridge Analytica, le parti indien au pouvoir Bharatiya Janata Party (BJP) et le Congrès national indien, principale force d'opposition, font partie de ses clients. Les deux partis nient cette information et s'accusent mutuellement d'avoir utilisé des services de Cambridge Analytica.

    Le gouvernement indien a aussi envoyé le 23 mars une requête à Cambridge Analytica pour savoir comment cette société avait collecté des données personnelles d'internautes indiens et si ces derniers les avaient communiquées de leur plein gré. Facebook a dû préciser si Cambridge Analytica ou ses partenaires, sans autre précision, s'étaient ingérés dans les élections. Le délai du 31 mars initialement imposé à Facebook pour fournir des explications a été repoussé au 7 avril.

    Israël

    L'agence israélienne de protection de la vie privée a annoncé le 22 mars avoir ouvert une enquête sur les activités éventuelles de Facebook pour collecter illégalement des données personnelles d'internautes israéliens et ce en violant leur droit au respect de la vie privée.

    Kenya

    Au Kenya, à la différence des pays précédemment cités, c'est l'opposition qui a réagi au scandale de Cambridge Analytica. Le 20 mars, le directeur général de la coalition d'opposition National Super Alliance (NASA), Norman Magaya, a accusé Cambridge Analytica et le parti Jubilee du Président en exercice Uhuru Kenyatta d'avoir «déformé la volonté du peuple» kenyan.

    Le secrétaire général du Mouvement démocrate orange, parti d'opposition et membre de la coalition NASA, Edwin Sifuna, a réclamé le même jour l'ouverture d'une enquête indépendante sur le rôle de Cambridge Analytica dans la présidentielle d'octobre 2017.

    Quant au parti Jubilee, il indique qu'aucun des services de Cambridge Analytica n'a été utilisé que pour améliorer l'image du parti.

    Nigeria

    Les autorités du Nigeria entendent aussi enquêter sur l'affaire de Cambridge Analytica. Le gouvernement a déjà formé un comité d'enquête. Il devra déterminer si Cambridge Analytica est intervenu dans la présidentielle de 2007 et dans les élections générales de 2015 en faveur du Parti démocratique populaire (PDP) qui était alors au pouvoir.

    Royaume-Uni

    Le rôle central dans l'enquête sur Cambridge Analytica et Facebook au Royaume-Uni est dévolu à l'Information Commissioner's Office, un organe public non-ministériel. Dans la nuit du 23 au 24 mars, ses agents ont perquisitionné le siège de Cambridge Analytica à Londres.

    Parallèlement, la commission électorale britannique enquête sur une responsabilité possible de Cambridge Analytica dans les résultats du Brexit en 2016.

    Le parlement du Royaume-Uni prend ses propres mesures. Le 20 mars, Mark Zuckerberg a été sommé de donner des explications sur les liens existant entre son réseau social et Cambridge Analytica. M.Zuckerberg a refusé de venir personnellement à Londres et a annoncé le 26 mars qu'il enverrait un des cadres de Facebook, Mike Schroepfer ou Chris Cox.

    The New York Times avait fait savoir que Cambridge Analytica avait utilisé illégalement les données de 50 millions d'utilisateurs de Facebook pour évaluer les préférences politiques des électeurs et aider Donald Trump durant l'élection présidentielle.

    Mark Zuckerberg s'est récemment excusé d'avoir trahi la confiance des utilisateurs du réseau social.

    Par la suite, la chaîne de télévision britannique Channel 4 a mené sa propre enquête selon laquelle Cambridge Analytica et son partenaire Strategic Communications Laboratories (SCL) serait intervenu dans plus de 200 campagnes électorales dans le monde.

     

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    données, gouvernement, président, utilisateurs, parquet, enquête, données personnelles, scandale, Facebook, Cambridge Analytica, parlement britannique, Donald Trump, Mark Zuckerberg, Massachusetts, New Jersey, Kenya, Argentine, Royaume-Uni, Londres, Israël, Brésil, Inde, New York, Nigeria, États-Unis
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