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    Des militaires US en Syrie

    L’armée US reste en Syrie, Daech jure fidélité à al-Baghdadi: quel est le lien?

    © AFP 2018 AHMAD AL-RUBAYE
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    Existe-t-il un lien entre la déclaration de Washington de ne pas retirer les troupes américaines de Syrie après la défaite de Daech* et le regain d’activité des terroristes, qui renouvellent l’expression de leur loyauté à Abou Bakr al-Baghdadi? Deux experts répondent à Sputnik.

    Les propos de Donald Trump sur le retrait des forces américaines de Syrie et l'annulation de cette déclaration par l'ambassadeur américain à l'Onu Nikki Haley le 5 avril sont le «résultat de pressions exercées par différentes forces politiques et autorités militaires sur les décisions prises», a déclaré à Sputnik l'expert en relations internationales Raid al Masri.

    «Il y a en outre un intérêt géopolitique. Les déclarations de Trump sont des provocations visant à obtenir des financements supplémentaires de l'Arabie saoudite. En échange de nouvelles injections, les Américains ont poursuivi leurs opérations militaires en Syrie», a indiqué l'expert.

    D'après lui, le gouvernement des États-Unis est bien conscient que leur présence en Syrie «n'influe ni sur le processus de règlement politique, ni sur l'évolution des opérations militaires».

    «Mais cette provocation de pacotille a été mise en scène pour le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Le prince exécute parfaitement la partition écrite par les Américains et les Israéliens.»

    Selon un autre interlocuteur de Sputnik, le politologue Mulhem al Khan, la déclaration de Washington sur le retrait des militaires américains de Syrie est directement lié à un regain d'activité de Daech*.

    «L'expression publique de soutien à l'égard d'Abou Bakr al-Baghdadi n'a pas pris naissance de rien. Quelqu'un a préparé, appuyé et lancé cette action de "soutien". Les activités terroristes se sont intensifiées dès qu'il a été question de nouvelles injections d'argent. Maintenant il est nécessaire de suivre de près leurs sources de financement.»

    D'après Mulhem al Khan, «si al-Baghdadi reste en liberté et a la possibilité de communiquer avec ses partisans, il est bien capable de faire renaître son pseudo-califat sous une forme ou sous une autre».

    Mulhem al Khan a en outre ajouté que les Américains n'examinaient actuellement pas la possibilité de retirer leurs forces de Syrie parce que c'est une opération coûteuse.

    «En particulier, après que des montants considérables ont été dépensés pour entraîner les Forces démocratiques syriennes.»

    Après la promesse de Donald Trump de retirer les troupes américaines de Syrie, l'ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu, Nikki Haley, a précisé lors d'un discours prononcé à l'Université de Duke le 5 avril que Washington continuerait à collaborer avec ses alliés après la défaite de Daech* pour décider ensemble des mesures à prendre.

    «Le Président ne dit pas qu'il va sortir, il dit qu'il va travailler avec nos partenaires et nos amis et décider de ce qui va suivre.»

    En outre, Mme Haley a précisé que Donald Trump portait une attention pleine et entière aux opinions des généraux américains qui ne veulent pas que les terroristes reviennent en Syrie.

    *Organisation terroriste interdite en Russie

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    opération militaire, retrait des troupes, troupes US, Mohammed Ben Salmane, Nikki Haley, Donald Trump, Arabie Saoudite, Syrie, États-Unis
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