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    Un chat devant un ordinateur

    Ces animaux espions présumés qui obligent les services secrets à rester vigilants

    © Sputnik . Natalia Seliverstova
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    Irina Dmitrieva
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    La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a ironiquement qualifié d’agent en mission l'autre chat de Sergueï Skripal qui se serait enfui de sa maison bouclée par la police après l’éclatement du scandale sur l’empoisonnement de l’ex-agent double. Voici des animaux qui se seraient livrés à de l’espionnage pour le compte des humains.

    Les services secrets de nombreux pays essaient par tous les moyens d’obtenir des informations sur d’autres pays, faisant appel parfois à des agents insolites, des animaux comme des oiseaux par exemple. Mais les services de contre-espionnage restent vigilants et rien ne leur échappe. Retrouvez quelques histoires d’animaux qui auraient collaboré avec les services.

    Lieutenant-colonel Kochkina (nom de code Chat)

    La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a ironisé dimanche sur le sort du second chat des Skripal qui aurait réussi à s’enfuir de la maison bouclée par la police.

    «Au sujet du second chat connu sous le nom de code Moussia, le seul des quatre [animaux, ndlr] ayant fui, je peux vous dire que le lieutenant-colonel Kochkina [du mot russe "kochka" voulant dire chat, ndlr] se trouve sur le sol du Royaume-Uni et exécute la mission qui lui a été confiée. Pour le moment, c’est tout ce que je peux vous dire», a-t-elle noté.

    «Acoustic Kitty», un chats espionnant l’URSS pour la CIA

    ​D’après le mensuel américain The Atlantic, la CIA aurait transformé un chat en appareil d’écoute sophistiqué dans le cadre du programme intitulé «Acoustic Kitty» (chaton acoustique) au début des années 1960. Le chat portait des micros et des transmetteurs radios. Sa queue servait d’antenne.

    La CIA aurait voulu relâcher le félin dans des endroits stratégiques pour espionner l’URSS. L’agence aurait pensé à tout et aurait investi plus de 10 millions de dollars dans ce projet, selon le média. Mais une fois relâché près de l’ambassade soviétique à Washington, le chat aurait été écrasé par une voiture lors de sa première mission, affirme le mensuel. Le projet aurait été abandonné vers 1967, comme le montre un document officiel partiellement déclassifié il y a quelques années. 

    Lézards nucléaires en Iran

    Un caméléon
    © Sputnik . Vladimir Pesnya
    Un caméléon

    En février dernier, Hassan Firouzabadi, conseiller militaire en chef du guide iranien, l’ayatollah Ali Hamenei, a déclaré aux journalistes occidentaux que l'Occident aurait utilisé des lézards et des caméléons pour espionner l’Iran.

    Selon lui, des militants qui affirmaient être venus en Iran pour recueillir des dons pour la Palestine, auraient apporté des reptiles du désert comme des lézards et des caméléons. La peau de ces reptiles aurait été modifiée pour «attirer des ondes atomiques». Les lézards auraient pu ainsi localiser les entreprises nucléaires secrètes iraniennes.

    Toutefois, Vladislav Starkov, chercheur à l'Académie russe des sciences et herpétologiste émérite, interrogé par Sputnik, a mis en doute cette hypothèse pour de multiples raisons.

    «Les lézards, et surtout les caméléons, ne survivraient pas longtemps en Iran compte tenu de son climat, ces animaux poïkilothermes préférant les endroits chauds. Par conséquent, ils ne s'intéressent en aucun cas aux mines d'uranium, qui sont froides», a-t-il souligné.

    Des vautours israéliens suspects au Liban

    Un vautour
    © Sputnik . Guéorgui Zimarev
    Un vautour

    La vie d'un vautour est loin d’être facile. Toujours affamés, ces oiseaux nécrophages doivent patienter des heures avant de trouver de la nourriture. Mais certains vautours doivent endurer plus que d'autres, parce qu'ils sont injustement accusés d'espionner des puissances étrangères. A l'automne 2013, un vautour fauve a commis une grave erreur: il a fui une réserve naturelle en Israël et a traversé la frontière israélo-libanaise. Soupçonnant qu'il y a un émetteur sur la queue de l'oiseau, les habitants ont capturé le vautour. Le groupe radical libanais Hezbollah a accusé le vautour d’être un agent du Mossad. Une bague accrochée à la patte de l'oiseau géant par l'Université de Tel Aviv a été prise pour un équipement d'espionnage.

    Les employés de l'Université ont dû expliquer que l’oiseau avait été relâché par les chercheurs de la localité juive de Kfar-Etzion en Cisjordanie.

    On pensait que la question était close et qu’on laisserait les vautours en paix. Mais en janvier 2016, les villageois de Bint Jbeil (Liban du Sud) ont capturé un autre vautour venu depuis Israël. Selon l’agence de protection de l’environnement israélienne, le vautour s’était évadé d’une réserve naturelle en Israël. Mais comme le rapace portait une bague d'identification et un émetteur GPS mentionnant Tel Aviv, les villageois de Bint Jbeil l’ont soupçonné d’espionnage et l’ont attaché à un pilier. Selon les médias libanais, des employés des services de sécurité n'ont trouvé sur lui aucun équipement d'espionnage. Selon eux, l'émetteur servait uniquement à suivre les déplacements de l'oiseau. Légèrement blessé, l’oiseau a été relâché et remis à Israël avec le concours de l’Onu.

    Corbeaux, des espions de la CIA

    Selon des médias et notamment le magazine Smithsonian, Bob Bailey, l’homme qui a été le premier aux États-Unis à enseigner aux dauphins à attaquer des mines, a participé à un programme de la CIA destiné à transformer des corbeaux en parfaits espions.

    Ses élèves à plumes apprenaient à poser des dispositifs d’écoute sur le rebord des fenêtres, ouvrir des tiroirs et même à emporter des objets lourds, notamment des documents.

    Freya, un chat au service de Sa Majesté

    ​En juin 2013, Freya, la chatte tabby du ministre du Trésor britannique George Osborne, a été soupçonnée d’espionnage du fait d’une lacune mystérieuse dans sa biographie.

    En 2009, elle a disparu sans laisser de trace, pour être retrouvée deux ans plus tard. Freya a été identifiée grâce à une puce électronique. Selon les partisans de la théorie du complot, le chat aurait été «enrôlé» par le renseignement chinois. D'autant plus qu’on la voyait de temps en temps traîner dans les pièces les plus sécurisées des Affaires étrangères et du Trésor.

    Palmerston, victime innocente d’accusations

    Palmerston
    © AFP 2018 Justin TALLIS
    Palmerston

    En 2016, la chasse aux animaux-espions a atteint le Foreign Office. Les parlementaires britanniques ont demandé au ministre des Affaires étrangères si le service de sécurité avait scanné le chat Palmerston, nommé «Chasseur de souris en chef» du Foreign Office à la mi-avril, pour «s'assurer qu'il n'était pas porteur de dispositifs d'écoute».

    Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a dû rassurer les membres du parlement en indiquant sur Twitter que le félin avait «passé tous les contrôles» et qu’il ne quittait jamais son poste, à la différence de Freya, qui s’était absentée du «bureau» pendant deux ans.

    Palmerston, un chat de gouttière noir et blanc à poils courts, a été trouvé errant dans les rues de Londres. Affamé, il n'avait pas de puce et les employés du Foreign Office ont eu pitié de lui. Ils l'ont baptisé Palmerston en hommage à Lord Palmerston, un homme politique charismatique qui est devenu premier ministre britannique à l'âge de 71 ans, après 15 ans au poste de secrétaire des Affaires étrangères (1830-1841 et 1846-1851).

    Faucon mort, espion mort?

    Un faucon mort qui avait sur lui une petite caméra, a été retrouvé à la frontière entre l’Inde et le Pakistan en 2013, d’après les médias.

    Les autorités indiennes ont supposé qu’il s’agissait d’un espion à plumes pakistanais qui devait filmer un camp militaire indien situé à proximité.

    Mais une étude détaillée des «équipements d’espionnage» a montré que la caméra était trop petite et ne pouvait pas faire de bons clichés. Le faucon aurait appartenu à des chasseurs pakistanais.

    Cigogne, migrant illégal?

    En 2013, les médias ont annoncé qu’un pêcheur égyptien avait alerté la police et les vétérinaires après avoir remarqué une cigogne avec un dispositif inconnu. Le pêcheur croyait que c’était un espion français.

    Les policiers ont en effet retrouvé un dispositif sur la cigogne française, mais il n’était pas destiné à espionner, mais à recueillir des données sur la migration des oiseaux. La cigogne a été relâchée quelques jours plus tard grâce aux employés de la réserve d'Assouan. Elle a cependant connu une triste fin: une fois relâchée, elle a été abattue par des braconniers puis mangée.

    Faucon israélien avec une bague suspecte

    Une crécerelle (image d'illustration)
    © Sputnik . Ouliana Solovieva
    Une crécerelle (image d'illustration)

    Les oiseaux semblent être très suspects lorsqu’il s’agit d’espionnage. En juillet 2013, un faucon crécerelle portant une bague avec l’inscription «24 311 Tel Avivunia Israel» a été capturé dans la partie centrale de la Turquie.

    Les habitants d’une ville turque l’ont remis aux autorités qui ont mis un an à procéder à toutes sortes de vérifications allant même jusqu'a le radiographié. Assurées que le rapace ne cachait aucun dispositif d’écoute, les autorités l’ont acquitté.

    Aigle, une arme idéale

    Un aigle
    © Sputnik . Said Tsarnaev
    Un aigle

    Possédant une excellente vision et de puissantes griffes, les aigles pourraient être des armes de guerre idéales s'ils pouvaient être dressés de manière appropriée. C’est probablement cette idée qui est venue à l’esprit des Soudanais qui ont capturé un aigle au Darfour occidental en décembre 2012, selon les médias. Quelle découverte! L’aigle portait effectivement une puce israélienne et un appareil GPS…

    Mais plus tard, les autorités chargées de la protection de la nature et des parcs nationaux ont expliqué: il s’agit d’appareils pour suivre les oiseaux dans la nature et nous dire où ils se trouvent. Pas plus.

    Ecureuils agents spéciaux

    Un écureuil
    © Sputnik . Vladimir Astapkovitch
    Un écureuil

    En été 2007, aucun arbre ne pouvait servir d’abri quand la police iranienne recherchait des espions occidentaux. Selon l’agence iranienne IRNA, 14 écureuils ont été «interpellés».

    Selon des médias, Les rongeurs ont été soupçonnés d’avoir mis fin à leur vie ennuyeuse de ramasseurs de noisettes pour recueillir des informations sur des sites nucléaires iraniens.

    Du moins, Esmail Ahmadi-Moghaddam, qui était à l’époque chef de la police iranienne, a affirmé que les animaux seraient munis d’équipements d’espionnage transmettant des données au Royaume-Uni. Londres a démenti ces informations.

    Dauphin au service du Mossad?

    Le 20 août 2015, un dauphin soupçonné d’espionner pour le compte d’Israël a été capturé à Gaza. Le mouvement palestinien du Hamas a déclaré que le dauphin aurait suivi le déroulement d’exercices militaires. 

    Ce dauphin serait muni d’une caméra sous-marine et d’un dispositif permettant de le guider à distance. Le journal Al-Quds a affirmé, se référant à des témoins oculaires, que le dauphin serait muni d'un appareil capable de tirer des harpons sous l'eau. Le sort du dauphin demeure inconnu.

    L'océanarium de Miami (image d'illustration)
    © Sputnik . Valeri Choustov
    L'océanarium de Miami (image d'illustration)

    Il convient cependant de reconnaître que parfois les animaux sont, en effet, utilisés à des fins militaires. Au début de 2012, lors d'un bras de fer entre l'Occident et l'Iran qui menaçait de bloquer le détroit d'Ormuz utilisé pour le transport du pétrole arabe, le commandement des Etats-Unis était prêt à utiliser des dauphins militaires. Selon des rumeurs, ces animaux font partie de l'armée américaine depuis une cinquantaine d'années.

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    Tags:
    cigogne, aigle, dauphins soldats, chats, écureuil, Hassan Firouzabadi, Maria Zakharova, Darfour, Soudan, Royaume-Uni, Soudan du Sud, Iran, Israël, Russie
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