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    Tamim ben Hamad al-Thani et Donald Trump

    Washington et Doha sur la même longueur d’onde concernant la crise du Golfe?

    © AFP 2018 Nicholas Kamm
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    Washington et Doha se sont accordés sur la nécessité de mettre fin à la crise du Golfe «car elle n’a pas lieu d’être», a déclaré le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammed ben Abderrahmane al-Thani, dans une interview diffusée sur la chaîne Fox News le 11 avril.

    Donald Trump est d'accord avec le prince du Qatar, Tamim ben Hamad al-Thani, que «la crise entre les pays du Golfe n'a pas lieu d'être, et il faut qu'elle prenne fin et que l'union revienne entre ces pays encore une fois». C'est ce qu'a déclaré le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammed ben Abderrahmane al-Thani, le 11 avril, dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

    «Les pays qui nous ont imposé cet embargo essayent tout le temps de nous provoquer, de porter atteinte à notre souveraineté et de nous soumettre, et c'est ce que le Qatar n'acceptera jamais», a ajouté le ministre en soulignant que «cet embargo et cette crise n'ont pas lieu d'être. Cette dernière a commencé par un incident futile, il s'agit d'une attaque électronique et un crime contre notre gouvernement en ciblant l'agence de presse du Qatar. Cela montre que les causes de la crise sont fragiles et sans fondement, et les tentatives d'isoler le Qatar ne sont pas la solution».

    Concernant les demandes des pays du Golfe d'interdire le mouvement des Frères musulmans, d'arrêter de soutenir le Hamas palestinien, et de ne plus financer le terrorisme, le diplomate a souligné que «Doha n'a jamais soutenu le terrorisme ou toléré ceux qui le financent. Ce sont de fausses accusations de la part des pays qui assiègent le Qatar. Ils nous accusent de soutenir les Frères musulmans, alors que ces derniers font partie des cercles politiques dans ces pays».

    À propos du reproche fait à Doha concernant ses relations avec Téhéran, le ministre a expliqué que «cette accusation est drôle, même s'ils accusent le Qatar d'entretenir des relations privilégiées avec l'Iran. Et pour cause, pourquoi les Émirats arabes unis entretiennent-ils des relations commerciales avec Téhéran équivalant à environ 96% du volume des échanges commerciaux entre les pays du Golfe et l'Iran? Alors que le Qatar a une relation commerciale de seulement 50 millions de dollars avec ce pays».

    «Le Qatar et l'Iran sont voisins, et les deux pays gèrent ensemble un champ gazier en commun. Cependant nous n'avons pas de relations spéciales avec Téhéran, au contraire, nous avons de nombreuses différences avec ses politiques dans la région, en particulier en Syrie», a-t-il ajouté.

    Et de conclure, concernant le projet saoudien du «canal Salwa», dont la mise en œuvre transformera le Qatar en une île, le ministre qatari a fait savoir que «ces questions sont sans valeur et ne méritent pas d'être commentées».

    Pour rappel, l'Union saoudienne d'investissements entend creuser un canal sur la frontière saoudienne avec le Qatar dans le cadre d'un projet de développement du tourisme, en le transformant de fait ce pays en île, avait annoncé le journal saoudien Sabq. Selon ce média, les travaux de construction dureront un an. À l'heure actuelle, l'Union saoudienne d'investissements attend une approbation formelle des autorités du pays. Ce canal de 60 kilomètres de long, dont la largeur sera de 200 mètres et la profondeur de 15 à 20 mètres, pourra être utilisé pour le passage de toutes sortes de navires. L'Arabie saoudite reliera par cette nouvelle voie maritime le port de Salva et la région de Hur al-Adid, sur la frontière avec le Qatar.

    En juin dernier, l'Arabie saoudite, l'Égypte, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont rompu leurs relations avec le Qatar, en l'accusant de soutien au terrorisme. Les tentatives du Koweït de réconcilier ces pays ont échoué.

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    Tags:
    canal artificiel, crise du Golfe, Tamim ben Hamad Al-Thani, Donald Trump, Qatar, États-Unis
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