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    L'hôpital de Salisbury qui a accueilli Sergueï et Ioulia Skripal

    Le rapport de l’OIAC prouverait l’«innocence» du Novitchok, selon un créateur de cet agent

    © Sputnik . Alexey Filippov
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    Enquête sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal (101)
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    L’un des créateurs de l’agent Novitchok, classifié par les Britanniques sous le nom A-234, a confié à Sputnik son hypothèse concernant l’affaire de Salisbury. Selon lui, plusieurs faits démontrent que ce n’est pas du Novitchok qui a été utilisé afin d’empoisonner les Skripal.

    Le rapport de l'OIAC sur l'incident de Salisbury témoigne du fait que ce n'était pas l'agent Novitchok, classifié par les Britanniques sous le nom A-234, avec lequel ont été empoisonnés Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, a déclaré Léonide Rink, l'un des créateurs de cet agent, interrogé par Sputnik.

    Le 12 mars, les experts de l'OIAC ont rendu public un communiqué sur les résultats de leur enquête sur l'incident de Salisbury dans lequel ils ont confirmé qu'un agent innervant avait été utilisé pour empoisonner l'ex-agent Sergueï Skripal et sa fille Ioulia. Le communiqué a tout particulièrement relevé le «haut degré de pureté» de la substance.

    «Les données de l'OIAC, d'après lesquelles un agent chimique toxique de haute pureté a été utilisé, prouvent que ce n'était pas du Novitchok. Si la substance gélifiée retrouvée sur la poignée de la porte de la maison des Skripal était du Novitchok, ils n'auraient pas pu faire 50 mètres. Ils seraient morts tout de suite. De plus, le Novitchok est une substance neuroparalytique composée d'un grand nombre d'éléments et d'additifs qui se décomposent de manière différente. Si une substance pure a été retrouvée, il ne peut s'agir du Novitchok», a expliqué le spécialiste.

    Selon lui, si le Novitchok avait été utilisé afin d'empoisonner les Skripal, les experts de l'OIAC auraient retrouvé différents composants qui, au fil du temps, se décomposent en éléments non-toxiques. Dans ce cas-là, ils n'auraient pas pu arriver à la conclusion que Sergueï Skripal et sa fille Ioulia ont été empoisonnés par un agent toxique.

    M. Rink a confirmé l'hypothèse de l'un des prétendus créateurs du Novitchok, Vil Mirzayanov, selon laquelle l'humidité aurait réduit l'efficacité du Novitchok.

    Selon ce spécialiste, il est possible que les Skripal aient été empoisonnés par le fentanyl utilisé pour la production de produits stupéfiants.

    «Chaque année 2.500 personnes meurent en Royaume-Uni à cause des intoxications au fentanyl», a-t-il précisé.

    En Russie, cette substance est également utilisée pour la production d'analgésiques pour les militaires et des agents chimiques dont se servent les forces de l'ordre lors des opérations telles que l'assaut du théâtre Doubrovka de Moscou en 2002.

    Léonide Rink a souligné que les symptômes des Skripal ont été semblables à ceux causés par une intoxication au fentanyl.

    «Il s'agit d'une intoxication typique au fentanyl, puisqu'après un état critique, les victimes se sont soudainement senties mieux. Depuis le début je disais aux médias que la symptomatologie était semblable à une intoxication au fentanyl», a-t-il développé.

    Selon lui, les Skripal ont été empoisonnés sur le banc où ils ont été retrouvés. Soit ce banc, soit les Skripal eux-mêmes ont été aspergés par un spray contenant du fentanyl qui a eu un effet instantané.

    Il a également indiqué que le fait que les Britanniques cachaient les Skripal compromettait la version selon laquelle la Russie était impliquée dans cette affaire.

    «Les Britanniques disent que les Skripal se remettent très vite mais personne n'est autorisé à les voir, personne ne peut les interviewer, personne ne permet aux experts d'analyser les échantillons de leur sang. Cela prouve que l'affaire Skripal est un mensonge, un mensonge de mauvaise qualité», a-t-il ajouté.

    Selon M. Rink, le Novitchok affecte les yeux. Mais les Britanniques n'ont jamais indiqué que les Skripal avaient ce symptôme.

    L'expert a précisé qu'il fallait attendre la publication du rapport complet, puisque pour le moment ses auteurs n'ont pas révélé le nom de l'agent neurotoxique avec lequel ont été empoisonnés Sergueï Skripal et sa fille Ioulia.

    Le 4 mars dernier, l'ex-agent russe Sergueï Skripal et sa fille ont été retrouvés inconscients aux abords d'un centre commercial de Salisbury. Une semaine plus tard, la Première ministre britannique, Theresa May, a accusé la Russie d'être derrière l'empoisonnement des Skripal, sans toutefois présenter de preuves pour appuyer ses allégations, avant d'expulser 23 diplomates russes du Royaume-Uni.

    La Russie a toujours démenti les allégations de Londres. Début avril, les chercheurs du laboratoire britannique de Porton Down ont reconnu ne pas être en mesure d'établir le pays d'où provenait l'agent innervant utilisé dans cette tentative d'assassinat. Le gouvernement russe a demandé à Londres à plusieurs reprises de lui permettre de participer à cette enquête.

    Dossier:
    Enquête sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal (101)

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    Tags:
    empoisonnement, matières toxiques, A234, OIAC, Ioulia Skripal, Sergueï Skripal, Salisbury, Royaume-Uni, Londres
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