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    Migrants: avalanche de critiques sur Génération identitaire, temps calme pour No Borders

    © AFP 2019 Piero Cruciatti
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    Maxime Perrotin
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    Tempête de critiques de la gauche sur l’action des militants de Génération identitaire dans les Alpes. Les militants d’extrême droite entendaient symboliquement fermer la frontière aux migrants. Une frontière qu’un peu plus loin, des militants «antifas» italiens, en réaction, ont forcée avec des migrants, sans susciter le même opprobre.

    «Gérard Collomb, ministre d'État, ministre de l'Intérieur, condamne avec la plus grande fermeté l'ensemble des provocations, gesticulations et incidents qui ont marqué ce week-end dans les Hautes-Alpes et dont les groupes d'activistes d'ultra-droite et d'ultra-gauche sont respectivement à l'origine.»

    La place Beauvau a tout autant condamné dimanche 22 avril l'action des militants de Génération Identitaire et des No Borders italiens, une impartialité qui est bien loin d'être de mise dans la classe politico-médiatique, à l'exemple de Henri Maler, fondateur de l'Observatoire des médias Acrimed:

    ​Samedi 21 avril, une centaine de militants de Génération identitaire se rendent au sommet du col de l'Échelle, passage entre l'Italie et la France emprunté depuis plusieurs mois par de nombreux clandestins majoritairement d'Afrique de l'Ouest. Ils installent un grillage de chantier et déploient une banderole annonçant la fermeture de la frontière. Une opération de communication à 30.000 € du mouvement d'extrême droite, hélicoptères à l'appui pour les prises de vue, organisée en toute transparence, la préfecture ayant été prévenue. Hasard du calendrier, il se déroulait alors que le projet de loi asile-immigration entrait dans sa phase finale.

    Si après une nuit sur place les jeunes militants quittent les lieux «dans le calme» et en «présence d'un important dispositif de gendarmerie», on ne peut pas en dire autant des activistes d'extrême gauche. En effet, ce même 22 avril, entendant répondre au coup de com' des identitaires, plusieurs centaines de militants antifascistes, majoritairement italiens, ont traversé la frontière franco-italienne en passant par les pistes de ski de Montgenèvre- au beau milieu des vacanciers et des familles. Accompagnant une trentaine de clandestins, ils s'en sont violemment pris à un cordon de gendarmerie qui tentait de leur barrer la route, avant d'atteindre Briançon «où leur présence fait l'objet de la plus grande vigilance», d'après le communiqué du Ministère de l'Intérieur.

    Si cette opération —forcer une frontière avec des personnes en situation irrégulière- n'a guère ému la gauche, celle-ci a été unanime à condamner l'action du groupe identitaire français, très souvent qualifié de «milice», parfois de «police fasciste», tout en critiquant un ministre de l'Intérieur selon eux complaisant à leur égard.

    «Les bras m'en tombent […] je vous demande monsieur le ministre d'État, ce soir, dans cette séance, de réaffirmer l'autorité de l'État […] ce communiqué, qui vient d'être mis en ligne […] est inadmissible pour le droit de notre République et je vous demande de le dénoncer,»

    interpelle vigoureusement Valérie Rabault, Présidente du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, qui s'indigne que la Préfecture se soit contentée de «suivre» les opérations de Génération Identitaire et de «n'avoir aucune action sur le terrain». Même son de cloche de la part d'Eric Coquerel. Le député La France Insoumise (LFI), qui a récemment fait la Une pour avoir soutenu l'occupation par des clandestins de la basilique de Saint-Denis en mars dernier, fustigeait une action «provocatrice et illégale» de la part du groupe identitaire et adoptait un ton grinçant sur l'inaction de la préfecture:

    ​Pourtant, la préfecture des Hautes-Alpes signalait que l'opération en question s'était déroulée «dans le calme», soulignant qu'«aucun fait de violence n'a été soulevé» et qu'«il n'y a pas eu de trouble à l'ordre public», relate Le Monde. Bref, qu'elle n'avait aucun motif pour intervenir.

    De son côté, la députée communiste des Hauts-de-Seine, Elsa Faucillon, avait fait part sur les réseaux sociaux de sa «nausée»:

    ​Rappelons-lui simplement que les militants d'extrême droite n'étaient ni armés, ni violents et qu'à ce titre, le terme de «milice» semble quelque peu abusif, même si cette rhétorique a été reprise en masse sur les réseaux sociaux, où les moqueries se mêlent aux menaces à l'égard des jeunes militants qui opèrent à visage découvert, à la différence d'autres mouvements, eux ouvertement violents. Mais elle n'est pas la seule dont les critiques ont parfois pu flirter avec la diffamation:

    «avant que cela ne dégénère», «il faut les arrêter avant qu'ils n'aient le temps de réaliser ce qu'ils comptent faire, c'est-à-dire mettre à mal un migrant,» insiste, auprès de Gérard Collomb, Jean-Luc Mélenchon, dans des propos relayés par Le Monde.

    Des «pitres un peu dérangés […] ce sont les amis de Gilbert Collard» ajoutera-t-il lors d'une passe d'armes avec son homologue député Frontiste.

    ​Une volée de critiques, qui ne va certainement pas retomber après l'annonce, le 22 avril au soir, par Gérard Collomb de l'envoi de renforts de Police et de Gendarmerie dans les Hautes-Alpes.

    Des autorités qui sont décidément sous le feu de la critique, puisque certains n'hésitent pas à faire le lien entre le manque de sévérité des forces de l'ordre à l'égard des militants de Génération identitaire —qui n'ont pourtant commis aucun trouble à l'ordre public, isolés qu'ils étaient col de l'Échelle- avec une la «répression» des mouvements d'occupations de Tolbiac (800.000 euros de dégradations) ou de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, dont le caractère supposément «pacifique» est totalement remis en cause par les faits

    ​D'autres, très minoritaires, appellent à considérer la portée politique du message envoyé, quoi que l'on puisse penser de Génération identitaire:

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    Tags:
    crise, migrants, "No Border", Europe
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