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La situation économique est bien plus rarement évoquée que celle politique. Des Syriens ont dû venir en Russie pour parler du redressement économique de leur pays. Quels États pourront participer et quels contrats sont déjà en cours d'élaboration? Interviews d'hommes d'affaires syriens.

Si l'environnement politique en Syrie reste tendu et fait toujours parler, la situation économique est souvent passée sous silence. Samedi, une délégation syrienne a participé à une cérémonie d'inauguration d'une allée de l'amitié entre la Russie et la Syrie à Yalta. Cette dernière est jalonnée d'une allée d'oliviers, tandis que des sujets bien plus concrets s'agissant des relations économiques entre la Syrie et d'autres pays ont été traités là aussi, au Forum économique de Yalta.

Tandis que l'Onu constate une situation catastrophique dans plusieurs provinces syriennes comme celle d'Idlib, des infrastructures détruites dans la ville de Raqqa, les hommes politiques et d'affaires syriens ont quant à eux déjà une vision de ce que devrait être l'avenir économique de la République arabe.

Fares Shehabi, président de la Fédération syrienne des industries et membre du comité économique au sein du parlement syrien, a précisé la répartition des rôles dans le processus de reconstruction de la Syrie déchirée par la guerre et a expliqué pourquoi Damas n'a pas besoin de l'aide des pays de l'Alliance atlantique.

«La Russie a le rôle prépondérant en la matière, nous avons déjà avec elle de nombreux contrats extrêmement bénéfiques dans le domaine du pétrole et du gaz. Nous allons en outre élargir notre coopération dans cette direction avec des entreprises iraniennes et chinoises, avec tous ceux qui ne nous ont pas tourné le dos. Ça sera leur privilège de devenir les premiers investisseurs dans la reconstruction de la Syrie», a-t-il mis en exergue.

En même temps, Damas ne va «permettre la participation d'aucune sorte des pays membres de l'Otan, surtout de la France», qui a attaqué le peuple syrien «sous un faux prétexte, violant ainsi le droit international».

  • Le gouverneur de la province de Lattaquié, Ibrahim Khodr al-Salem, tient un discours lors de la cérémonie d’ouverture d’une allée de l’amitié russo-syrienne
    Le gouverneur de la province de Lattaquié, Ibrahim Khodr al-Salem, tient un discours lors de la cérémonie d’ouverture d’une allée de l’amitié russo-syrienne
    © Sputnik . Ekaterina Yanson
  • Des olives plantées en signe d’amitié entre la Russie et la Syrie en Crimée, à Yalta
    Des olives plantées en signe d’amitié entre la Russie et la Syrie en Crimée, à Yalta
    © Sputnik . Ekaterina Yanson
  • La délégation syrienne en Crimée, à Yalta
    La délégation syrienne en Crimée, à Yalta
    © Sputnik . Ekaterina Yanson
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© Sputnik . Ekaterina Yanson
Le gouverneur de la province de Lattaquié, Ibrahim Khodr al-Salem, tient un discours lors de la cérémonie d’ouverture d’une allée de l’amitié russo-syrienne

Interrogé par Sputnik, le membre du conseil d'administration de l'Association syrienne des chambres de commerce Abdulrahim Rahal a espéré que les relations économiques entre Moscou et Damas atteindraient le même niveau que celui de la collaboration politique et militaire.

«Nous avons déjà discuté de multiples questions en l'espèce, notamment sur l'élargissement des échanges commerciaux, sur les réseaux de transport, nous avons évoqué la mise en place d'une compagnie d'assurance. De même, nous avons abordé des moyens de renouer les relations financières dans les conditions où les deux pays sont effectivement sous sanctions.»

Un des axes privilégiés de la coopération économique avec la Russie réside certes sur de possibles livraisons de systèmes de défense aérienne russes S-300 à la Syrie.

«Nous saluons fortement cette possibilité, puisque nous sommes en faveur de toute l'aide qui s'inscrit dans la lutte contre le terrorisme. Nous avons vu de nos propres yeux ce que les terroristes faisaient et nous ne voulons pas que cela se reproduise ni sur notre territoire ni sur n'importe quel autre», a souligné M.Rahal.

Au contraire, les tirs de missiles contre Damas menés conjointement par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ne servent qu'à alimenter les tentatives des terroristes de s'emparer de davantage de territoire:

«Nous, en Syrie, nous luttons contre le terrorisme, contre les groupes radicaux et croyons que cette frappe a été réalisée afin de soutenir les terroristes, de mettre un terme aux tentatives de l'armée syrienne d'éliminer le terrorisme. Il s'agit de facto d'une aide directe aux terroristes pour les laisser exister sur notre sol.»

En tant que citoyen syrien, M.Rahal a espéré que tous les pays du monde se joignent à la lutte contre le terrorisme international pour éliminer les extrémistes qui restent.

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Tags:
rétablissement, reconstruction, coopération, lutte antiterroriste, terrorisme, économie, S-300, Forum économique de Yalta 2018, OTAN, Abdulrahim Rahal, Fares Shehabi, Yalta, Crimée, Syrie, Russie
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