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    Doha, Qatar

    Le Qatar, remplacera-t-il les forces américaines dans le nord de la Syrie?

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    Le ministre saoudien des Affaires étrangères a récemment averti le Qatar qu'il devrait remplacer les soldats américains dans le nord de la Syrie, affirmant que le gouvernement qatari «ne tiendrait pas» sans la base militaire US. Sputnik a évoqué le sujet avec Birol Baskan, enseignant à l'École de diplomatie de l'Université Georgetown au Qatar.

    «Le Qatar doit envoyer ses troupes en Syrie avant que les USA ne refusent de le défendre», ce qui conduirait inévitablement à la chute de Doha, a dernièrement déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Joubeir. Il a affirmé également que le Qatar devrait payer la présence militaire américaine dans le pays. Évoquant ces propos, Birol Baskan, enseignant à l'École de diplomatie de l'Université Georgetown au Qatar, a indiqué à Sputnik qu'il n'y voyait qu'une attaque verbale contre le Qatar.

    «Je ne pense pas que le Qatar puisse remplacer les USA en Syrie pour la seule raison que l'armée qatarie ne compte que 13.000 soldats. Je ne crois pas que l'armée qatarie possède la capacité militaire nécessaire au service dans le nord de la Syrie», a-t-il indiqué.

    Pour ce qui est de payer pour la présence américaine, il estime que c'est «de la corruption» et que cela manque de diplomatie. En outre, l'Arabie saoudite et d'autres pays achètent des armes américaines en grande quantité et il serait «totalement absurde de la part des États-Unis» de s'attendre à être payés pour leur service militaire.

    Birol Baskan a également examiné les affirmations de l'Arabie saoudite selon lesquelles le gouvernement qatari serait renversé en une semaine en cas de fermeture de la base militaire américaine dans le pays. Il s'est demandé s'il existait des raisons pour la fermeture de cette base.

    Selon lui, une rumeur a affirmé il y a quelques semaines que les USA allaient retirer leurs bases de Turquie et du Qatar, mais le ministère américain de la Défense les a immédiatement démenties.

    «Je ne vois aucune raison qui pousserait les États-Unis à fermer leur base au Qatar ou en Turquie, du moins dans un avenir prévisible. Et même si c'est le cas, je ne crois pas que le régime du Qatar s'effondre, comme l'espère l'Arabie saoudite», a noté Birol Baskan.

    En effet, a-t-il poursuivi, «il est peu probable que les Qataris se dressent contre leur souverain suite à des provocations de l'extérieur. Si les Saoudiens et les Irakiens prétendaient envahir le Qatar […], ils espéraient sûrement que la présence de la base militaire américaine au Qatar les aiderait dans leurs revendications».

    Le Président américain a de nouveau déclaré mardi qu'il souhaiterait retirer les troupes américaines de Syrie. Plus tard, le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al-Joubeir, a affirmé que Doha devait envoyer ses troupes en Syrie s'il ne voulait pas se priver du soutien militaire de Washington. Si les États-Unis cessent d'assurer la sécurité du Qatar, le gouvernement de ce pays sera renversé en moins d'une semaine, a estimé le ministre.

    Le Wall Street Journal, citant des fonctionnaires américains, avait fait savoir que l'administration Trump envisageait de remplacer le contingent américain en Syrie par des militaires ressortissants des pays arabes. Selon Adel al-Joubeir, le royaume saoudien est prêt à envoyer ses troupes pour combattre le terrorisme si les États-Unis le lui proposent.

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    Tags:
    lutte antiterroriste, provocation, base militaire US, présence militaire, Université de Georgetown, Wall Street Journal, Donald Trump, Adel al-Joubeir, Washington, Doha, Turquie, États-Unis, Arabie Saoudite, Syrie, Qatar
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