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    Hassan Diab

    Jeux médiatiques du silence: les témoignages des Syriens à Douma étouffés par la presse

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    Les grands médias occidentaux semblent tourner le dos aux témoignages des Syriens qui affirment que l'attaque chimique présumée à Douma a été mise en scène, ne mentionnant que d’un mot l’histoire du petit Syrien, Hassan Diab, qui a été forcé d’apparaître dans la vidéo des Casques blancs sur les événements à Douma.

    Le témoignage d'un petit Syrien, Hassan Diab, sur ce qui s'est passé à Douma a battu en brèche la version occidentale d'une attaque chimique. L'enfant, figurant dans la vidéo des Casques blancs reprise par tous les médias occidentaux, affirme avoir été obligé de se rendre à l'hôpital par des hommes affirmant qu'une attaque chimique avait eu lieu.

    L'interview, cependant, a été largement occultée par les grands médias anglo-saxons. Dans les rares cas où l'interview d'Hassan a été mentionnée, elle a été qualifiée de «version promue par des médias d'État russes.»

    Le journal britannique The Sun a publié un article intitulé «La télévision russe prétend qu'un jeune garçon de 11 ans, victime de l'attaque chimique syrienne, a été forcé d'être filmé en échange de biscuits». Cependant, deux brillaient avant le titre: «Fake news».

    Un article de The Times attribue le fait qu'Hassan a été payé avec de la nourriture par la télévision russe, et non pas père du garçon, qui est pourtant l'auteur cette déclaration. En comparaison, The Times n'a pas attribué les mentions de l'attaque présumée de Douma à l'information présentée par les Casques blancs, une organisation financée depuis l'étranger et qui opère en Syrie.

    Tout au long du développement du récit des soi-disant évènements de Douma, la plupart des médias ont néanmoins fait l'effort de parler d'une «attaque présumée», et certains s'y tiennent encore. Mais avec le temps, des titres omettant ce qualificatif crucial ont commencé à apparaître en ligne et dans les discussions télévisées.

    «Les médecins syriens soumis à une intimidation extrême après l'attaque de Douma» et «L'attaque syrienne: les inspecteurs d'armes chimiques récupèrent des échantillons de Douma» ne sont que quelques exemples, ce dernier faisant référence au fait que les experts de l'OIAC n'ont toujours pas fait état d'une utilisation d'armes chimiques.

    La chaîne américaine Fox News a diffusé en ligne la vidéo de l'attaque présumée sous le titre «Vidéo troublante: des enfants traités après une attaque chimique en Syrie», qui affirmait avec certitude que l'attaque avait eu lieu et que des armes chimiques avaient été utilisées. Cependant, une recherche de mentions ou de déclarations d'Hassan et de son père sur le site Fox News ne donne aucun résultat.

    La couverture de CNN suit un scénario similaire. Même si certains des titres de CNN sur Douma stipulent qu'il s'agissait d'une attaque «présumée», d'autres la définissent simplement comme une «attaque chimique en Syrie». Également, aucune information sur Hassan et son témoignage des événements à Douma.

    Les recherches dans les articles publiés par The New York Times, The Wall Street Journal et The Washington Post ne donnent non plus aucun résultat sur l'histoire d'Hassan et de son père.

    Il apparaît ainsi que très peu de place a été consacrée à la déclaration d'Hassan, qui donne une autre vision de la raison invoquées pour justifier les frappes américaines, françaises et britanniques. Hassan Diab pourrait témoigner devant l'OIAC, a d'ailleurs déclaré le représentant permanent de la Russie auprès de l'organisation, Alexandre Choulgine, lors d'une récente interview.

    «À un certain moment, j'ai dit à mes collègues occidentaux: nous devrons probablement utiliser une autre langue, puisque vous ne comprenez pas ce que nous disons. Nous amènerons ici, à La Haye, des témoins oculaires qui vous le diront personnellement que c'était une provocation orchestrée. Je ferai de mon mieux pour que ce garçon parle ici», a ainsi déclaré le responsable russe.

    Auparavant, un petit Syrien de Douma, Moustafa, avait évoqué devant les journalistes de Sputnik le tournage des scènes de la présumée attaque chimique du 7 avril dans cette ville de la banlieue est de Damas. Il a confié à Sputnik qu'il avait participé à cette mise en scène pour avoir des biscuits et des pommes de terre. Un autre garçon, Hassan Diab, a également évoqué sur la chaîne de télévision Rossiya 24 la vidéo où il était présenté comme une victime de la présumée attaque chimique du 7 avril à Douma. Rossiya 24 a diffusé l'interview de ce garçon de 11 ans qui a participé au tournage de la vidéo sur «l'attaque», invité, comme de nombreuses autres personnes, par les Casques blancs.

    Les pays occidentaux ont accusé Damas d'avoir perpétré une attaque chimique à Douma. La Russie a démenti les informations concernant une bombe au chlore qui aurait été larguée par les forces gouvernementales syriennes. Les militaires russes ont qualifié de fausses les photos de victimes de la prétendue attaque chimique à Douma, publiées par les Casques blancs sur les réseaux sociaux. Moscou estime que l'objectif de ces informations mensongères est de protéger les terroristes et de justifier d'éventuelles actions extérieures.

    Les inspecteurs de l'OIAC ont annoncé dans l'après-midi du 21 avril avoir prélevé des échantillons sur le lieu de l'attaque chimique présumée à Douma. L'organisation qui procédera sous peu à leur analyse n'exclut pas de mener dans l'avenir une nouvelle inspection dans la ville.

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    silence, médias mainstream, Hassan Diab, Royaume-Uni, États-Unis
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