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    Angela Merkel et Donald Trump

    La rencontre Merkel-Trump s'annonce orageuse, selon Der Spiegel

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    Angela Merkel pourrait se faire sévèrement réprimander par Donald Trump au cours de leur prochaine rencontre, affirme Der Spiegel, rappelant les désaccords de Berlin et Washington sur le projet Nord Stream 2 et sur l'accroissement des dépenses militaires des pays membres de l'Otan.

    La chancelière allemande pourrait se faire disputer ce vendredi, jour de sa visite à Washington, par le Président américain, estime l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Le journal précise que d'importantes divergences pourraient surgir sur deux questions, celle de la réalisation de Nord Stream 2 (projet auquel les États-Unis s'opposent farouchement) et celle de l'exigence de l'Otan d'accroître les dépenses militaires des pays membres pour les porter à 2% de leur PIB.

    «L'autorisation pour la construction du gazoduc a déjà été délivrée sous Gerhard Schröder. En outre, la garantie de la sécurité énergétique est vitale pour l'Allemagne, ce qui fait que Berlin ne peut pas renoncer au projet», indique l'auteur de l'article dans Der Speigel.

    Toujours selon le journal, le département d'État avait précédemment averti qu'en cas de refus de toute concession de la part de Berlin, Washington étalerait le conflit au grand jour, montrant ainsi à tout le monde la rupture entre l'Allemagne et les USA.

    Angela Merkel et ses conseillers essaient d'éviter à tout prix le scandale et cherchent les moyens de réduire la tension, bien que leurs possibilités soient réduites, constate Der Spiegel. Ainsi, vu la croissance économique de l'Allemagne, la part des dépenses militaires dans le PIB ne fera que baisser. Pour ce qui est de Nord Stream 2, l'autorisation pour la construction étant délivrée, elle a les mains liées, a affirmé Der Spiegel.

    Le gazoduc Nord Stream 2 traversera la mer Baltique, reliant les fournisseurs russes aux consommateurs européens sur plus de 1.200 km. Le pipeline aura une capacité de 55 milliards de mètres cubes de gaz par an. Le projet a un coût estimé à près de 10 milliards d'euros. Fin mars, la construction d'un tronçon de 30 km a été autorisée par l'Agence fédérale maritime et hydrographique d'Allemagne conformément à la législation allemande.

    Le projet est vivement critiqué par plusieurs pays, dont la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, ainsi que l'Ukraine, ce dernier pays faisant tout pour enterrer le projet Nord Stream 2 qui menace de mettre fin à son statut d'État de transit le privant de son levier principal dans ses relations avec l'UE et la Russie. Les États-Unis sont également de la partie parce qu'ils souhaitent exporter leur gaz en Europe.

    En 2014, les pays membres de l'Otan se sont engagés à augmenter dans les dix prochaines années leurs dépenses militaires pour les porter à 2% de leur PIB, chiffre recommandé pour chaque pays de l'Otan. À l'heure actuelle, seuls 8 des 29 membres de l'Alliance respectent ce chiffre: il s'agit du Royaume-Uni, de la Grèce, de la Roumanie, de la France, de la Turquie et des trois pays baltes.

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    Tags:
    divergences, dépenses militaires, gazoduc, Nord Stream 2, Union européenne (UE), OTAN, Spiegel, Donald Trump, Angela Merkel, Gerhard Schröder, Ukraine, Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, Turquie, France, Roumanie, Grèce, Royaume-Uni, Washington, Berlin, États-Unis, Allemagne
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