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    Les drapeaux du Pakistan et des USA

    Le sort du médecin complice de la liquidation de ben Laden révélé

    © AFP 2018 MARK RALSTON
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    Islamabad ne livrera pas à Washington Shakil Afridi, le médecin qui aurait aidé la CIA à liquider Oussama ben Laden et qui purge actuellement une peine de prison au Pakistan.

    Le médecin pakistanais Shakil Afridi, qui aurait aidé la CIA à suivre la piste du terroriste numéro un et dont la libération a été promise par Donald Trump, ne sera pas livré aux États-Unis, a annoncé ce jeudi Mohammad Faisal, porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

    «Au nom du ministère des Affaires étrangères, je peux vous assurer qu'il n'est pas question de le livrer [Shakil Afridi, ndlr] aux États-Unis», a indiqué Mohammad Faisal lors d'une conférence de presse, selon la sténographie du briefing publiée sur le site du ministère.

    Commentant les informations de certains médias sur un éventuel échange de Shakil Afridi contre Aafia Siddiqui, une scientifique pakistanaise emprisonnée aux États-Unis pour collaboration avec Al-Qaïda*, il a répondu qu'il «n'en savait rien». À la question d'un journaliste d'évaluer le degré d'authenticité de l'information sur une tentative que la CIA aurait effectuée en 2017 pour libérer le docteur Afridi, Mohammad Faisal a indiqué que la question «relevait du ministère de l'Intérieur».

    Le département d'État américain avait précédemment déclaré que Washington était au courant du transfert de Shakil Afridi de la prison de Peshawar vers un autre lieu de détention après que les services de renseignement pakistanais ont été informés d'un éventuel projet d'évasion.

    «Nous savons que le docteur Afridi a été conduit dans une autre prison […]. Nous espérons que le gouvernement pakistanais prendra toutes les mesures nécessaires pour garantir sa sécurité», avait déclaré lundi à Sputnik un porte-parole du département d'État.

    Il a affirmé que Shakil Afridi avait été placé en détention injustement et que Washington avait clairement exposé sa position sur le sujet au Pakistan, «aussi bien publiquement qu'en privé».

    «Le Pakistan nous a assurés que le docteur Afridi était traité de manière humaine et qu'il était en bonne santé», a-t-il ajouté.

    Après l'élimination du terroriste numéro un, en mai 2011, les médias américains ont été nombreux à écrire que ce succès était en partie dû à Shakil Afridi. En mission pour la CIA, il avait réussi à entrer chez le chef d'Al-Qaïda* et, sous prétexte d'une campagne de vaccination, avait obtenu des échantillons de l'ADN de la famille ben Laden.

    À l'époque, le dirigeant du Pentagone, Leon Panetta, et la secrétaire d'État, Hillary Clinton, avaient ouvertement reconnu le mérite de Shakil Afridi dans la liquidation d'Oussama ben Laden. Cette opération, lancée par les États-Unis sur le territoire du Pakistan à l'insu des autorités du pays, avait été vivement critiquée par Islamabad et avait sérieusement détérioré les relations bilatérales.

    * Organisation terroriste interdite en Russie

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    évasion, élimination, ADN, détention, prisonniers, Pentagone, Al-Qaïda, CIA, Leon Panetta, Hillary Clinton, Oussama ben Laden, Shakil Afridi, Donald Trump, Peshawar, Islamabad, Pakistan, États-Unis
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