Ecoutez Radio Sputnik
    Iran

    «Les Saoudiens peuvent espérer qu’Israël fera le travail à leur place et attaquera l’Iran»

    CC0 / Pixabay/3dman
    International
    URL courte
    8423

    Le Premier ministre israélien a accusé l’Iran de «mentir» au sujet de son programme nucléaire et ce alors que circulent des informations sur des frappes présumées d’Israël contre des bases iraniennes en Syrie. Meir Litvak, chef du centre d’études iraniennes de l’Université de Tel Aviv, a fait part à Sputnik de ses idées sur la crise actuelle.

    Par sa déclaration, Benjamin Netanyahu a sans doute voulu faire pression sur le Président américain, tout en lui facilitant la sortie de l'accord nucléaire avec l'Iran, a estimé Meir Litvak dans un entretien accordé à Sputnik.

    «Quoi qu'il en soit, les informations fournies par Netanyahu ne constituent pas une preuve suffisamment convaincante de la violation par l'Iran du Plan global d'action conjoint (JCPOA). Ce n'est pas vrai», a admis l'interlocuteur de l'agence.

    Selon ce dernier, il est tout à fait évident que dans les circonstances actuelles, l'Iran pourrait entreprendre des démarches qui pourraient constituer un vrai problème pour l'État hébreu.

    «Les Iraniens peuvent par exemple réclamer l'arrêt de toute supervision internationale dans leur pays dès que les États-Unis sortiront de l'accord. Il va sans dire que cela préoccupe Israël. […] Il existe à mon avis un certain risque de confrontation entre Israël et l'Iran, ce qui est très préoccupant. J'espère que les mesures diplomatiques nécessaires seront adoptées pour l'éviter. Je ne pense pas qu'une confrontation directe d'envergure profite à qui que ce soit au Proche-Orient», a poursuivi M.Litvak.

    Et d'ajouter que l'Arabie saoudite et d'autres alliés des États-Unis dans la région resteraient sans doute à l'écart d'une telle confrontation.

    «Je pense que si une confrontation se produit quand même, ils resteront à l'écart. À mon avis, ils espèrent secrètement que les Israéliens frapperont l'Iran, mais ils ne feront rien eux-mêmes, bien qu'ils puissent condamner publiquement Israël pour calmer leur population», a indiqué l'expert.

    Et d'expliquer que l'Arabie saoudite n'entrerait pas en conflit direct avec l'Iran, les Saoudiens sachant bien que ce pays représente une menace pour eux.

    «Qui plus est, les Saoudiens peuvent espérer qu'Israël fera le travail à leur et attaquera l'Iran, alors que l'Arabie saoudite en tirera profit», a supposé l'interlocuteur de Sputnik.

    Selon ce dernier, tous les Israéliens craignent que la Syrie ne devienne une base pour des missiles iraniens pointés sur l'État hébreu.

    «Je ne pense pas que l'Iran se retire complètement de Syrie, ce n'est pas réaliste», a conclu l'Israélien.

    Le Plan global d'action conjoint (JCPOA) est un accord signé à Vienne, en Autriche, le 14 juillet 2015, par les huit parties suivantes: les pays du P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies: les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne), ainsi que l'Union européenne et la République islamique d'Iran.

    Lire aussi:

    USA-Iran: la «machine à remonter le temps» de Donald Trump
    «L’éventualité d’une rupture de l'accord nucléaire avec l’Iran est grande»
    Iran: qu’est-ce qui affecte le plus l’économie, pression extérieure ou grogne intérieure?
    Tags:
    conflit, crise, Plan global d'action conjoint (JCPOA), Sputnik, Meir Litvak, Donald Trump, Benjamin Netanyahu, Proche-Orient, Arabie Saoudite, États-Unis, Israël, Iran
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik