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    Ministres des Affaires étrangères d'Iran et de Chine

    La Chine sait comment contourner les sanctions US anti-iraniennes

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    Bien que Donald Trump ait annoncé le 8 mai sa décision de retirer son pays de l’accord nucléaire iranien, la Chine n’entend pas rompre ses liens avec Téhéran. Des experts interrogés par Sputnik ont raconté comment Pékin pourrait contourner les sanctions américaines contre l’Iran.

    Malgré le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire avec l'Iran, la Chine continuera de coopérer et de dialoguer avec l'Iran, a déclaré le 9 mai le porte-parole de la diplomatie chinoise Geng Shuang.

    Pékin a une riche expérience de travail avec ses partenaires sous sanctions de Washington, a annoncé à Sputnik la spécialiste des affaires iraniennes de l'Institut des études orientales de Moscou, Irina Fiodorova.

    «La Chine a toujours trouvé des moyens de contourner les sanctions occidentales les plus délirantes contre l'Iran et a une belle expérience de rapprochement avec des pays d'Europe, d'Amérique latine et d'Amérique du Nord alors que d'autres pays refusaient de le faire sous pression américaine. Cela signifie que la Chine établira des entreprises qui opéreront en Iran et travailleront avec les Iraniens pour être à l'abri des sanctions américaines», a-t-elle indiqué.

    Mme Fiodorova a souligné que la décision de Washington de se retirer de l'accord iranien augmentait la dépendance de Téhéran aux investissements et technologies chinoises.

    Cela étant, des efforts diplomatiques sont aussi nécessaires, a supposé le directeur du Centre des études iraniennes de l'université du Sud-Est de la Chine, Ji Kaiyun, qui a ajouté que Pékin avait besoin de faire garder leur sang-froid à Israël et à l'Arabie saoudite dans leurs relations compliquées avec l'Iran et de mettre en garde Téhéran contre une réaction imprudente à la décision de Washington.

    «Même si les États-Unis sont sortis de l'accord, la Chine doit établir une coopération avec l'Iran pour atténuer les tensions existantes. De plus, sur fond du retrait des États-Unis et de l'antagonisme grandissant entre l'Iran d'un côté et Israël et l'Arabie saoudite de l'autre, dans la mesure où ce dernier pourrait considérer une opération chirurgicale comme un moyen de régler le problème, la Chine devrait avoir un plan de secours», a expliqué l'interlocuteur de Sputnik.

    La chercheuse de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) Tytti Erasto a déclaré à Sputnik que la Chine et l'Union européenne pourraient former des canaux alternatifs pour travailler avec l'Iran. Toutefois, Pékin n'est pas directement intéressé à aider les Européens à contourner les barrières américaines.

    «La Chine ne donnera rien gratuitement. Au contraire, elle continuera à utiliser cette fenêtre d'opportunité pour être sûre que ses investissements et technologies aient autant d'impact que possible en Iran», a conclu Mme Erasto.

    Début mai, la tension est montée d'un cran autour du programme nucléaire iranien après la décision des États-Unis de se retirer de l'accord de juillet 2015, annoncée par le Président Trump le 8 mai dernier. Aux termes de l'accord, l'Iran doit brider son programme nucléaire et ne jamais chercher à obtenir la bombe atomique en échange de la levée d'une partie des sanctions internationales visant la République islamique. Donald Trump a également déclaré que Washington rétablirait les sanctions imposées à Téhéran et suspendues suite la signature de l'accord de 2015.

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    Tags:
    économie, technologies, investissements, coopération, accord iranien, sanctions, SIPRI, Union européenne (UE), Donald Trump, Stockholm, Amérique latine, Amérique du Nord, Arabie Saoudite, Israël, Téhéran, Pékin, Washington, États-Unis, Iran, Chine
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