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    Des soldats de l'armée algérienne durant les manœuvres Toufane 2018

    Algérie: après «Déluge 2018», nouvelle manœuvre pour contrer un ennemi «non conventionnel»

    CC0 / Mass Communication Specialist Steven Harbour/navy.mil / Algerian Sailors conduct Maritime Interdiction Operations (MIO)
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    Kamal Louadj
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    Le sud-est de l’Algérie vient d’être le théâtre de nouvelles manœuvres militaires de grande envergure exécutées avec des munitions réelles. L’exercice baptisé «Sous-Groupement tactique faisant face à une attaque non conventionnelle», et qui a pris fin le 14 mai, est considéré comme un avertissement contre toute tentative de déstabilisation du pays.

    L'Armée nationale populaire algérienne (ANP) a clôturé, le 14 mai 2018, de grandes manœuvres militaires à In Amenas dans la wilaya de Djanet, au sud-est du pays, exécutées avec des munitions réelles, selon un communiqué du ministère algérien de la Défense. Cet exercice baptisé «Sous-Groupement tactique faisant face à une attaque non conventionnelle» se veut, selon le quotidien L'Expression, une mise en garde contre toute tentative de déstabiliser l'Algérie.

    Le général de Corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'ANP et vice-ministre de la Défense nationale, a expliqué que ces manœuvres avaient été conçues et exécutées selon «un concept rationnel et clairvoyant à travers lequel toutes les éventuelles variables géopolitiques et leurs répercussions, et les enjeux actuels et futurs sont pris en considération». «Un concept réaliste et adapté à nos propres spécificités et à nos capacités de le concrétiser sur le terrain», a-t-il ajouté

    Et d'expliquer la façon dont s'insèrent ces exercices dans le contexte instable de la région, en Libye et au Sahel en particulier, le chef de l'état-major de l'ANP a souligné que ces préparatifs tactiques découlaient «d'un principe, voire des principes de détention des moyens qui nous permettent, en cette région stratégique à caractère géostratégique instable, de réaliser des objectifs opérationnels en adéquation avec nos aspirations en termes d'ultime État-prêt».

    Le message du général de corps d'armée est bien clair et prononcé en termes précis, écrit le journal L'Expression, pour signifier que le pays est sur ses gardes et prêt à affronter toutes les menaces et risques. Le nom même attribué à cet exercice est plus qu'un avertissement, «c'est une mise en garde douée de sens». Le choix de Djanet «est un fait qui répond aussi aux détracteurs qui s'aventurent aux frontières en comptant sur leurs parrains occidentaux», a ajouté le quotidien.

    Le choix du secteur d'In Amenas pour réaliser ces manœuvres à munitions réelles n'est pas fortuit. En effet, on se rappelle de la prise d'otages dans le complexe gazier de Tiguentourine, situé dans cette région (45 km à l'ouest d'In Amenas), du 16 au 19 janvier 2013 par «Les Signataires par le sang», un groupe terroriste dissident d'Al-Qaida au Maghreb islamique*. Plus de 800 personnes travaillant sur ce site gazier avaient été prises en otage par les terroristes. Les otages ont été libérés lors d'un assaut de l'armée algérienne qui a permis de reprendre le contrôle total de l'usine gazière. Selon un bilan des autorités militaires algériennes 37 otages et 27 terroristes avaient trouvé la mort.

    La semaine dernière, et pour la troisième année consécutive, l'ANP a répondu avec des exercices de grande envergure aux manœuvres militaires organisées sur le sol marocain par les États-Unis via le Commandement des États-Unis pour l'Afrique (AFRICOM), le Royaume-Uni et le Maroc sous le nom «African Lion», avec la participation d'autres pays. L'édition 2018 de ces exercices de l'ANP, qui s'est déroulée le 6 mai à Oran, dans l'ouest du pays, et qui a pour nom «Toufane 2018» ou «Déluge 2018», a été décrite comme la plus importante manœuvre militaire de toute l'histoire de l'armée algérienne.

    La particularité des manœuvres «Toufane 2018» est le fait qu'elles ont été exécutées par des unités relevant des forces terrestres et des forces navales, et appuyées par des unités des forces aériennes et des forces de la défense aérienne, et ce sous un même commandement. Entre 10.000 et 12.000 hommes ont participé à l'exercice, selon le site d'information militaire Menadefense. En mer, 11 bâtiments de surface et deux sous-marins Kilo, dont un a simulé des tirs de missiles de croisière vers des postes de commandement opérationnels ennemis à l'intérieur des terres. Le second sous-marin a effectué un débarquement d'hommes-grenouilles pour préparer l'arrivée de la tête de pont de toute l'opération, selon le même site. Dans les airs, des intercepteurs MiG-29S, des Su-30, des hélicoptères Mi-171 et des Superlynx ont participé à l'exercice, selon la même source. Les Su-30 ont simulé des tirs contre des navires ennemis à très longue distance à l'aide de missiles de croisière KH-59 MK.

    *Organisation terroriste interdite en Russie

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    Tags:
    non-conventionel, ennemis, exercices militaires, Armée nationale populaire algérienne (ANP), Ahmed Gaid Salah, Sahel, Algérie, Libye
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