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    Pour une députée algérienne, la Ligue des États arabes est «devenue le jumeau d'Israël»

    © AFP 2018 ludovic MARIN
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    Kamal Louadj
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    «L’État algérien doit geler son adhésion» à la Ligue des États arabes car elle «est devenue le jumeau d’Israël», a déclaré, le 16 mai, la secrétaire générale du Parti des travailleurs algérien, qui déplore les positions de cette dernière vis-à-vis des derniers événements de la bande de Gaza et de l’Iran.

    Lors d'une conférence consacrée aux derniers évènements tragiques de Gaza, le 16 mai 2018, à Alger, Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs algérien (PT), membre de l'Assemblée populaire nationale algérienne (APN) (parlement algérien) et ancienne candidate aux trois dernières élections présidentielles algériennes, a passé un appel au Président Abdelaziz Bouteflika pour geler l'adhésion de l'Algérie à la Ligue des États arabes qu'elle considère comme un «jumeau d'Israël», à cause des positions de cette dernière, quant à la tuerie perpétrée par l'armée israélienne contre des citoyens civils palestiniens (à la frontière de la bande de Gaza), et vis-à-vis de l'Iran.

    «Aujourd'hui, les représentants des pays arabe se réuniront à la Ligue arabe qui est devenue le jumeau d'Israël (…). L'État algérien doit geler son adhésion à cette organisation parce qu'on ne peut pas s'asseoir avec des traîtres», a déclaré la secrétaire générale du PT. «L'État [algérien, ndlr] doit s'éloigner de la politique de l'Arabie saoudite et le reste des traîtres arabes», a insisté la première femme arabe candidate à une élection présidentielle.

    La première responsable du PT a fermement condamné, au passage, l'armée israélienne qui «mène sous la protection du président américain, Donald Trump, une véritable politique d'extermination du peuple palestinien». «L'horreur est montée d'un cran le 14 mai, jour de la 70e commémoration de la Nekba [la défaite, ndlr], coïncidant avec la création de l'Etat sioniste, fabriqué de toutes pièces par les forces impérialistes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale», a dénoncé Mme Hanoune, en rappelant que «la spoliation de la Palestine a forcé à l'exil plus de 700.000 Palestiniens expropriés de leurs terres par la force et la terreur».

    La tuerie de Gaza est intervenue, a souligné la secrétaire générale du PT, après l'agression des USA, de la France et du Royaume-Uni, le 14 avril 2018, contre la Syrie et la récente décision de sortie de Washington de l'accord nucléaire conclu avec l'Iran. «Nous sommes à un tournant historique qui nous mène vers davantage de barbarie et de guerre par procuration contre les peuples résistants», a affirmé Louisa Hanoune, en soulignant que la position de l'Algérie doit être plus ferme sur ces évènements.

    L'Algérie, a affirmé la responsable politique, doit avoir une position claire sur ce qui se passe actuellement avec l'Iran. Pour elle, la «voix de l'Algérie devient aphone». «Nous n'avons pas entendu un seul mot dénonçant ce qui s'est passé dernièrement avec l'Iran», a-t-elle déploré. «Je suis convaincue que la position du président [Abdelaziz Bouteflika, ndlr] par rapport à l'Iran et la Palestine n'a pas changé. Mais nous avons constaté qu'on suit l'Arabie saoudite», a-t-elle ajouté.

    Dans un message adressé, le 15 mai, à son homologue palestinien, Mahmoud Abbas, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika a fermement condamné «le crime ignoble» commis par l'armée israélienne contre des civils palestiniens à la frontière de la bande de Gaza, en réaffirmant la position de principe de l'Algérie de soutien à la cause palestinienne. «Suite à ce crime ignoble qui a endeuillé les Musulmans et le monde entier et que nous condamnons vigoureusement, je vous réitère le soutien de l'Algérie et sa solidarité avec vous en cette dure épreuve ainsi que son appui au peuple palestinien frère dans sa lutte contre la barbarie israélienne», a poursuivi le chef de l'État algérien.

    Pour rappel, le 8 mai, Donald Trump a annoncé la sortie des USA du Plan d'action global commun, le PAGC, car, selon lui, cet accord était initialement basé sur un «mensonge». Une négociation serrée s'annonce entre les pays européens et les États-Unis. De son côté, Téhéran a assuré que le pays respecterait ses obligations si les entreprises européennes continuaient leurs échanges avec l'Iran.

    En décembre 2017, le président américain a rompu avec ses prédécesseurs en reconnaissant Jérusalem comme capitale de l'État hébreu. Ce 14 mai, l'ambassade américaine a déménagé de Tel-Aviv à Jérusalem. Dans la foulée des États-Unis, plusieurs pays d'Amérique latine ont annoncé eux aussi le transfert de leurs missions diplomatiques.

    Des dizaines de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza ont manifesté lundi à la frontière contre l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade américaine en Israël. De violents heurts ont éclaté dans la matinée et se sont poursuivis dans l'après-midi le long de la frontière avec Israël.

    Selon le dernier bilan disponible, 61 Palestiniens ont été tués et plus de 2.700 autres blessés par des soldats israéliens.

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    position, Ligue arabe, Abdelaziz Bouteflika, Donald Trump, Mahmoud Abbas, Jérusalem, Gaza, Algérie, Palestine, Iran, Israël, États-Unis
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