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    Doha, Qatar

    La réaction de Riyad quant à l’acquisition de S-400 par le Qatar fait sourire Doha

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    Doha estime que les déclarations de Riyad sur la question de l’acquisition par le Qatar de systèmes antiaériens S-400 russes sont des «balivernes». C’est ce qu’a déclaré le ministre de la Défense du pays en marge de sa participation, le 8 juin, à la réunion de l’Otan en estimant que l’adhésion du Qatar à cette dernière est tout à fait possible.

    Doha n'accorde aucune importance aux déclarations saoudiennes concernant sa décision d'acheter à la Russie des systèmes antiaériens S-400, a déclaré le ministre qatari de la Défense, Khaled ben Mohammed al-Attiyah, le 8 juin, à la chaîne Al-Jazeera, en marge de sa participation à la réunion des ministres de la Défense des pays membres de l'Otan à Bruxelles.

    «Le Qatar n'accorde pas d'attention à ce genre de balivernes surtout quand elles émanent d'un pays qui lui souhaite du mal», a déclaré le ministre qatari.

    En outre, le ministre a estimé que le vœu de Doha d'intégrer l'Otan est tout à fait réalisable vu le développement des relations entre son pays et l'Alliance. «L'Otan estime à sa juste valeur la participation du Qatar dans la lutte contre le terrorisme et son financement et loue son rôle positif dans le maintien de la sécurité et de la stabilité dans la région [du Moyen-Orient, ndlr]», a affirmé le ministre en soulignant que l'Otan «considère par conséquent l'État du Qatar comme un partenaire sérieux et fiable».

    Rappelons, que selon une publication parue le 1er juin dans Le Monde, Emmanuel Macron aurait reçu une lettre du roi d'Arabie Saoudite lui demandant de faire pression fermement sur la Russie pour qu'elle ne livre pas de systèmes de défense antiaérien S-400 au Qatar. Dans cette lettre, le roi Salmane menace d'une «action militaire» son voisin qatari s'il venait à déployer des S-400 sur son territoire. En cas de déploiement, «le royaume serait prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour éliminer ce système de défense, y compris une action militaire», aurait écrit le roi d'Arabie saoudite.

    Isolé depuis l'été dernier par ses voisins qui l'accusent de «soutenir des terroristes», le Qatar est loin d'être l'unique pays de la région à négocier avec Moscou l'acquisition de S-400. Le rival saoudien de ce petit pays du Golfe n'est pas en reste, et peut se vanter d'avoir conclu un contrat lui ouvrant la voie vers l'achat du même type de missiles en octobre. L'accord a été signé à l'occasion d'une visite du roi Salmane dans la capitale russe. Il a été reçu au Kremlin par Vladimir Poutine.

    Le S-400 Triumph (désignation Otan: SA-21 Growler) est un système de missiles sol-air de grande et moyenne portée destiné à abattre tout type de cible aérienne: avions, drones et missiles de croisière hypersoniques. Le système est capable de tirer simultanément 72 missiles sur 36 cibles qu'il détecte à une distance de 600 km.

    Conçu par le bureau d'études Almaz-Anteï, le système S-400 Triumph est en dotation dans l'armée russe depuis 2007.

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    réactions, déploiement, S-400, OTAN, Khaled ben Mohammed al-Attiyah, Russie, Arabie Saoudite, Qatar
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