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    Milices kurdes YPG

    La question kurde mènerait à une «nouvelle spirale» dans la guerre hybride en Syrie

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    Le modèle du règlement de la situation à Manbij, c'est-à-dire une participation de pays occidentaux au processus de paix, pourrait être utilisé dans toute la Syrie, a expliqué à Sputnik un expert militaire turc, qui a ajouté que sans un consensus sur le problème des miliciens kurdes, cette ville risque de connaître le même sort que Deir ez-Zor.

    Ankara essaye d'impliquer des pays occidentaux, qui se sont laissés emporter par «des jeux de guerre par procuration», dans des pourparlers pacifiques sur la Syrie, a déclaré à Sputnik l'expert militaire et ex-membre des forces spéciales de l'armée turque Abdullah Agar.

    Selon lui, la déclaration du chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, indique que le modèle du règlement de la situation à Manbij, convenu entre la Turquie et les États-Unis, pourrait être utilisé dans d'autres zones de la Syrie.

    «Le modèle, dans le cadre duquel la Turquie souhaite parvenir à un consensus sur Manbij, est différent du modèle élaboré par la Russie, la Turquie et l'Iran dans le cadre du processus d'Astana. Il se développe sur un autre axe», a indiqué M.Agar.

    Il a ajouté que la Turquie était tout d'abord préoccupée par la présence des Forces démocratiques syriennes (FDS), composées majoritairement des Unités de protection du peuple (YPG).

    «Selon Ankara, ces forces sont une menace beaucoup plus sérieuse que Daech*, parce qu'elles menacent l'intégrité de la structure unitaire de l'État turc», a expliqué l'expert.

    Manbij était initialement dans la liste des zones couvertes par l'opération turque Bouclier de l'Euphrate menée d'août 2016 à mars 2017 contre Daech* et des milices kurdes. Toutefois, la situation a changé par la suite.

    «Lors de l'opération, des unités spéciales françaises et américaines se sont placées entre les forces armées turques et les zones contrôlées par les Kurdes. À ce moment, pour éviter un affrontement possible, la Turquie s'est concentrée sur la lutte contre Daech*», a souligné M.Agar.

    Ainsi, la zone initiale de l'opération est passée de 5.000 kilomètres carrés à 2.015 kilomètres carrés. Selon Abdullah Agar, c'est ce qui explique notamment les tensions actuelles entre Ankara et Washington.

    «Ces tensions sont liées non seulement directement à Manbij, mais aussi à la question de l'inclusion de territoires le long de la frontière turque à l'est de l'Euphrate, contrôlés par des groupes kurdes avec l'aide des États-Unis et de pays européens, au processus du règlement syrien. De ce point de vue, la Turquie parle de la situation autour de Manbij comme d'un certain modèle d'action», estime l'expert.

    Selon lui, les mécanismes actuels du règlement ne sont pas assez représentatifs.

    «Les questions de la paix en Syrie sont discutées lors de processus de négociations à Genève, à Astana et à Sotchi. Mais les États-Unis et les pays d'Europe continentale ne sont pas représentés sur cet axe», a constaté M.Agar.

    Sans consensus parmi les acteurs en Syrie, un règlement pacifique ne peut pas être trouvé.

    «Cela peut mener à une nouvelle spirale dans la lutte hybride pour des sphères d'influence dans la région, comme nous l'avons vu à Deir ez-Zor», a conclu l'interlocuteur de Sputnik.

    *Organisation terroriste interdite en Russie

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    Tags:
    Kurdes, guerre hybride, crise syrienne, processus de paix, pourparlers, réglement politique, Daech, Forces démocratiques syriennes (FDS), Unités de protection populaire kurdes (YPG), Mevlut Cavusoglu, Euphrate, Deir ez-Zor, Europe, Sotchi, Genève, Astana, France, États-Unis, Ankara, Turquie, Manbij, Syrie
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