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    Manifestations du Rif: un projet de loi d’amnistie des condamnés soumis au parlement

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    Deux députés marocains ont déposé un projet de loi d’amnistie générale des condamnés qui ont pris part aux mouvements sociaux qui agitent le Maroc depuis l’automne 2016. L’initiative de ces deux élus fait suite aux peines de 20 de prison ferme prononcées contre les leaders du mouvement Hirak.

    Après la condamnation à de lourdes peines d'emprisonnement des leaders des manifestations sociales dans le Rif marocain le 26 juin, Omar Balafrej et Mustapha Chennaoui, députés de la Fédération de Gauche Démocratique (FGD), ont soumis au parlement marocain le 29 juin un projet de loi d'amnistie générale de tous les condamnés dans les affaires de contestations sociales, conformément à l'article 71 de la constitution du pays.

    «Nous avons déposé cette proposition de loi — ça fait partie de nos responsabilités — pour demander une amnistie générale relative à tous les mouvements sociaux de ces deux dernières années», a déclaré Omar Balafrej, le 29 juin, au site d'information H24Info.

    Après avoir évoqué l'échec du plan de développement économique et social du pays, les deux députés ont écrit en conclusion de leur projet de loi que «l'État au lieu de mettre un terme politique à ce dossier, en libérant les personnes qui ont été arrêtées lors de revendications sociales, il a préféré adopter une approche purement sécuritaire et judiciaire en condamnant ces personnes qui ne demandaient qu'à avoir une vie descente».

    S'exprimant sur le mouvement de solidarité populaire et associatif avec les condamnés, le député a déclaré être «heureux que des citoyens demandent aux parlementaires de faire un effort. Donc, nous en tant que parlementaires, nous l'avons fait». «Maintenant, j'appelle les citoyens à voter la prochaine fois. Car beaucoup de gens qui signent ces pétitions ne votent pas. Il est primordia[l] pour aller de l'avant que les citoyens assument leur responsabilité en choisissant des parlementaires capables de voter des lois courageuses», a-t-il ajouté

    Le 26 juin au soir, le tribunal de Casablanca a rendu son verdict concernant les meneurs du mouvement de contestation sociale Hirak, né en octobre 2016 dans la région du Rif au Maroc, après la mort d'un vendeur de poissons broyé dans une benne à ordures. Nasser Zefzafi, Nabil Ahmjiq, Ouassim Boustati et Samir Ighid ont tous été condamnés à une peine de 20 ans de prison ferme pour «complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'État». Un chef d'accusation qui aurait pu leur valoir la peine de mort, selon la loi marocaine.

    ​Le journaliste marocain Hamid Elmahdaouy, directeur du site d'information Badil.info, arrêté et jugé dans le cadre de l'affaire du mouvement de protestation sociale Hirak, a été aussi condamné le 28 juin 2018 par la Cour d'appel de Casablanca à trois ans de prison ferme et au versement d'une amende de 3.000 dirhams (environ 270 euros).

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    Tags:
    amnistie, condamnation, manifestation, Maroc
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