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Christian Picciolini, ancien membre d’un groupe néonazi américain, a affirmé que des groupes de suprémacistes blancs utilisaient de célèbres jeux vidéo en ligne comme plateformes de recrutement. Des méthodes aussi utilisées par les djihadistes.

A l'âge de 14 ans, il fut enrôlé dans l'un des gangs néonazis les plus violents des États-Unis: les Chicago Area Skinheads. Aujourd'hui, Christian Picciolini a troqué les bottes et les battes de baseball contre un militantisme antiraciste affirmé. Répondant aux questions d'internautes le 28 juin 2018 sur le célèbre forum Reddit, celui qui a créé une organisation caritative nommée After Hate (après la haine) a fait part de son passé raciste et violent. Et de sa rédemption. Au milieu des discussions est venue la question du recrutement des membres.

​Christian Picciolini explique que du temps où il était un skinhead actif, il jetait son dévolu sur de «jeunes marginalisés» à qui il promettait «le paradis». Maintenant, si les cibles restent les mêmes, les techniques ont changé. Ou plutôt le terrain de chasse. Selon l'activiste, les groupes d'ultra-droite utilisent «des techniques pernicieuses», qui consistent notamment à aller à la pêche aux recrues sur des forums traitant de la dépression ou des problèmes mentaux.

Autre phénomène inquiétant, le succès colossal des jeux vidéo en ligne leur offre de nouvelles perspectives. «Ils commencent par lâcher des allusions bégnines et passent à l'action quand ils sentent la cible hameçonnée», assure Christian Picciolini, avant d'expliquer plus en détail:

«Dans certains jeux, cela peut commencer par des remarques avançant que certaines races sont supérieures à d'autres et ensuite on termine par des parallèles avec le monde réel.»

Quand on demande à Christian Picciolini quels jeux sont particulièrement prisés par les groupes néonazis, il cite sans surprise les très célèbres Fortnite, Minecraft ou encore Call of Duty.

​En juin 2018, Fortnite s'est retrouvé au cœur d'une polémique quand un joueur a découvert une croix gammée dessinée sur le sol de l'une des cartes du jeu. L'affaire avait forcé le développeur à agir.

Des précédents du côté des islamistes

Le parallèle avec les techniques utilisées par les groupes djihadistes est tentant. En décembre 2017, les responsables du contre-terrorisme britannique avaient été alertés: une femme travaillant dans une école d'études islamiques londonienne avait demandé des recommandations pour l'enseignement à des enfants âgés de quatre à 14 ans sur Facebook. Elle s'était alors vu proposer par Abu Bakr al Janab, soutien bien connu de Daesh, une application proposant d'apprendre l'alphabet arabe aux enfants en associant caractères et images d'armes et autres chars d'assaut.

​En septembre 2014, c'était le fameux Grand Theft Auto (GTA), qui était détourné par le groupe État islamique. Une vidéo avait été diffusée montrant un univers semblable au jeu vidéo de Rockstar. Cette fois, pas question de braquer des banques ou de vendre de la drogue. Il s'agissait d'apprendre au joueur à devenir le parfait petit djihadiste.

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Tags:
djihadisme, recrutement, néonazis, jeux vidéo, jeux en ligne
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