Ecoutez Radio Sputnik
    Des citoyens sahraouis portant un drapeau du Sahara occidental

    Le Front Polisario évalue le mécanisme de l’UA pour le Sahara occidental

    © AFP 2018 Ryad Kramdi
    International
    URL courte
    3152

    La création par l’UA d’un mécanisme pour la résolution du conflit au Sahara occidental est une décision «historique» et un «pas important» dans la voie du règlement pacifique de cette question. C’est ce qu’a écrit le Front Polisario, le 5 juillet, dans une lettre au secrétaire général de l’Onu et au président du Conseil de sécurité, selon l’APS.

    Dans une lettre adressée, le 5 juillet, à Antonio Guterres, le secrétaire général de l'Onu, et à Olof Skoog, le président du Conseil de sécurité, le Front Polisario a qualifié «d'historique» l'adoption par l'Union africaine (UA) de la décision de créer un mécanisme africain pour régler la question du Sahara occidental, selon l'Algérie Presse Service, qui a affirmé, dans son édition du 7 juillet, avoir eu une copie de cette lettre.

    Le représentant du peuple sahraoui a estimé dans sa lettre que la décision de l'organisation panafricaine était une «initiative anticipative» ayant pour objectif d'«activer l'engagement de l'UA à contribuer efficacement à une solution pacifique, juste et permanente du conflit sahraoui», conformément au statut constitutif de l'UA et aux décisions des Nations unies.

    Tout en exprimant la satisfaction des autorités sahraouies quant à la décision de l'UA qui, selon lui, traduit son inquiétude «quant au retard injustifié du processus de décolonisation du Sahara occidental, État membre de l'Union africaine», le Front Polisario a affirmé que la création du mécanisme africain «constitue un pas important qui contribuera au parachèvement du processus de paix au Sahara occidental à travers le soutien des efforts de l'Onu dans ce sens».

    «L'Union africaine œuvre, dans le cadre de ses responsabilités, au renforcement de la paix et de la stabilité sur le continent, conformément à la charte de l'Onu et à l'acte constitutif de l'UA dont l'article 4 stipule l'importance du règlement pacifique des conflits entre les pays membres de l'organisation, qui demeure la garante de l'application du plan de règlement de l'Onu», peut-on lire dans cette même lettre.

    En conclusion, le Front Polisario a réaffirmé la disposition des autorités sahraouies «à engager des négociations directes et sans conditions préalables avec le Maroc, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité et aux décisions de l'union africaine (UA)».

    Lors de la clôture, le 2 juillet, de son 31e sommet à Nouakchott, l'Union africaine avait annoncé l'adoption d'un mécanisme africain pour le règlement du conflit du Sahara occidental. Le mécanisme en question avait été recommandé par le rapport du président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, sur le Sahara occidental, présenté dimanche 1er juillet aux chefs d'État africains, selon le site d'information Tout Sur l'Algérie (TSA).

    Le ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, s'est exprimé sur le mécanisme de l'Union Africaine (UA) dans un entretien donné à France 24 en langue arabe le 3 juillet dernier. Il a également pointé du doigt le rôle de l'Algérie dans la résolution du conflit du Sahara occidental, ainsi que les relations bilatérales entre les deux pays et leur importance dans la construction de l'Union du Maghreb arabe (UMA).

    «L'essentiel est qu'aujourd'hui un organe a été créé pour traiter avec les Nations unies», a déclaré le ministre marocain en soulignant que la décision de créer ce mécanisme affirmait «avec clarté que le problème sera traité à ce niveau et dans ce cadre [dans le cadre des Nations unies, ndlr.]». Le responsable marocain a martelé que «le rôle de l'Union africaine [via ce mécanisme, ndlr.] se limitera à soutenir et à accompagner le processus onusien, rien de plus».

    À propos du rôle que devraient jouer les pays voisins du Maroc et du Sahara occidental dans la résolution du conflit, le diplomate a affirmé qu'«il y a une reconnaissance sur le fait que d'autres parties ont un rôle important (…) et que pour nous, l'acteur principal dans ce dossier est l'Algérie». «Si l'on veut trouver une solution à ce problème, il faut que cette partie s'implique [dans la résolution du problème, ndlr.] autant qu'elle a contribué à le créer», a-t-il ajouté.

    Dans un entretien du 10 avril 2018 sur la chaîne France 24 à Paris, Abdelkader Messahel, ministre algérien des Affaires étrangères, avait déclaré que l'Algérie ne s'impliquerait pas directement dans les négociations entre le Maroc et le Front Polisario, car elles ne concernaient que les deux parties en conflit. «Le Maroc affirme que c'est une affaire entre l'Algérie et le Maroc, ce n'est pas le cas, c'est une affaire entre le Maroc et le peuple sahraoui, et entre le Maroc et les décisions des Nations unies», avait-il affirmé.

    Lire aussi:

    Le Front Polisario rafle le soutien du plus grand syndicat du travail au Nigéria
    Mohammed VI appelle Alger à enterrer la hache de guerre et relancer les relations
    Le Polisario s’exprime sur «les conditions préalables» marocaines aux négociations
    Tags:
    projet de résolution, conflit, mécanisme de contrôle, Front Polisario, Union africaine (UA), ONU, Abdelkader Messahel, Nasser Bourita, Antonio Guterres, Algérie, Maroc, Sahara occidental
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik